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Une belle journée au parc Sam Troulefion

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Voici venu le printemps tant attendu, rangez vos cache-nez, vos écharpes et vos bottillons fourrés, disait la publicité pour le grand Parc Sam Troulefion, en périphérie de la ville, seulement trois écus l'entrée et le grand air assuré.

Pour en avoir pour mon argent, je décidai d'y passer la journée, avec mon carnet de croquis, une gamelle de gnocchis, mes crayons et mon cahier.

Je repérai dès l'entrée un superbe banc en pierre près d'un massif de primevères et pour bien marquer mon territoire, j'y étalai mes affaires, assez loin des cages des guenons pour que le gardien ne me confonde pas avec elles.

Il était encore très tôt et dans les enclos les kangourous dormaient encore, tandis que les flamants roses faisaient leur toilette dans le miroir aux alouettes.

Je me servis un café bien chaud grâce à la bouteille Thermos que m'avait offert mon grand-père, Sir James Dewar qui s'était fait un devoir de me souhaiter mon anniversaire, le brave homme, et jetai un sort à un croissant bien dodu, doré à point que j'avais acheté à la boulangerie du coin.

Quelques pigeons sortis du néant vinrent nettoyer la nappe verte à mes pieds, couverte de miettes.

Le parc commençait à s'animer avec des enfants criards à qui j'aurais bien donné une fessée si ce n'était expressément interdit par une nouvelle loi, assez récente, publiée au journal officiel par Madame Petit, ceci expliquant cela.

J'en étais là de mes réflexions lorsque le grand chêne derrière moi se mit à trembler de toutes ses feuilles, en poussant de petits gémissements qui m'ont aussitôt rappelé ceux de mon chat quand j'ouvre une boîte de Whiskas.

Je fus assez surprise, je l'avoue, malgré mon habitude de croire en tout, de l'entendre chuchoter.

Une jeune femme, vêtue d'une robe à fleurs et d'un immense chapeau de style sombrero se dirigeait vers nous, avec un attirail des plus charmants :  appareil photos, jumelles, trépied en bandoulière, un sourire à faire damner les vieux grincheux du musée Grévin, figés dans leur destin.

Qu'elle est belle ! Je suis amoureux ! Et c'est la première fois …

Je vis la sève monter le long de son échine, vous n'allez pas me croire, tant pis, c'est pourtant vrai.

Je m'appelle Justin Ptipeu, me dit-il ; je suis là depuis mille ans ; j'en ai vu passer des gens !

Mais elle …

Je sentis ma carapace fondre et, me levant du banc, je l'entourai de mes bras.

Allons, allons … et je le berçai alors qu'un superbe papillon venait se poser sur les cheveux blonds de la belle …

Bonjour, me dit-elle, je suis Rose Dévent, botaniste ! Et vous .. ?

Heu … je suis Joailes, poète à la retraite !

C'est merveilleux, répondit-elle en envoyant ses longs cheveux dans une poussière d'or.

Lazare Fébienléchoz, le gardien, arriva et nous serra la main.

Je viens secouer les glands pour éviter l'ankylose, dit-il

Il était plus de midi, c'était l'heure de manger mes gnocchis et je m'éveillai devant un public ébahi qui, m'entendant ronfler, m'avait prise pour une curiosité du parc.

Ramassant mes cliques et mes claques, je libérai le banc et courus vers le lac où Rose Dévent, magnifique dans un maillot tout blanc, ramassait des glands.

Justin Ptipeu était si heureux !

Il eut pour moi un regard de reconnaissance.

Pourtant, je n'y étais pour rien.

Une fée farfelue, fantasque, me fit un signe de la main.

J'avais tout dessiné, il me restait à écrire !

Je n'ai pas regretté les trois écus que m'avait coûté l'entrée, même si j'ai dû en donner trois autres pour ressortir du parc.

Mon éditeur, Yvan Pèrémère, a adoré et tout s'est enchaîné ; il m'a demandé la suite, et quand je lui ai dit que mes histoires gagnaient à être courtes, il s'est incliné …

Le lendemain, je décidai d'aller ailleurs, sur une incroyable plage de sable et c'est là que j'ai connu Thérèse Ponsable.

Je ne suis pas encore à court d'inspiration, vous voyez bien !

J'ai tant d'histoires et pas assez de tiroirs ; à raison d'une chaque soir, qu'adviendra-t-il d'elles, je n'en sais rien , vous verrez bien, je ne serai plus là pour voir. 

Je compte sur Thérèse. 

 

(joailes -) 21 mars 2025

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un cousin savoyard du gardien du parc, Serge Aquelquechoz, m’a dit vous avoir croisé alors que vous donniez des gnocchis aux guenons, ce qui est strictement interdit.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une visite peu ordinaire, bel hommage au mage de la plume !

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 9 heures, Jeep a écrit :

Un cousin savoyard du gardien du parc, Serge Aquelquechoz, m’a dit vous avoir croisé alors que vous donniez des gnocchis aux guenons, ce qui est strictement interdit.

Quel mouchard, ce Serge ! 🙂 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quant à ta postérité, Thérèse Olue!

Je n'ai pas perdu une miette.

De ton croissant.

Ni des noms des personnages, qui sont de plus en plus savoureux.

Il y a 22 heures, Joailes a écrit :

Une fée farfelue, fantasque

Ce ne serait pas un peu toi, ça? 😉

Posté(e)

Avec le retour du soleil je m'aperçois que la joie de vivre revient sur Accents poétiques grâce à vous! Amusant et distrayant.🤩

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