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Matière à écrire

Featured Replies

Posté(e)

"Quand la vie te donne des sabots… fais-en des patins à glace !" 😉 

 

 

Dans un petit village, Saint Eternu, dans la Creuse profonde, le docteur Henri-Amédée Pan était une légende …

Ce médecin retraité depuis peu, était connu pour être un hypocondriaque hors normes.

Chaque petit bobo, chaque éternuement était pour lui le signe d'une maladie incurable.

Un matin, se brossant les dents, il avala un peu trop de dentifrice.

Tout de suite très inquiet, il se précipita à son ancien cabinet qui n'avait pas trouvé repreneur et s'allongea sur la table d'examen.

Mon Dieu, je suis empoisonné gémit-il en prenant son stéthoscope - il faillit avoir une syncope- pour s'ausculter.

J'ai des bulles dans l'estomac, c'est une gastrite mousseuse aiguë !

Sa compagne, Kelly Diote, habituée à ses crises et qui le suivait partout, lui dit oh, Henri-Amédée, par pitié ! C'est juste du dentifrice au lait de génisse, bois un verre d'eau, recrache, ça va passer.

Mais le Docteur Pan était déjà en train de consulter un vieux manuel médical poussiéreux.

Ah, je le savais, hurla-t-il, page 404 : ingestion de substances mousseuses risques de transformation en savon humain.

Kelly décrocha le téléphone allô Yves Héron, le vétérinaire ? Oui, je vous appelle encore pour mon mari …

Quelques minutes plus tard, Yves, par amitié pour Kelly qui lui apportait souvent du gâteau de riz, arriva au cabinet avec sa trousse d'urgence pour les chevaux.

Alors, Henri-Amédée, encore une nouvelle maladie ? demanda-t-il en sortant une belle seringue, dont l'aiguille était aussi longue qu'une nuit de juin.

Le docteur pâlit hé ho, c'est pour quoi, ça ?

-Un antiparasite et un vaccin contre la maladie du sabot bot.

Soudain, Henri-Amédée Pan se sentit beaucoup mieux.

-ça va aller, dit-il, je crois que je me suis un peu emballé pour rien

Kelly et Yves échangèrent un regard qui en disait long, et, tandis que le docteur détalait en courant, les deux amants, en riant, fêtèrent sa guérison au cabinet.

Cela dura encore quelques années jusqu'à ce qu'un virus non encore répertorié les emporta tous deux en quelques heures.

Henri-Amédée Pan vécut jusqu'à cent-deux ans, enterrant les uns après les autres les habitants de Saint-Eternu et les animaux, faute de relève.

 

Par contre, il n'y eut personne pour son départ et c'est bien des années plus tard qu'un chien famélique vint ronger ses os.

Je suis bien la seule à avoir eu vent de l'histoire sur un vieux papyrus trouvé au marché aux puces et par curiosité je me suis rendue à Saint-Eternu.

Le village était devenu un immense cimetière et, la nuit, à la belle étoile, j'ai distinctement entendu la flûte de Pan qui se plaignait d'avoir mal, et des râles d'amoureux en pleins ébats.

Je ne me suis pas attardée, je sentais monter en moi un drôle de pressentiment, ces lieux étaient infestés de morts vivants.

 

Il a coulé bien de l'eau sous les ponts, j'habite à Avignon, je suis médecin, je m'appelle Théa Louest.

Il m'arrive parfois de raconter l'histoire de Henri-Amédée Pan à quelques patients hypocondriaques et si au début, ils en rient, ça les fait réfléchir et ils ne reviennent plus.

Une fois par an, je me rends à Saint-Eternu et trouve leurs noms sur les nouvelles stèles, c'est un mystère et il n'y a aucune explication scientifique ; j'en parle encore parfois à mon amie Bienvenue Parminou, psychiatre, qui me reçoit six fois par semaine et n'arrête pas de répéter que je suis un phénomène.

Allongée sur son divan, j'ai des acouphènes et serais bien en peine d'écrire ; heureusement elle enregistre tout, j'ai de la veine.

Tandis qu'elle publie mes écrits en oubliant mon nom, je meurs lentement du mal de vivre ; elle fait fortune, je n'ai pas une tune, j'ai mal partout, j'ai du dégoût pour tout.

J'ai une chambre très dépouillée près du placard à balais et je serais assez sereine si tous les soirs, après la toilette, je n'avais pas Daisy Démalplacé qui vient s'incruster et me raconter ses maux.

Je ne peux plus placer un mot.

Et l'autre folle, Bienvenue Parminou, éteint les lumières, met les magnétophones en marche ; elle est richissime, il paraît, et en fouillant un peu dans son bureau je me suis effondrée.

Elle s'appelle en réalité Kelly Diote.

Et le Directeur de l'hôpital je vous le donne en mille s'appelle …


 

(joailes -) 31 mars 2025

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une histoire farfelue et riche en dentifrice... euh... riche en trouvailles verbales !

 

😉

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J’aime beaucoup les histoires de morts vivants de Jo Elan-Peuplu !

Posté(e)

Ça m’a fait bizarrement penser à quelqu un…mais je n'ai pas trouvé 

le nom du directeur de l hôpital  😉

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Etonne-toi, lisant cela, que la Creuse soit un désert médical! Toi qui es aux petits soins avec les mots, tu vas faire mourir de rire notre bon vieux dictionnaire!

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