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Sur le Grand Canal

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Sur le Grand Canal

 

 

C'est un feu d'artifice de teintes nuancées, un sorbet de couleurs assemblées par un peintre amoureux. Le Grand Canal pavoise. Elle se tient là, dans l'ombre, cette Sérénissime, le teint pâli, les yeux creusés par des siècles de fête. Las ! Les ravissants palais aux teintes dédorées s’étiolent dans le noir et le flot trop têtu entaille pour toujours les perles de leur âme.

 

Arlequin est au balcon, Marquise est installée dans le creux du Canal, sur la gondole fine au tracé qui s'efface. La croisière se poursuit, comme la nuit trop belle dans Venise invisible. Une douceur exquise s’inscrit dans les étoiles. « Cueillez les temps légers qui voltigent dans l’air, sans espoir et sans trêve, enfants bénis des lieux ». Tels sont les mots de soie montant des eaux profondes.

 

Mais la vague sans âme vient frôler sans le voir le marbre qui s’effrite et l’écume est amère. Atlantide funèbre, le Grand Canal expose ses blessures entrouvertes. Trop de sourires en creux, trop de sentiments feints. Les masques viennent ici murmurer leurs vertiges sans forme et l’écume poudreuse recouvre les marches grises. Le temps se désespère.

 

La Lune à présent surplombe la moite déité, emplie de cette extase accompagnant la mort. Elle paraît vibrer pour renaître à jamais dans le monde des ombres, vertige d’impossible. Des inconnus se frôlent, grande famille de la nuit aux rites murmurants. Tout est reflet de tout, plus rien n’a d’épaisseur. La fin même s’éloigne, seul palpite l’instant. Papillon bat des ailes, vestige du silence.

 

Les ténèbres soupirent sur la cité noyée, la brume rêve et danse, ses vapeurs tourbillonnent. Les étoiles s’éteignent, paroles du divin qui s’est lassé de tout. Une immense fatigue pèse sur la ville endormie. S’éveillera-t-elle encore pour un nouveau matin, un verre de vin léger, un soupir envolé ?

 

Demain, le vent soufflera fort, poursuivant les nuages, il oubliera très vite cette belle alanguie.

 

 

FIN

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vision poétique d'une intense et triste beauté. La vie et l'art se superposent dans cette allégorie pleine de charme.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

La Sérénissime se décompose, elle tombe en poussière, algue verte, bordeuse visqueuse d'une décadence humide...

 

La vase mène le monde sur ses rives, parfum de fin des temps.

 

cf. Mort à Venise, bien sûr.

 

Merci @Thy Jeanin !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Décadence certes, mais charme irrésistible malgré l’afflux des touristes.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci à vous !

 

Il n'y a qu'une Venise...

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