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Le rouge-gorge

Featured Replies

Posté(e)

Il était si joli cet oiseau de l'aurore,

L'hiver réprimandait le monde des vivants,

Petit bec douloureux, à jeun, déçu encore,

De quêter malgré lui dans un jardin tout blanc. 

 

Noël s'éternisait, nos nappes opulentes 

Renonçaient à la diète, à la lessive en cours;

L'oiseau errait bien triste au milieu de nos plantes,

Et devant les miettes de quelques petits fours,

 

Il me vint cette envie, fenêtre grande ouverte,

De secouer la toile aux quatre chandeliers;

Un festin pour l'ami qui s'approcha, alerte,

Convive revêtu d'un rouge tablier.

Posté(e)

Un texte qui trace un portrait de cet oiseau errant en quête de quelques miettes échappées au festin, cette poésie finit comme un conte de Noël, l'oiseau infortuné touche le cœur d'un convive " il me vint cette envie, fenêtre grande ouverte, de secouer la toile aux quatre chandeliers ".

Posté(e)

@Frédéric Cogno Un joli moment comme une parabole. Tes textes sont toujours parfaits... à part les points-virgules que je remplacerais par des points, personnellement.

Posté(e)

Ce texte parfaitement rythmé nous extrait de la profusion des jours derniers et repose ce qui est très très agréable. A la différence d'Yguemart (c'est rare !) je trouve que les points virgules marquent bien l'enchaînement de ces tous petits événements;

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 2 heures, Yguemart a dit :

@Frédéric Cogno Un joli moment comme une parabole. Tes textes sont toujours parfaits... à part les points-virgules que je remplacerais par des points, personnellement.

Le point virgule marque ici la simultanéité entre deux actions même si elles paraissent  différentes. Et puis à haute voix, je ne marque pas une pause comme sur un point, la voix reste en haleine...et ne baisse  pas réellement. 

Merci. Touché par votre lecture attentive.

Posté(e)

@Frédéric Cogno J'ai été influencé par François Cavanna qui détestait le point-virgule 😉

Posté(e)
Il y a 12 heures, Frédéric Cogno a dit :

Il me vint cette envie, fenêtre grande ouverte,

De secouer la toile aux quatre chandeliers;

 

J'aime cette façon de ne pas s'attarder aux ripailles et fenêtre grande ouverte, de laisser libre cours à la poésie !

Posté(e)
  • Administrateur

Tout a déjà été dit, et mieux que je ne sais le faire. Je viens donc juste ajouter quelques mots pour, une nouvelle fois, saluer votre plume.

Posté(e)

Ah voici le collectionneur

de coups de cœurs

mais comment résister

quand le poète est vrai ..? 

Bravo, Frédéric, et merci ❤️ 

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous et à toutes pour vos jolis et si touchants commentaires. 

Posté(e)

    

      Magnifique ! Quelle belle plume que la vôtre !

      Votre poème mérite qu’on s’y arrête. Le fruit est tentant. Permettez-moi de faire une petite analyse de votre texte pour dévoiler votre travail d’orfèvrerie poétique.  Le jeu en vaut la chandelle.  A l’œuvre on connaît l’artiste.

      Un très beau poème allégorique sur le thème de la compassion et de la charité.

      Le statut du rouge-gorge évolue tout au long du poème. Dans le 1er vers, vous le désignez par la périphrase : « cet oiseau de l'aurore ». Cette désignation a une double connotation, elle  évoque la couleur rouge orangé  du cou dudit oiseau et annonce par ailleurs l’entrée en scène de celui-ci, une apparition symbolisée par le terme : « aurore » : le moment précédant le lever du jour où le ciel est, en effet, rouge orangé. Dans le 3e vers, le passereau est nommé par la synecdoque : « petit bec douloureux »  (figure de style consistant à désigner le tout par une  partie). Ainsi, vous mettez le focus sur  une partie du  corps du volatile, ce petit bec qui a faim et sur lequel vous attirez l’attention du lecteur dont vous semblez solliciter la compassion. Dans le 3e vers de la 2e strophe,  le rouge-gorge devient un réel oiseau comme le montre le déterminant  défini « le » : « l’oiseau ». Dans les deux  derniers vers, il change carrément de statut. Vous le nommez non pas d’après sa nature, l’espèce à laquelle il appartient  mais par les fonctions qui sont désormais les siennes. Il est désigné respectivement par le terme : « ami » et par la périphrase grandiloquente, doublée d’une métaphore vestimentaire : « convive revêtu d’un tablier rouge ». Sa gorge est assimilée à un tablier.

       Les différentes places qu’occupent  dans le texte les mots ou expressions désignant le gorge-gorge  traduisent, quant à elles,  les sautillements de cet oiseau.

       Dans le 1er vers, le rouge-gorge occupe le deuxième hémistiche (la moitié de l’alexandrin). On le retrouve ensuite dans le premier hémistiche  du 3e vers. Dans les vers 7 et 11, il occupe les deux bouts du premier hémistiche, au début : « l’oiseau… », et à la fin devant la césure : « … l’ami ». Enfin,  dans le dernier vers clôturant le poème,  il prend place sur tout l’alexandrin. Une patte dans le premier hémistiche, l’autre dans le deuxième. Il fait désormais partie des convives. Il occupe une place entière.

       Le dernier quatrain s’oppose nettement aux deux premiers, comme le montrent, à l’évidence, les temps verbaux : le passé simple dans la 3e strophe « vint », « s'approcha » traduisent la mobilité et la vivacité,  ce que confirme l’adjectif « alerte » (v. 11) alors que l’imparfait de l’indicatif exprimant l’aspect duratif, employé dans les deux premières strophes évoque la langueur et l’immobilité, le verbe « …s’éternisait » (v.5) souligne la sensation de durée.

       Cette opposition est marquée aussi par le jeu des sonorités on ne peut plus  significatif. Les allitérations en [v] et [f] très nombreuses dans la dernière strophe : «vint » « envie », « ouverte », « fenêtre », « ouverte », « festin », « convive »,  « revêtu » évoquent  la vie,  elles font écho au mot :  « vivants » (v. 2) (Si l’on exclut le mot « hiver », c’est le seul mot contenant le son [v] dans les deux premières strophes).

       Les mêmes allitérations en [v] et [f]  contrastent par ailleurs avec les assonances en [en /on] et [ou] dans la 1re strophe :  « réprimandait » « monde » « vivants » « douloureux », « encore », « dans », « tout », « blanc » évoquant l’angoisse, l’inconfort du rouge-gorge. Le mot « blanc »(v.4) évoquant le néant souligne bien cette sensation d’inconfort.

Le mot « secouer » (v.10), produit d’un enjambement, rejeté en tête du vers suivant et prononcé avec  diérèse : (secou-er) met l’accent sur ce geste salvateur qui annonce la chute : le rouge-gorge devient ami et convive.

Un grand Bravo.

 

 

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 13 heures, ouintenabdel a dit :

    

      Magnifique ! Quelle belle plume que la vôtre !

      Votre poème mérite qu’on s’y arrête. Le fruit est tentant. Permettez-moi de faire une petite analyse de votre texte pour dévoiler votre travail d’orfèvrerie poétique.  Le jeu en vaut la chandelle.  A l’œuvre on connaît l’artiste.

      Un très beau poème allégorique sur le thème de la compassion et de la charité.

      Le statut du rouge-gorge évolue tout au long du poème. Dans le 1er vers, vous le désignez par la périphrase : « cet oiseau de l'aurore ». Cette désignation a une double connotation, elle  évoque la couleur rouge orangé  du cou dudit oiseau et annonce par ailleurs l’entrée en scène de celui-ci, une apparition symbolisée par le terme : « aurore » : le moment précédant le lever du jour où le ciel est, en effet, rouge orangé. Dans le 3e vers, le passereau est nommé par la synecdoque : « petit bec douloureux »  (figure de style consistant à désigner le tout par une  partie). Ainsi, vous mettez le focus sur  une partie du  corps du volatile, ce petit bec qui a faim et sur lequel vous attirez l’attention du lecteur dont vous semblez solliciter la compassion. Dans le 3e vers de la 2e strophe,  le rouge-gorge devient un réel oiseau comme le montre le déterminant  défini « le » : « l’oiseau ». Dans les deux  derniers vers, il change carrément de statut. Vous le nommez non pas d’après sa nature, l’espèce à laquelle il appartient  mais par les fonctions qui sont désormais les siennes. Il est désigné respectivement par le terme : « ami » et par la périphrase grandiloquente, doublée d’une métaphore vestimentaire : « convive revêtu d’un tablier rouge ». Sa gorge est assimilée à un tablier.

       Les différentes places qu’occupent  dans le texte les mots ou expressions désignant le gorge-gorge  traduisent, quant à elles,  les sautillements de cet oiseau.

       Dans le 1er vers, le rouge-gorge occupe le deuxième hémistiche (la moitié de l’alexandrin). On le retrouve ensuite dans le premier hémistiche  du 3e vers. Dans les vers 7 et 11, il occupe les deux bouts du premier hémistiche, au début : « l’oiseau… », et à la fin devant la césure : « … l’ami ». Enfin,  dans le dernier vers clôturant le poème,  il prend place sur tout l’alexandrin. Une patte dans le premier hémistiche, l’autre dans le deuxième. Il fait désormais partie des convives. Il occupe une place entière.

       Le dernier quatrain s’oppose nettement aux deux premiers, comme le montrent, à l’évidence, les temps verbaux : le passé simple dans la 3e strophe « vint », « s'approcha » traduisent la mobilité et la vivacité,  ce que confirme l’adjectif « alerte » (v. 11) alors que l’imparfait de l’indicatif exprimant l’aspect duratif, employé dans les deux premières strophes évoque la langueur et l’immobilité, le verbe « …s’éternisait » (v.5) souligne la sensation de durée.

       Cette opposition est marquée aussi par le jeu des sonorités on ne peut plus  significatif. Les allitérations en [v] et [f] très nombreuses dans la dernière strophe : «vint » « envie », « ouverte », « fenêtre », « ouverte », « festin », « convive »,  « revêtu » évoquent  la vie,  elles font écho au mot :  « vivants » (v. 2) (Si l’on exclut le mot « hiver », c’est le seul mot contenant le son [v] dans les deux premières strophes).

       Les mêmes allitérations en [v] et [f]  contrastent par ailleurs avec les assonances en [en /on] et [ou] dans la 1re strophe :  « réprimandait » « monde » « vivants » « douloureux », « encore », « dans », « tout », « blanc » évoquant l’angoisse, l’inconfort du rouge-gorge. Le mot « blanc »(v.4) évoquant le néant souligne bien cette sensation d’inconfort.

Le mot « secouer » (v.10), produit d’un enjambement, rejeté en tête du vers suivant et prononcé avec  diérèse : (secou-er) met l’accent sur ce geste salvateur qui annonce la chute : le rouge-gorge devient ami et convive.

Un grand Bravo.

 

 

Votre analyse est juste et précise. C'est un véritable honneur de se voir offrir un tel commentaire composé.

Merci infiniment 

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