Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Nuit d'un Noël d'ailleurs

Featured Replies

Posté(e)

Autour du grand feu qui crépite

nul ne parle, les gestes sont précieux.

Des étincelles, en stalagmites

jettent de l'or dans les yeux

 

Les mains brûlent sur les verres,

la chaleur se répand dans les corps.

Les parfums de l'immense théière

aux narines amènent un trésor.

 

C'est une belle nuit, immuable,

le ciel a revêtu ses atours d'apparat.

Il n'y a ni chaise, ni table,

chacun a oublié son barda.

 

Les dunes presque charnelles

au creux des peaux tièdes

comme des caresses maternelles

avec, au loin, le chant de l'oued.

 

 

Les douze coups de minuit

se sont allumés soudain

doucement, sans bruit,

et tout le monde s'est donné la main.

(J.E. Décembre 2018)

 

(directement inspiré par le très beau poème de https://accents-poetiques.com/index.php?/forums/topic/2142-no%C3%ABl-au-c%C5%93ur-des-dunes/) qui m'a littéralement emportée. Merci !

 

Posté(e)
  • Administrateur
Il y a 14 heures, joailes a dit :

Les dunes presque charnelles

au creux des peaux tièdes

comme des caresses maternelles

avec, au loin, le chant de l'oued.

Ce quatrain est superbe.

Posté(e)

      Je ne peux pas ne pas réagir à ce magnifique poème. Je ne peux y demeurer insensible. Il me parle à plus d’un titre. Cette veillée de Noël en plein désert autour d’un feu qui sort de votre plume m’émeut.

      Le lecteur découvre une réalité lointaine à travers un regard exogène, le vôtre. Le désert comme si on y était ou presque !  On est loin des clichés et du prisme déformant du regard d’autrui. Finalement votre regard n’est pas très différent de celui des gens du cru.

      Le lecteur est assailli par des sensations diverses. En effet, hormis le goût, tous les sens sont sollicités : l’ouïe : « crépite » (v.1), « parle » (v.2), « chant » (v.16), « coups » (v.17), « bruit » (v.19) ; la vue : « feu » (v.1), « étincelles » (v.3), « l’or », (v.4), « yeux » (v.4), « verres » (v.5), « nuit » (v.9),  « ciel » (v.10), « dunes » (v.13), « allumés » (v.1) ; le toucher : « mains » (v.5), « brûlent » (v.5), « chaleur » (v.6), « corps » (v.6), « charnelle » (v.13), « tièdes » (v.14), « caresses » (v.15), « doucement » (v.19)   ; l’odorat : « parfums » (v.7), « narines » (v.8).

       On peut expliquer l’absence du sens du goût par le fait que vous ne pouviez pas évoquer la saveur de ce thé auquel vous n’aviez pas goûté.     

     Votre poème marque une nette opposition entre les éléments inanimés et cette présence humaine autour du feu, une présence discrète, anonyme, silencieuse, presque invisible comme le montrent les pronoms indéfinis « nul » (v. »2), « chacun » (v. »12), « tout le monde » (v. »19) désignant ces être humains si taciturnes, « nul ne parle… ».

       Il se dégage ainsi  des lieux décrits une impression ambivalente : en vous lisant on éprouve une sensation de vacuité et d’immobilité perceptible notamment à travers les marques de négation : « nul ne » (v.2), « n'y a ni chaise, ni table » (v.2).   Paradoxalement cependant, les éléments inanimés,  le feu, les étincelles, la chaleur, etc. présentent une réelle vivacité. Cela  se voit à travers les verbes d’action : « crépite » (v. »14), jettent » (v.14), « se répand » (v.14), « amènent » (v.14), tous ces verbes ont un sujet inanimé.

        Le 1er quatrain  contraste avec le dernier, ce que  montrent d’une part les pronoms indéfinis « nul » (v.2) et « tout le monde» (v.20), opposés l’un à l’autre, et d’autre part,  les temps verbaux : le présent et le passé composé de l’indicatif : le premier traduisant une certaine immobilité, le second exprimant une action soudaine.

       La métaphore joaillière « jettent de l'or » (v.4)  assimile le feu au métal précieux. Elle est quelque peu filée. D’ailleurs, les termes : « précieux » (v.2), « or » (v.4), « trésor » (v.8)  se font parfaitement écho. Comme se font écho les rimes significatives, elles sont nombreuses : « verres » / « théière »,  « tièdes » / « oued », « charnelles » / « maternelles ». « comme des caresses maternelles », cette comparaison  assimile les dunes à une douce mère. On est loin du désert qui fait peur.

        Les vers impairs donnent au poème toute sa valeur musicale, j’en veux pour preuve le quatrain de François Verlaine conseillant l’emploi des vers impairs pour  leur musicalité.

« De la musique avant toute chose 
Et pour cela, préfère l'Impair 
Plus vague et plus soluble dans l'air 
Sans rien en lui pèse ou qui pose »

      Outre sa musicalité, le dernier quatrain  est parfaitement bien rythmé : (deux heptasyllabes, (7 vers chacun), un pentasyllabe  (5 vers) et un ennéasyllabe (9 vers). La somme des pieds des deux derniers vers donnent 14 (5+9 =14), (14 : 2 = 7). C’est comme si on avait un quatrain de 4 heptasyllabes.

        Les verbes au  passé composé « se sont allumés », « s'est donné la main » et l’adverbe « soudain » marquent  une nette rupture avec le reste du texte dont la plupart des verbes sont employés au présent de l’indicatif.

      Les deux derniers vers décrivent une scène au ralenti, on eût dit un spectacle de pantomime. Ce que révèlent l’adverbe « doucement », et le groupe prépositionnel «  sans bruit », tous deux, complément de manière. Les poignées de main traduisent une certaine symbiose comme le montre le verbe pronominal de sens réciproque : « s'est donné la main ». Ou peut-être annoncent-elles tout simplement la fin du spectacle. En tout cas, pour la théâtralisation, c’est parfaitement bien réussi !

       Votre texte est très bien travaillé. Un trésor est caché dedans, dirait Jean de la Fontaine.

C’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artiste.

 

        J’applaudis à tout rompre.

 

 

Posté(e)
  • Auteur

@ouintenabdel je ne sais plus dire tu, tant je suis ébahie par votre commentaire qui me rappelle un prof de français qui m'aimait bien et qui me mettait toujours de bonnes notes en rédaction. Je vous avoue que j'écris tellement spontanément que je ne calcule jamais les rimes, ni les figures de style, ni rien. 

Un grand merci à vous.  

Posté(e)

Erratum : il faut lire :  Paul Verlaine et non pas François. Sans doute avez-vous avez déjà corrigé l’erreur. Merci.

Posté(e)

@joailes L'exégèse ayant été réalisée, je m'en abstiens. Une texte bien écrit et plein d'espoir...

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.