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Changement d'heure

Featured Replies

Posté(e)

 

Figurez-vous, que j'ai (encore) vécu une histoire ordinaire ; depuis que j'ai teint mes cheveux en vert, il m'arrive des choses à ne pas croire.

Même moi, j'ai des doutes.

J'avais rendez-vous chez une amie, Armelle Couvert, qui fêtait son anniversaire comme chaque année le 28 mars ; j'avais trouvé aux Galeries Jaunes de superbes pantoufles en poils de mousquetaire, et une nuisette à faire pâlir les midinettes, en dentelle de Calais.

J'avais calé trois fois avant de réussir mon créneau convenablement pour me garer près de son immeuble de 404 étages et, bravement, je sonnai au parlophone, invention assez peu sympathique pour ceux qui sont aphones ou carrément muets, sans parler des amnésiques qui oublient le nom de celui ou celle qu'ils veulent visiter …

Ne faisant pas partie de ces catégories de gens mal lotis, Armelle dut appuyer sur le bouton magique, car la porte s'ouvrit et j'entrai dans le hall.

La concierge, Aude Javel, me fit un grand sourire que je lui rendis, ne voulant pas être en reste.

Elle devait être en train de regarder les feux de la haine car aussitôt, me jugeant sans doute digne de l'immeuble, elle referma la porte de sa loge sans engager la conversation -ce qui, pour une concierge, est assez rare, vous en conviendrez-

Un immense panneau, collé sur le mur à côté de l'ascenseur, indiquait par le menu et en pattes de mouche, les divers occupants des étages, quatre par paliers, quatre-cent-quatre fois, ce qui fait un total de … hum !

La tête me tournait déjà ; de plus, ayant oublié à quelle hauteur mon amie perchait, je fus bien obligée de chercher mes lunettes pour lire ledit panneau.

Zut !

Je les avais oubliées chez Ariette Bordochenel chez qui j'avais passé la soirée hier et que j'avais battue à plate couture dans un tournoi de scrabble.

J'eus une idée de génie : j'appelai Armelle sur son portable, mais elle devait être en train de mettre la table ou de s'épiler les sourcils, je tombai sur sa messagerie.

Pendant ce temps, l'heure tournait, et, à la veille de son changement, elle avait pris de l'avance.

Bon. J'entrai dans l'ascenseur et appuyai sur le 404.

Je commence toujours par la fin, sachant que le début est bien mais que ça cache quelque chose ; j'ai toujours pensé qu'on devrait naître vieux et finir bébé pour faire à l'envers et que ça se passe mieux.

Et c'est parti mon kiki, le gros monte-charge s'ébranla en poussant quelques gémissements. 

 

Assez impressionnant comme voyage, j'eus l'impression qu'il n'en finissait pas et qu'une fois arrivée, mon amie aurait le double de son âge.

La porte s'ouvrit enfin … et se referma aussitôt.

Une voix sortie du néant m'informa que nous allions redescendre à l'étage en-dessous : 404, occupé par des fanas de la fameuse Peugeot et par des erreurs.

Etage interdit sauf aux détenteurs du badge.

J'appuyai à nouveau sur le gros bouton.

403 : l'étage des femmes de ménage, que des balais qui chassent les moutons, des produits parfumés sur des chariots sophistiqués 

402 : ici vous rentrez à vos risques et périls, sous peine d'être cassé en deux.

Oups ! pas très invitatif ... 

A nouveau, j'essayai le 401, le 400, le 399, le 398, le 397, le 396 … occupés par des psychiatres, d'après la pancarte.

395, 394, 393 … toujours rien.

Je commençai à avoir une petite faim et, sortant de mon sac un amuse-gueule, je descendis encore plusieurs étages et j'entendis distinctement l'ascenseur qui riait dans sa cage.

Enfin, je sortis sur le palier du 200 : étage dédié aux questions.

Je tapai au hasard à une porte couverte de points d'interrogation.

Un barbu avec une langue de bois vint m'ouvrir avec un grand sourire : que puis-je pour vous ?

Heu … Je suis perdue, je cherche mon amie Armelle Couvert … je ne sais pas l'étage, pouvez-vous m'aider ?

(j'étais en nage, autant l'avouer)

Entrez, entrez, ma petite dame vous semblez désorientée.

Je m'appelle Ray Pons, je vais chercher votre réponse, asseyez-vous …

Et il me fit entrer dans une salle d'attente fort bien décorée, au demeurant, et qui sentait la menthe.

Je m'affalai dans un fauteuil tellement confortable que je crois bien avoir dormi et que ce fut bien agréable.

 

Au bout de plusieurs heures … il n'était toujours pas revenu et je rejoignis l'ascenseur.

199, 198, 197, 196... toujours rien !

Des marchands d’œufs, d'huîtres, de brochettes, de chaises …

Je lâchai quelques gros mots pour me soulager.

195, 194, 193, 192 ... des bureaux apparemment inoccupés.

191, 190 bordel de merde c'est bien français, j'appuyai sur le 0 : rez-de-chaussée ; tout était éteint et j'eus un mal fou à trouver l'interrupteur.

Panne d'électricité, me dit Aude Javel, sortie de sa série d'un air contrit, vous avez eu de la chance d'avoir pu redescendre !

J'ai eu un haut le cœur, me suis précipitée dans ma petite voiture.

J'avais oublié mon paquet cadeau dans l'ascenseur.

Mon téléphone a sonné alors, qu'est-ce que tu fous ? Tout le monde est là !

C'était Armelle.

Pardonne-moi, je ne me sens pas bien … je ne viendrai pas ce soir, mais j'ai mis ton cadeau dans l'ascenseur.

 

Je ne sais pas ce qu'elle m'a répondu, j'ai éteint aussitôt mon téléphone, et enfin arrivée chez moi dans ma cabane de plain-pied, il m'a fallu toute la nuit, une bonne partie de ma réserve de chocolat, mon plaid favori en poils de lama, le ronron du chat, et une éclipse de lune fort à propos pour me remettre

de tout ça.

Cela m'a servi de leçon : désormais, je ne fréquente plus que des gens habitant au rez-de-chaussée et c'est ainsi que j'ai pu assister aux anniversaires de mes amis, en pleine nature, préparés par Marc Assin, le roi de la fête où tu te sens bien.

Pour m'amuser, au petit matin, j'ai effacé tout mon répertoire et aussitôt j'ai préparé une tarte aux poires, me suis fait un bon café ; quand mon téléphone a sonné, je l'ai jeté dans la mare, je n'aime pas le progrès.

Les grenouilles ont rigolé.

Bien décidée à oublier mes déboires, j'ai écouté une vieille chanson qui m'a remise d'aplomb.

L'heure venait de changer, finalement je n'avais pas trop perdu de temps.

(joailes -) 25 mars 2025


 

https://www.youtube.com/watch?v=L3djXgQAprM


 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Que du bonheur à suivre les errances de cette dame, un peu don Quichotte, un peu Mary Poppins, qui voyage sur place, le plus beau des voyages !

Posté(e)

Je vais finir par prendre des kilos rien qu'en te lisant !

Je suis au rez -de-chaussée, c'est l'heure de la brioche du dimanche, ma copine du premier , 

Martine Eleur de Selevé (c'est une baronne ) est descendue pour le café, 

Si ça te dit ...😊

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Sur le pallier, c'est vache, mais redescendu sur le plancher, on rumine. Comme dit mon ami Alain Trépide: quelle aventure!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un trajet en ascenseur qui aurait été effrayant pour mon ami Klaus Trofob !

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