Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Loulou love Lola

Featured Replies

Posté(e)

(à Bobby Lapointe)

 

Loulou lit là sous les lilas. Il lit là car Lola n’est pas là. D’ailleurs, il ne lit pas, il mate.

 

Motus ! Loulou mate là des motos multicylindres à ressorts pour emporter sa Lola là-bas où ses lolos luiront sous les rayons quand elle lira dans le lagon.

 

Ah ! les lolos de Lola ! Même Lulu qui n’est plus là, les aimait les lolos de Lola ! Mais c’est Loulou qui les a eus. Et pas Lulu qui n’est plus. C’est Loulou qui les a effeuillés à sa boutonnière, pas plus tard qu’hier soir dans le noir.

 

Lorsque Lola revient là, elle n’en revient pas car elle voit là sous le lilas la moto que Loulou lui a payé de ses deniers.

 

Lola saute de joie. Ce n’est pas le dernier des fauchés son Loulou qu’elle loue là sous le lilas.

 

Devant sa bicoque, Lola brouille ses yeux au plat car la moto est bien là mais pas son Loulou qui n’est pas là.

 

Elle appelle.

 

Il ne répond pas.

 

Il ne pond pas non plus.

 

Elle part sur le pont, suspendue à ses pensées susurrées et ne sait pas si son Loulou a reçu ou pas les syllabes qu’elle a lancées à son insu.

 

Lola soupire, elle aspire en spires spirituelles des restes de spiritueux tueurs pris tout à l’heure en désespoir de William, le surnom de son Loulou loufoque qui erre en meute, en meute oh ! en gros cubes incubés écumeux et écumés en carburants volatiles.

 

Loulou le loup n’est pas là.

 

Il a rameuté sa troupe pour une virée à s’enivrer, ivres et chavirés, acharnés et avariés, tous vauriens à peine voiliers, voiles sur la peau voile sur le nez, nez au vent, avance survoltée qui vocifère et vrombit du bruit qui abrutit et qui brandit son odeur de bandit.

 

Virage mal maitrisé sur la chaussée mouillée !

 

Loulou déchausse et glisse sur la glace lisse. S’enlise sous la glissière glissée là hier par sécurité. Loulou se râpe la panse tu penses, bras et jambes écartés, château de carte écartelé, puis fait le phoque dans une flaque. Ça fait flique ! ça fait floc.

 

Abattu, hébété, les abattis débité, botté, buté, un peu abruti, Loulou gît là, n’agit pas, ne réagit plus, perdu dans des pensées passées, désapées, déloquées, démantibulées.

 

Il pionce dans les ronces Loulou, flasque, schlasse, tout chiffonné, tout fichu des bottes au nez.

 

Le téléphone qui sonne assomme Lola suspendue à la voix qui lui dit que Loulou gît là-bas et cane sous sa bécane qu’une sorte de sarbacane souffla de ses arcanes.

 

Calme, Lola clame et s’exclame qu’on lui déclame l’endroit où elle doit de bon aloi se rendre prendre le pouls de son Loulou.

 

Clic ! Clac ! (Lola a peur) Prend ses cliques et ses claques, clique sa ceinture, claque dans ses doigts. S’ébroue.

 

Elle ramène son hymen Chimène, ouvre les tombeaux jusqu’à l’hosto et ventre à terre éventre le parterre de primevères, avise une patère, repère une hôtesse et la cueille vertement pour savoir où lévite son alter ego.

 

A force de questions, elle tonne et force le ton, obtient sa réponse, fonce dans les couloirs, défonce un interne terne qui mettait un terme à son temps de travail et vaille que vaille pousse la porte du nid de Loulou qui louvoie en voix et plume dans la brume.

 

Lola cajole son Loulou, l’encage, l’enrôle, l’enrobe de cérémonie, pose des baisers sur sa joue, son front, ses bajoues, son nez rond. A l’oreille, elle lui parle, l’implore de rester, implose en sanglots longs de vie, oh ! longs ! si longs !

 

Longtemps Lola tient la main de son Loulou, le maintient dans le temps, tend sa main dans le vent. Dans le silence, elle lance avec des si des résolutions, des croix de bois, des croix de fer, des nains en fer.

 

Un jour, deux jours,  dix jours.

 

Loulou, toujours dans le potage partage son âge sans ambages avec les abonnés absents. Il dort, il râle, il râle, il dort.

 

Puis un soir, espoir, Lola sent son Loulou qui bouge, qui ouvre un œil, puis deux, en referme un, puis l’autre, qui voudrait savoir où il est. Il hait l’incertitude, par habitude.

 

Lola avale ses peurs et lui révèle la moto, la glissière, l’ambulance, le coma comme ça depuis longtemps.

 

Voilà l’interne, grand duc, qui fait sa tournée. Qui est tourneboulé de déballer à Loulou qu’on va le rééduquer.

 

Loulou sue mais lève un jour un doigt, puis deux, puis trois, puis dix.

 

Un matin Loulou se lève, des cannes prennent la relève des siennes, un pied, puis l’autre, puis l’un, puis l’autre.

 

Des mois d’émois, des jours d’amour, des heures de sueur, et soudain sans dédain, le carabin qui largue les amarres de Loulou : « c’est bon, tu peux y aller ! »

 

Lola saute dans les bras de Loulou qui titube sur ses tubes. Elle va où il veut son gars. Amer, il veut la mer, il veut la plage, il veut qu’on nage.

 

Lola le sait, elle en est sûre et le susurre. Avec son Loulou de mer désormais ils vont se marée…

Posté(e)
  • Auteur

Je vais essayer de mettre un peu de sourire dans votre mélancolie de ce matin, mais ça... ça n'est pas gagné !!!

Posté(e)

Je ne suis pas sûre que ce texte soit du registre de la poésie, mais il est sans aucun doute très très agréable à lire et d'une finesse à la pointe... de Bobby bien sûr!
Bravo, je me suis régalée!

Posté(e)
  • Auteur

Effectivement, puisqu'il ne rime à rien, ce texte ne doit pas être un poème ! Mais tant pis et merci pour le compliment.

Posté(e)

j'ai adoré! merci beaucoup pour le partage!

Posté(e)
  • Auteur

Ravi de vous avoir procuré un agréable moment de lecture.

Posté(e)

Je partage les avis de Camine et Notabene. C'est un texte qui excelle dans les bons mots, les tournures, les clins d' oeil stylistiques et tout cela avec une pointe d'humour de très bon aloi. Bref, que du plaisir et un bon exercice neuronal ! 

Modifié par Invité

Posté(e)
  • Correcteur

Je salue la prouesse de ces allitérations et jeux de mots ! J'ai pensé à Devos... évidemment !

Posté(e)

Histoire sympathique, Bobby, Raymond et tous ceux qui aiment les jeux de mots. Avec vous on est servi @Papy Adgio

Merci de  dérider l'atmosphère.

Posté(e)
  • Administrateur

Comme @Féludorée, impossible de ne pas penser au grand Devos. Ce texte change quelque peu de ce que vous avez l'habitude de poster ici mais je salue l'exercice de style réussi.

Posté(e)

Merci pour ce moment de détente, cela fait du bien !.

Posté(e)
  • Auteur

Je suis vraiment ravi de vous avoir procuré un moment agréable avec, c'est vrai, un texte sur un style dont je ne suis pas coutumier. Mais il est des jours où l'âme est badine !!!

Posté(e)

Merci pour ce long moment où effectivement Lapointe et Devos clignaient de l'oeil.
Pour moi il me semble que ce serait un vrai travail, mais pour vous cela semble couler de source et vous amuser tout autant, bravo !

Posté(e)
  • Auteur

Que ça m'amuse c'est certain mais il y a tout de même quelques heures de travail... Mais quand on est oisif... ! Je suis heureux de vous avoir procuré un agréable moment de lecture et merci pour le commentaire amical.

Posté(e)

Excellent exercice qui m'a rappelé ce texte tout aussi savoureux,  dont je ne connais pas l'auteur

"Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère. De ce mariage, est né un fils aux yeux pers. Monsieur est le père, Madame est la mère. Les deux font la paire. Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d'être Lamère était Lepère. Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu'il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère. Aucun des deux n'est maire. N'étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d'impair en signant Lamère. Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire. Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère. La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils. Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s'y perd !" 🙂 

Posté(e)
  • Auteur

Bien qu'il soit tard, j'ai repris la forme pour un grand moment, merci pour ton humour et ce morceau de bravoure !

Posté(e)

Un exercice plus difficile qu'il n'y paraît, on pourrait faire " des gammes " avec des mots pour s'entraîner avant chaque poésie,

( je plaisante ! ).

Posté(e)
  • Auteur

L'idée n'est pas si mauvaise que cela !

Posté(e)

@Papy Adgio Il est tard et je vais m'endormir en souriant, merci !

@joailes C'est "la dictée qui rend fou" que tu nous sors des cartons, je crois qu'elle date de 1930 environ : c'est toi qui l'a écrite ? 😉

Posté(e)
  • Auteur

Bonjour Yguemart : il est tôt j'espère que tu as bien dormi ! Ravi de t'avoir fait sourire.

Posté(e)

@Yguemart non, je n'ai pas écrit cette perle, je n'ai pas le nom de l'auteur, j'ai trouvé ça sur un vieil almanach ... j'ai plein de trésors dans mes vieux cartons 🙂❤️ 

Posté(e)

J'ai beaucoup aimé cet exercice de style. Je pense que votre texte est à ranger  dans les jeux poétiques et peut être pas comme le souligne justement NOTABENE dans la poésie . Merci de ce moment divertissant 🙂

Posté(e)
  • Auteur

Il est vrai que je n''ai pas vraiment regardé où je laissais ce texte. Merci pour le commentaire.

Posté(e)

je ne sais pour quelle raison mais j'ai spontanément pensé à Bobby ...un grand Monsieur , alors merci monsieur pour tout le plaisir que j'ai eu à vs lire.

Posté(e)
  • Auteur

Merci. Heureux de vous avoir fait passer un agréable moment.

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.