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Je m'appelle Thérèse, je suis concierge

Featured Replies

Posté(e)

"Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence »


J'habite un petit village au nom très doux de Hum, en Croatie, dans une rue coincée entre le square du grand baobab et le bar-tabac du petit rameau où, dans un très vieil immeuble datant de 1885, vivent des personnages originaux que je suis chargée de surveiller ; je n'ai pas le droit de clabauder, mais le devoir de rendre des comptes chaque soir, entre le chien et le loup.

J'ai trois chats, des canaris, une chatte, un perroquet, et un jeune chien plutôt balourd, autant vous dire qu'il faut bien les nourrir.


Jacques Ouzi, le propriétaire, qui aime par-dessus tout sa tranquillité, a six locataires qu'il loge gracieusement pourvu qu'ils lui amènent régulièrement, et à tour de rôle, tout ce qu'il marque sur une liste, qu'il épingle sur sa porte chaque jour.

C'est un petit homme au teint olivâtre, ancien notaire, qui ne sort jamais de chez lui, retranché dans son grand trois pièces où nul n'a jamais mis les pieds.

(même pas moi, malgré plusieurs essais)


Nul n'en s'en souciait, et tout fonctionnait fort bien dans cette cohabitation.


Jacques, un matin, avait ouvert le robinet de sa baignoire et, au lieu de l'habituel filet d'eau tiède, un crocodile adulte en était sorti, l'air aussi surpris que lui.


Bonjour, avait dit Jacques en se pinçant de toutes ses forces les fesses, signe chez lui d'une profonde interrogation.

Un sac à main à 1500€, je n'en reviens pas ! Dans quel monde Vuiton ? dit le crocodile en s'installant confortablement dans la baignoire.


Jacques, la surprise passée, ne chercha pas à le chasser.

Quelques souvenirs remontèrent à la surface, il revoyait le polo Lacoste de son père qui avait fait fortune après avoir vu les dents de sa mère et il comprit qu'il y avait là un message quelconque.


Il ajouta simplement à sa liste de courses des poissons en grande quantité et quelques petits mammifères que Marc Assain (j'en parlerai plus tard) se faisait un plaisir d'aller chasser à l'éprouvette dans le square, dès la nuit tombée.


Jacques apprit au reptilien à jouer du clavecin, aux échecs, ainsi qu'aux cartes (c'était ses passions), et ils partagèrent de mémorables soirées pleines de gaieté.

Le gagnant de ces jeux, comblé, assez allait s'asseoir sur le rocking-chair de la bibliothèque, recouvert d'une couverture qui sentait le fennec, n'ayant que l'embarras du choix parmi de nombreux volumes sur les anthropopithèques, tandis que l'autre allait préparer le repas souvent agrémenté de cacahuètes.


Le crocodile s'appelait Moshé et il s'adapta très vite à cette vie sédentaire ; le vendredi soir quand il avait un peu abusé du rhum dont il était très friand, il racontait sa vie d'avant et Jacques l'écoutait avec un plaisir évident, lui qui n'avait guère bougé de son quartier.


Un beau matin, Moshé chuchota :

Jacques, il faut que je te dise quelque chose …

Un grand silence se fit …

Je ne suis pas un crocodile, dit-il

Un éclair, un bruit sourd, et l’animal se transforma en … son épouse, Odile, assassinée en 1920, alors qu'elle avait cuisiné un coq au vin auquel Jacques était très attaché, ce qui l'avait rendu malade pendant une semaine.

De plus, elle avait acheté un sac pour une somme astronomique sur un catalogue, ce qu'il ne lui pardonna jamais.

Jacques Ouzi n'était pas cardiaque, heureusement.

Il dut reprendre la vie commune avec elle, mais lui refusa l'accès à la salle de bains.

Odile, docile, évita désormais le coq au vin ; elle promit de ne plus se laisser tenter par des objets de luxe dont, en plus, elle n'avait pas l'utilité et tout sembla rentrer dans l'ordre chez les Ouzi.


En dessous, vivait Sylvain Etiray, qui, après une longue carrière de fouleur de raisin, cultivait des …

Oups !


Je n'ai pas vu l'heure, mes lecteurs sont tous partis.

Je remets à demain ce que j'aurais pu faire le soir même.



Dans ma loge, j'ai une pièce spéciale où je me tiens la plupart du temps pour mon travail, et chaque fin de semaine je dois faire un compte-rendu à Monsieur Jacques Ouzi (que je glisse dans sa boîte aux lettres.)

C'est lui le patron !


J'avoue qu'il ne sait pas que j'ai écrit cette histoire, j'ai profité de mon jour de congé pour parler de lui en secret, mais que tout ceci reste entre nous, s'il vous plaît !

Les secrets de l'immeuble ne doivent pas sortir d'ici.


Il faut savoir qu'en échange de mes bons, loyaux et discrets services, je n'ai rien à débourser pour un six pièces de 250 mètres carrés, si j'avais le temps, je vous le décrirai … bah, peut-être plus tard, qui sait ?

J'ai un jacuzzi, une cuisine à faire pâlir d'envie le cuisinier Reblochon qui habite en Savoie, une grande chambre pleine de caméras, de magnétophones, de miroirs sans tain qui donnent directement chez mes voisins et tout un tas d'autres avantages.


Je me présente : Thérèse Ponsable, j'habite au rez-de-chaussée de cet immeuble et Jacques m'a embauchée comme concierge en 1887, c'est moi qui m'occupe de tout.

Je pense qu'il m'a acceptée pour tenir cet emploi grâce à mon très long nez, mes yeux comme des soucoupes et ma bouche cousue.

Bien entendu, il ne sait pas que je suis prolifique en matière d'écrit et que je publie, sous un pseudonyme absolument anonyme, dans la gazette de Hum …

Il ne sait pas non plus que je vois tout chez lui comme chez les autres ; heureusement, car il n'aimerait pas ça.

Pourtant, ce soir, je vois Odile cuisiner des samoussas, Jacques est de bonne humeur, et après deux parties de canasta et une de jambes en l'air, il la pousse dans la baignoire …

Bon je ne suis pas sensée être là, je vous dis bonsoir !

J'ai un joli boudoir, personne ne peut me voir, j'y écris mes histoires.

(à suivre)

(joailes-) 20 mai 2025 à 22h 40




Modifié par Joailes

Posté(e)

Lol

quand une concierge rencontre une autre concierge, qu'est- ce qu'elles se racontent ; des histoires de concierges ! 😄

( voir mon guet tapant ^^)

Modifié par Diane

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il y a de drôles d'individus dans les immeubles en effet, et moins souvent, des individus drôles !

Un récit qui donne envie d'aller vérifier dans le couloir si ma concierge ne monte pas l'escalier pour venir lire ton récit derrière mon épaule, Joailes !

On ne sait jamais...

( ͡ຈ ͜ʖ ͡ຈ )

Posté(e)

"J'ai un joli boudoir, personne ne peut me voir, j'y écris mes histoires."

😄

je crois que nous allons nous y rencontrer de temps en temps !

j'espère que Thérése ( qui rit...) porte des semelles anti-dérapantes 😂

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les concierges sont aussi pipelettes que les conteurs. C'est pourquoi je fréquente volontiers les immeubles.. A chaque étage son paragraphe!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Thérèse, encore une concierge qui a l’élégance du hérisson (et le sens des responsabilités) !

G. Toulu

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