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Comme chaque soir

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Comme chaque soir, le jour s’effiloche dans un voile fané.

Mes pas lourds creusent la chair des chemins en lambeaux.

Lentement, le ciel bas se referme, noir de sang et de maux.

Sous la peau de la terre, le sillon mémoriel creuse le limon.

Dans le théâtre où se prostituent les fardeaux de mes muses,

Pauvre histrion désabusé sur une scène aux acteurs oublieux,

Sous le masque d’or terni par la marée des jours dérisoires,

Je joue mille rôles dans les décors flétris d’une farce ancienne.

Alors que je bois l’encre des nuits dans la coupe des songes,

Voulant m’enivrer d’oubli comme un mendiant de mensonges,

Dans l’ombre du parterre, des visages sans chair me sourient.

De la fosse d'orchestre sourdent des soupirs de tombeaux.

Comme chaque soir, le rideau tombera sur mon cœur à nu.

Je ferai l’amour à la nuit comme à une veuve âgée et lascive,

Ses doigts de suie glissant sur le derme élimé de ma peau,

Et dans son souffle tiède, j’oublierai que je fus un homme.

Posté(e)

Une singulière et lourde atmosphère, celle d'une vie usée et lasse qui finit de se consumer dans un monde en sursis en faisant son dernier tour de piste... De très belles images, qui font froid dans le dos.🥶

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quand la vie devient tourbe...

J.-P. Sartre parlait de "Nausée", S. Beckett de "Beaux Jours"antiphrastiques, c'est un peu ce ressenti qui émerge dans ce poème tout de mots et de sables mouvants.

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Un poème prenant sur la fin d'un homme sans espoirs aucun dans un monde en perdition.

  • En tous les cas bravo pour la nouvelle présentation du site et pour le gros travail que cela a dû vous demander.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J’admire le choix des mots qui concourent à la noirceur et à la traduction d’un état dépressif profond, qui n’empêche pas la beauté des vers, comme celui-ci :

Il y a 12 heures, Eathanor a écrit :

Alors que je bois l’encre des nuits dans la coupe des songes,

Posté(e)
  • Semeur d’échos

@Jean Luc a raison, si vous savez si bien décrire la noirceur, vous savez aussi si bien embellir la maison que vous nous offrez pour abriter nos muses !

Merci @Eathanor

Posté(e)
Il y a 12 heures, Eathanor a écrit :

Comme chaque soir, le jour s’effiloche dans un voile fané.

Mes pas lourds creusent la chair des chemins en lambeaux.

Lentement, le ciel bas se referme, noir de sang et de maux.

Sous la peau de la terre, le sillon mémoriel creuse le limon.

Dans le théâtre où se prostituent les fardeaux de mes muses,

Pauvre histrion désabusé sur une scène aux acteurs oublieux,

Sous le masque d’or terni par la marée des jours dérisoires,

Je joue mille rôles dans les décors flétris d’une farce ancienne.

Alors que je bois l’encre des nuits dans la coupe des songes,

Voulant m’enivrer d’oubli comme un mendiant de mensonges,

Dans l’ombre du parterre, des visages sans chair me sourient.

De la fosse d'orchestre sourdent des soupirs de tombeaux.

Comme chaque soir, le rideau tombera sur mon cœur à nu.

Je ferai l’amour à la nuit comme à une veuve âgée et lascive,

Ses doigts de suie glissant sur le derme élimé de ma peau,

Et dans son souffle tiède, j’oublierai que je fus un homme.

Un spleen éloquent qui m’entraîne dans sa tragique profondeur où le désir d’oublier devient essentiel et s’éloigner de toutes nos mises en scènes , de notre nature humaine…

Posté(e)

@Eathanor, un poète qui se fait l'avocat du Diable ! Top !

Posté(e)

Un homme, une scène, des masques, et personne pour vraiment regarder. C'est sombre, bouleversant, et pourtant étrangement beau.

Posté(e)

Au paroxysme de la joie, ce poème serait un excellent exercice pour un psychiatre débutant !! 😄

Posté(e)
Le 24/05/2025 à 20:17, Eathanor a écrit :

Comme chaque soir, le rideau tombera sur mon cœur à nu.

Je ferai l’amour à la nuit comme à une veuve âgée et lascive,

Ses doigts de suie glissant sur le derme élimé de ma peau,

Et dans son souffle tiède, j’oublierai que je fus un homme.

Je n'ose te demander dans quel état tu te réveilles le matin...🤭

Posté(e)

Une atmosphère pesante qui attend la délivrance de l'aube.

Une introspection du fonds de l'âme.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un désir d'oubli si intense, si profond, @Eathanor Une peinture des maux qui ne saurait laisser indifférent.

Posté(e)

Très beau texte, sombre, mélancolique et immensément tendre ,!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Triste et beau. Je ne citerai pas toutes les images qui m'ont conquis: c'est tout le poème. Cette évocation d'une fatalité reconduite dans un monde qui sonne faux est très réussie, les images se croisent et touchent.

  • 6 mois plus tard...
Posté(e)
Le 24/05/2025 à 20:17, Eathanor a écrit :

Sous la peau de la terre, le sillon mémoriel creuse le limon.

De ce vers sourd le cœur de la terre en perpétuel mouvement.

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