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Les affres blasées de Sam Soul (2)

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Aux nigauds je le déclare tout de go : l’ex-Lapon Sam Soul n’habite pas un igloo, quand bien même on entendrait les fréquents glouglous qui le réchauffent par -20°. On dit certes qu’il est un ours. Oui, mais pas polaire. Stop à la caricature ! Enfin, réfléchissons un peu (ce qui se peut faire aisément par temps de glace). Tout le saoule. Donc, tout le rend ébrieux. Donc, il aime tout et tous. Raisonnement quelque peu casuiste, mais Sam Soul ne croit en rien, donc le mot est impropre. Et l’affaire dans le sac. Reste à savoir de quoi on parle.

 

Vrai : de quel sac parlez-vous ? S’il s’agit d’un sac à malices, nous pouvons nous entendre. C’est en effet par là qu’a commencé ma plume. Je n’en crois pas moins qu’elle se grise de faux espoir, mais le moyen de contrarier cette acariâtre, je vous le demande ?

 

Sac de nœuds narratifs, plutôt, oui ! Mais des nœuds marins. Nœud lui-même, Sam Soul se fait son barda, monte à bord, hop. Pas sûr qu’on ait besoin de lui, hein ? Mais un tel pingouin ne peut qu’intéresser une mission scientifique prête à partir aux Kerguelen.

 

Lorsque le capitaine (qui est mon ami) lui a demandé quelle était sa spécialité, Sam Soul que tout saoule et dont l’éducation a été sabordée, a répondu : « Fuck ! » Ce dont s’est réjoui l’officier, car les phocidés sont populeux dans l’archipel. Il y a de quoi travailler. A les énumérer par exemple. J’ai connu un grand insomniaque qui avait fait le voyage rien que pour les compter. Aucun troupeau de moutons n’est aussi nombreux. Il y a de quoi voir arriver Morphée de loin, même en retard.

 

Sam Soul a premièrement constaté que sur ces terres arides et froides, il n’y avait pas une goutte d’alcool, sauf dans le frigo personnel et cadenassé du représentant de l’Etat. Une grande mélancolie le prit et l’on dut le rapatrier au prochain Marion Dufresne. Tout le rasait, dans les TAAF, au point qu’il en fut atteint d’alopécie. Ce fut l’unique péripétie de ce séjour raté. Encore n’est-elle vraie que pour des raisons homophoniques, absolument pas euphoriques.

 

A peine rentré, Sam Soul est venu me trouver. Désespéré. Il voulait négocier avec ma plume un dénouement immédiat. J’y étais favorable. L’idée de départ n’était pas heureuse. Le personnage non plus, par conséquent. L’auteur s’ennuie et sait que le lecteur ne suit ces lignes que par l’estime d’un préjugé – mais n’attend que le point final – ouf ! – pour s’enfuir.

 

Bon, ai-je dit. Tope là, Sam. Mais dis-moi, que vas-tu faire de ta vie ? J’eus droit à un « Ch’ais pas » inévitable. Je lui ai donc bien expliqué qu’après le récit, il n’y a rien. Plus rien. Plus de Sam Soul. On est d’accord ?

 

Il se mit à trembler. C’est l’effet de l’ivresse ? Pas si bête, l’animal : « Oui, j’en vibre ! Je vais changer. Gardez-moi avec vous. Je ne veux pas disparaître. Je ne vous saoulerai plus. Au contraire, je donnerai dorénavant de l’âme à votre récit. »

 

Et me voilà Gros-Jean comme par devant !

 

La semaine prochaine : comment je me suis débarrassé de Sam Soul.

 

Je peux le dire tout de suite – et rassurer le lecteur : en n’en parlant plus, c’est tout !

 

 

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Il n'est pas si facile que ça de se débarrasser d'un personnage qui, comme un animal confiant, espère que son histoire n'aura pas de fin ! Mieux vaut laisser des points de suspension plutôt qu'un point final. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Que de fantaisie et de trouvailles verbales agréales à suivre !

 

Par exemple, ces mots gigognes qui se suivent avec la plus grande aisance, c'est du grand art !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

Il y a 15 heures, Thy Jeanin a écrit :

je donnerai dorénavant de l’âme à votre récit. »

On reconnaîtra la victoire de Sam aux traces.

Posté(e)
Il y a 21 heures, Thy Jeanin a écrit :

Aux nigauds je le déclare tout de go : l’ex-Lapon Sam Soul n’habite pas un igloo, quand bien même on entendrait les fréquents glouglous qui le réchauffent par -20°. On dit certes qu’il est un ours. Oui, mais pas polaire. Stop à la caricature ! Enfin, réfléchissons un peu (ce qui se peut faire aisément par temps de glace). Tout le saoule. Donc, tout le rend ébrieux. Donc, il aime tout et tous. Raisonnement quelque peu casuiste, mais Sam Soul ne croit en rien, donc le mot est impropre. Et l’affaire dans le sac. Reste à savoir de quoi on parle.

 

Vrai : de quel sac parlez-vous ? S’il s’agit d’un sac à malices, nous pouvons nous entendre. C’est en effet par là qu’a commencé ma plume. Je n’en crois pas moins qu’elle se grise de faux espoir, mais le moyen de contrarier cette acariâtre, je vous le demande ?

 

Sac de nœuds narratifs, plutôt, oui ! Mais des nœuds marins. Nœud lui-même, Sam Soul se fait son barda, monte à bord, hop. Pas sûr qu’on ait besoin de lui, hein ? Mais un tel pingouin ne peut qu’intéresser une mission scientifique prête à partir aux Kerguelen.

 

Lorsque le capitaine (qui est mon ami) lui a demandé quelle était sa spécialité, Sam Soul que tout saoule et dont l’éducation a été sabordée, a répondu : « Fuck ! » Ce dont s’est réjoui l’officier, car les phocidés sont populeux dans l’archipel. Il y a de quoi travailler. A les énumérer par exemple. J’ai connu un grand insomniaque qui avait fait le voyage rien que pour les compter. Aucun troupeau de moutons n’est aussi nombreux. Il y a de quoi voir arriver Morphée de loin, même en retard.

 

Sam Soul a premièrement constaté que sur ces terres arides et froides, il n’y avait pas une goutte d’alcool, sauf dans le frigo personnel et cadenassé du représentant de l’Etat. Une grande mélancolie le prit et l’on dut le rapatrier au prochain Marion Dufresne. Tout le rasait, dans les TAAF, au point qu’il en fut atteint d’alopécie. Ce fut l’unique péripétie de ce séjour raté. Encore n’est-elle vraie que pour des raisons homophoniques, absolument pas euphoriques.

 

A peine rentré, Sam Soul est venu me trouver. Désespéré. Il voulait négocier avec ma plume un dénouement immédiat. J’y étais favorable. L’idée de départ n’était pas heureuse. Le personnage non plus, par conséquent. L’auteur s’ennuie et sait que le lecteur ne suit ces lignes que par l’estime d’un préjugé – mais n’attend que le point final – ouf ! – pour s’enfuir.

 

Bon, ai-je dit. Tope là, Sam. Mais dis-moi, que vas-tu faire de ta vie ? J’eus droit à un « Ch’ais pas » inévitable. Je lui ai donc bien expliqué qu’après le récit, il n’y a rien. Plus rien. Plus de Sam Soul. On est d’accord ?

 

Il se mit à trembler. C’est l’effet de l’ivresse ? Pas si bête, l’animal : « Oui, j’en vibre ! Je vais changer. Gardez-moi avec vous. Je ne veux pas disparaître. Je ne vous saoulerai plus. Au contraire, je donnerai dorénavant de l’âme à votre récit. »

 

Et me voilà Gros-Jean comme par devant !

 

La semaine prochaine : comment je me suis débarrassé de Sam Soul.

 

Je peux le dire tout de suite – et rassurer le lecteur : en n’en parlant plus, c’est tout !

 

 

 

 

 

Il ne disparaîtra pas complètement ce Sam s’il désire donner de l’âme au récit 😉 et c’est le lecteur aussi qui crée ce lien 🙃

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