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Fleur, ma soeur

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Ô toi, fleur, qu’as-tu de beau à me raconter ?

Une ballade, un conte infini, ton souffle s’y

Pose, au-dessus des maîtres des lieux, habités

D’une bravoure sans pareil, comme bénis

 

Par un pouvoir transcendant, un tour de magie,

Ce quelque chose, ce si étrange élément,

Nous dit à la lumière, forte et aguerrie :

« Allons enfants de la pluie, enfants des tourments,

 

Ne regardez pas en arrière, accueillez-moi ;

Sans vous promettre monts et merveilles, oh non !

Mais simplement un élan, vif et à la fois

Craintif, puissiez-vous traverser l’eau et le pont. »

 

Qu’as-tu retenu de ta vie ici-bas, loin

Des carcans, loin de ces freins imposés à tort ?

Peut-être un soupçon de brume dans tes recoins…

Une envie soudaine de sortir de ton corps…

 

Ou, que sais-je, l’interminable volonté

De toucher les étoiles du bout de tes doigts…

La peur a su t’atteindre et tu as renoncé,

Alors lève-toi et retrouve ton émoi !

 

Celui qui te guidait, depuis toujours, sans cesse ;

Là-haut est ta voie, ton chemin te crie, t’appelle,

Nul besoin de protocole, d’us et de messe,

Suis le sentier en marge de toute chapelle,

 

Et reviens-nous, guerrière de tous les combats,

Muse en furie et mélodie assourdissante,

Madone assoupie, avec pertes et fracas

La porte se referme ; la terre est glissante,

 

C’est cette pluie qui le malheur causa, traîtresse

Au cœur abandonné, de vengeance assoiffée,

Le sang coule et l’on respire cette détresse,

Celle de ployer, plier, enfin abdiquer.

 

Or, le vent s’est levé, alors on peut sentir,

Son odeur, ce parfum, sa candeur, et sa fin,

Réveillée d’un songe éternel au goût de myrrhe,

Encore enlacée de la nuit, miroir sans tain,

 

Ta sœur a mal, elle s’est perdue dans les fonds…

Cours, ma fleur, cours, défends-toi, c’est toi qui es reine

En ce territoire, en cet espace fécond,

Mais n’oublie pas, non n’oublie pas ta sœur en peine…

 

Texte protégé

Modifié par Thya

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