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L'atelier noctiluque

Featured Replies

Posté(e)

L'enfant, l'orphelin aux cheveux d'orage compte les étoiles filantes comme des pièces volées.

La nuit coule entre ses doigts, épaisse et violine, résine des veines ouvertes.

Au loin, les usines rêvent de fuir par leurs cheminées noires, elles crachent des nuages en forme de cantates cabalistiques.

J'écoute pousser les pavés, ces champignons de granit sous les pas salins des passants qui ont oublié depuis longtemps l'océan.

Tout mon corps n'est qu'un diapason rouillé.

La fièvre délie en moi ses rivières opalines, comme ces orgues de brume sur les canaux.

Je voudrais être la griffe qui dévore l’écrit, être l’aboi perdu dans le bronze des églises.

Je voudrais être le mot qui fend l’horizon blanc, être l’écho ivre dans le plomb des voix mortes.

Les réverbères allument leurs sexes de verre.

Je marche.

Mes semelles inventent un alphabet de boue et de poussière d'étoiles ; chaque pas est une note qui s'enfonce dans la chair molle du trottoir.

Demain, avant l'aurore, les lavandières décrocheront mes mélancolies des grillages, encore poisseuses du passage des messagères aux ailes de cuir, chiroptères nyctalopes, poumons des clochers.

Elles auront la tête en bas, j'aurai le verbe haut mais je me tairai et l'enfant se cachera dans les lambeaux de nuit vivante, sous mon linceul en fil de foudre.

Je est un autre, mais l’autre est toujours ce couteau dans la chair du poème.

Je est un autre, mais le titre est le premier fil de la toile.

(joailes- ) 13 mai 2025 - 20h 34

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème en prose aux images frappantes et aux recherches subtiles !

Posté(e)
  • Semeur d’échos
il y a 33 minutes, Joailes a écrit :

Les réverbères allument leurs sexes de verre.

Le texte est remarquable, mais @Diane va être jalouse de ce vers.

Modifié par Jeep

Posté(e)

Oui très beau texte en prose poétique que mon réverbère éclairé

aurait dirigé vers la Plume errante mais bon ...🤣

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le monde des noctiluques prend sous votre plume une forme fantastique !

Des images impressionnantes @Joailes

Posté(e)

@Joailes

Noctiluque, vous avez dit noctiluque,? Comme c'est noctiluque ! Et hop !

Posté(e)
Il y a 20 heures, Joailes a écrit :

L'enfant, l'orphelin aux cheveux d'orage compte les étoiles filantes comme des pièces volées.

Je ne sais pourquoi j'ai vu le Petit Prince..

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 23 heures, Joailes a écrit :

L'enfant, l'orphelin aux cheveux d'orage compte les étoiles filantes comme des pièces volées.

La nuit coule entre ses doigts, épaisse et violine, résine des veines ouvertes.

Au loin, les usines rêvent de fuir par leurs cheminées noires, elles crachent des nuages en forme de cantates cabalistiques.

J'écoute pousser les pavés, ces champignons de granit sous les pas salins des passants qui ont oublié depuis longtemps l'océan.

Tout mon corps n'est qu'un diapason rouillé.

La fièvre délie en moi ses rivières opalines, comme ces orgues de brume sur les canaux.

Je voudrais être la griffe qui dévore l’écrit, être l’aboi perdu dans le bronze des églises.

Je voudrais être le mot qui fend l’horizon blanc, être l’écho ivre dans le plomb des voix mortes.

Les réverbères allument leurs sexes de verre.

Je marche.

Mes semelles inventent un alphabet de boue et de poussière d'étoiles ; chaque pas est une note qui s'enfonce dans la chair molle du trottoir.

Demain, avant l'aurore, les lavandières décrocheront mes mélancolies des grillages, encore poisseuses du passage des messagères aux ailes de cuir, chiroptères nyctalopes, poumons des clochers.

Elles auront la tête en bas, j'aurai le verbe haut mais je me tairai et l'enfant se cachera dans les lambeaux de nuit vivante, sous mon linceul en fil de foudre.

Je est un autre, mais l’autre est toujours ce couteau dans la chair du poème.

Je est un autre, mais le titre est le premier fil de la toile.

(joailes- ) 13 mai 2025 - 20h 34

Magnifique d'un coin à l'autre, ton atelier me coupe le souffle!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L'émotion est au coeur des mots, @Joailes Chaque métaphore remue...

Posté(e)

J'aime ce foisonnement de métaphores originales et puissantes, cette tension poétique, ce « je » qui cherche sa place dans un monde urbain, spectral. Ce poème m'impressionne par sa densité et sa puissance d’évocation.

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