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La Piste

Featured Replies

Posté(e)

C’est une après-midi bien calme, à l’ombre douce,
Où la brise nous berce et le monde s’endort ;
Ma grande sœur et moi pédalons sans effort,
Abandonnant la ville et roulant vers la brousse.

Au bout d’un long chemin jonché de feuilles rousses,
Nous découvrons la piste où, prenant leur essor,
Les avions s’envolaient, filant droit vers le nord ;
On voit des trous si grands que des arbres y poussent !

Sur le large ruban fleuri d’herbes, de mousses,
On fait la course, il faut que je sois le plus fort !
Je m’appelle Eddy Merckx et ma sœur Poulidor…
Sur bosses et trous, combien de chocs, de secousses ?

Nous prenons un sentier, écartant bois et gousses,
Vaillants aventuriers à l’affût d’un trésor ;
Près de nous, un serpent brun et noir, taché d’or,
Surgit soudain ! Il fuit, disparaît… Quelle frousse !

Au milieu de la plaine, un cimetière étrange,
Où voitures, camions et motos se mélangent ;
Parmi les vieux bahuts, on traîne, on touche, on fouille,

Dénichant des logos Mercedes, Ford, Renault…
Étendus sur un coffre éclaboussé de rouille,
Nous laissons le soleil caresser notre peau.

Deux cadavres de chiens découvrent leurs canines,
Leurs yeux ouverts, leurs poils roux aux reflets de cuivre,
Et l’on voit de la chair noire sur leurs babines…

Mêlés l’un à l’autre, on dirait qu’ils vont revivre,
Et s’entredéchirer dans un combat furieux...
Vont-ils bondir vers nous, cerbères ténébreux ?

Par un passage étroit, plein d'épines, de pierres,
Nous gravissons la plus belle des termitières ;
Sous l’immense ciel bleu, la savane immobile.

Le vent berce nos fronts, effleure nos cheveux…
À regret, nous quittons cet endroit merveilleux,
Regagnant doucement la grande et morne ville.



                                                                       Février 2025.
                                              

Modifié par Jean-Paul

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une époque et un environnement revivent sous une plume tendrement nostalgique au charme indéniable !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

En lisant le poème, on est avec vous @Jean-Paul et votre sœur en train de pédaler gaiment dans la brousse africaine.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une évocation très vivante, toute pleine d'une douce naïveté, de moments privilégiés dans un lieu exotique.

Posté(e)

Un joli poème immersif, qui m’a transporté dans les explorations sans fin de l'enfance.

Posté(e)

Merci pour cet agréable moment de lecture que j'avoue avoir dégusté comme un roudoudou 💫

Et cette sensation que l'on a, quand on finit un livre aimé, est la même que celle que j'ai ressentie à la phrase finale ... 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Promenade, aventure, découverte, tout le monde de l’enfance revit ici avec fraîcheur et un brin de nostalgie…

Posté(e)

Vélo, ferraille, (les cadavres de chiens rendent l'endroit un peu moins merveilleux), frère et soeur, des souvenirs, des "Je me souviens" qui font du bien à écrire.

Posté(e)

@Jean-Paul

 

 

 

Posté(e)
  • Auteur

Bonjour à tous, et merci d'avoir lu et aimé mon poème.
Si vous le relisez, vous verrez que j'ai ajouté deux tercets (l'épisode des cadavres de chiens).
Un version plus longue de mon poème (désormais un "triple" sonnet) se trouve sur mon blog .

 
Avec ma sœur Marie-Anne, à Lubumbashi (République démocratique du Congo), nous faisions des promenades à vélo parfois assez longues, vers 1971-1972.  J'avais 10 ou 11 ans, ma sœur un an de plus. 
A 3 ou 4 kilomètres, il y avait l'ancien aéroport de Lubumbashi, et sa longue piste bosselée et pleine de trous. Idéal pour un peu s'amuser à vélo !

L'épisode du serpent est authentique : voulant ramasser une fleur, j'ai soudain reculé car un serpent assez gros se trouvait dans l'herbe, à quelques centimètres de ma main ! En Afrique, on trouve le mamba noir, serpent le plus venimeux au monde (on l'appelle serpent minute car il s'écoule moins d'une minute entre sa morsure et l'issue mortelle... ) Bon, je ne pense pas que c'était un mamba noir, mais sait-on jamais ?

Dans un autre coin se trouvait une espèce de cimetière de voitures, désert, un peu inquiétant... Je me souviens très bien des cadavres de deux chiens momifiés, étonnamment vivants, les crocs visibles, et qui étaient peut-être morts en se battant...

Nous partions ainsi 2 ou 3 heures, parfois plus, et nos parents ne savaient pas où nous étions... Et les GSM n'existaient évidemment pas ! Heureusement, il ne nous est jamais rien arrivé...
Tout cela est si loin !

Modifié par Jean-Paul

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