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La Brigade du Rêve

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La Brigade du Rêve

 

 

C'était en 1990. Dans les salles obscures, le public appréciait sans réserve les belles images, la romance tendre et la nostalgie touchante de la dernière œuvre de Peter Weir, Le Cercle des poètes disparus.

 

Jeunes poètes amateurs, nous tombâmes nous-mêmes sous le charme du film. Nous ? "La Brigade du Rêve", ainsi que nous nous nommâmes aussitôt sans rire.  Notre moyenne d'âge ne dépassait pas dix-sept ans. Est-on sérieux à dix-sept ans ? Certainement pas, heureusement.

 

Des réunions régulières s’organisèrent dans des lieux insolites : les Catacombes parisiennes, le zoo de Vincennes, la terrasse du George V, la cave du dernier moulin en activité de la Capitale. Chacun devait apporter nourriture matérielle et intellectuelle. Elle serait partagée.

 

Certains visages des membres de notre groupe restent gravés dans ma mémoire : il y avait Flore, l’étudiante studieuse mais délurée qui se faisait remarquer par ses lectures audacieuses, et puis Marc-Antoine Sincenis, un tantinet poseur mais sans doute génial (pour ses proches). L’âme de notre petit groupe de poètes amateurs se nommait à coup sûr Illya, arrière-petite-fille d’un général russe blanc.

 

Poétesse née, elle n’écrivait pas, ne dévidait pas d’interminables fadaises comme nous-mêmes, pétris de bonnes intentions et d’admirations naïves. Elle ÉTAIT la poésie. Un seul de ses regards vous transportait dans un autre monde, beaucoup plus fluide, beaucoup plus aérien, que le nôtre.

 

Elle était notre Muse, notre madone, notre fétiche. Sa peau très pâle semblait n’avoir jamais vu le soleil et ses yeux opalins paraissaient sans fond. Sa simple présence rendait unique chacune de nos rencontres potaches. Nous sentions souffler le vent de l’esprit dès qu’elle se joignait à nous, son éternel sourire aux lèvres. Très attentive, elle buvait nos paroles. Et nous, nous avions des ailes.

 

Son en-cas favori était une biscotte nappée de marmelade, qu’elle dégustait lentement, semblant y trouver beaucoup plus qu’un peu de confiture et quelques miettes. Elle nous fascinait tous mais, consciente de son aura, n’hésitait pas à lancer une plaisanterie osée pour alléger l’ambiance.

 

Après quelques poèmes, quelques bravos et moult boissons gazeuses, nous nous séparions, heureux de vivre en pays de Poésie. Que d’agréables moments passés en bonne compagnie !

 

Mais un triste matin de novembre, tandis que nous devions tous nous réunir sous la coupole du Sacré-Cœur, nous attendîmes Illya en vain. Elle ne parut pas. La réunion tourna court, sans sa présence inspirante.

 

Les jours suivants se passèrent sans nouvelle de la jeune fille. Elle s’était volatilisée, pour ainsi dire. Nous en fûmes désolés, pour nous bien sûr, mais surtout pour elle. Que s’était-il passé ? Jean-Michel réussit à contacter sa tante, qui le pria de la laisser en paix. L’absence d’Illya n’était pas son affaire, qu’il retourne à ses chères études.

 

La vie se chargea de nous faire oublier Illya, nos réunions passionnées et notre insouciance juvénile. Les pages tournent sans trêve dans le Grand Livre de la Vie…

 

FIN

 

Posté(e)
Il y a 9 heures, Alba a écrit :

C'était en 1990. Dans les salles obscures, le public appréciait sans réserve les belles images, la romance tendre et la nostalgie touchante de la dernière œuvre de Peter Weir, Le Cercle des poètes disparus.

un film tellement sublime qu'il m'a laissé une empreinte indélébile. 

Tout comme d'ailleurs, ce merveilleux acteur qu'était Robin Williams ... 

Toute une époque, en effet, disparue et qui laisse un goût un peu amer. 

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Faire entendre le chant des sirènes aux marins, aussi merveilleux soit-il, est leur rendre un bien mauvais service... L'enseignant s'est trompé, les conséquences de son erreur ont été tragiques (je ne parle pas de son licenciement).

 

C'est ce que je me dis concernant le destin de son jeune élève, amateur de théâtre. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Touchant. Il semble que le parallèle aille jusque là: celle qui incarnait la poésie a subi une éclipse comparable à celle d'un genre que le tout-monde ignore, hélas!

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Il est évident que tout est inventé, c'est plus beau ainsi !

 

Merci à vous !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le cercle des poètes disparus, un film marquant. La description de cette Ilya, muse d’un groupe d’adolescents férus de poésie, paraissait presque authentique.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci Jeep !

 

J'ai choisi les détails du portrait pour la rendre vivante, à la fois étrange et proche, c'est tout en suggestions...

 

"Elle est d'ailleurs", comme disait P. Bachelet.

 

 

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