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Martin Lirondel

Featured Replies

Posté(e)

Aujourd’hui Martin Lirondel est très tôt à la gare. Martin est là pour acheter un billet de train. Martin est souvent là pour acheter des billets de train.

 

Le mois dernier il allait à Riomaggiore. 

Les yeux pétillants il expliquait à la dame du guichet qu’il avait trouvé un airbnb étonnant, un appartement creusé à même la roche, dans le vieux village. Il se félicitait d’avoir décidé de partir à cette époque et affirmait que le mois de mai était propice au tourisme, les touristes étant justement en grande partie absents des lieux touristiques.

Martin ne parvenait pas à contenir son émotion en comptant les euros pour payer son billet de train à composter le jour du départ.

 

Au mois de mars Martin achetait un billet pour Bruges. C’est une destination dont il avait toujours rêvé, expliquait-il à l’homme âgé devant lui, dans la file d’attente. Il ne parvenait d’ailleurs pas à s’expliquer pourquoi il avait tant attendu pour se décider à y aller. Ce n’était pas si loin après tout. 

L’homme âgé et Martin tombaient d’accord sur le fait que ce sont souvent les voyages les plus simples que l’on remet à plus tard, puis ils se demandaient si c’était parce qu’on pensait pouvoir toujours le faire à un autre moment, qu’on avait le temps.

 

Quelques semaines avant Noël, Martin s’offrait un voyage en train vers la Hollande. 

Une petite fille, à qui il souriait, lui demandait où il allait. Il lui répondait qu’il allait voir Saint Nicolas, qui était un cousin du père Noël. La petite fille ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes et Martin se sentait très important. 

Il relevait ses épaules, bombait le torse et se trouvait si grand à côté de la petite fille.

 

Aujourd’hui Martin vient d’acheter un billet de train pour Séville. Il est heureux et c’est d’un pas guilleret qu’il rentre chez lui. 

Son studio est situé à peine à quelques centaines de mètres de la gare et il pourra profiter du beau temps. 

Il fait si beau qu’il fera un grand détour pour pouvoir sentir le soleil sur sa peau un peu plus longtemps. 

Le billet est à l'abri dans son sac.

 

***

 

Martin est chez lui. Il est assis à la table du salon-salle-à-manger-cuisine-chambre et regarde son billet, acheté à la gare ce matin. 

Il le tient côté cœur. Martin est gaucher.

Cela fait près de quatre heures qu’il est assis ainsi et attend les fourmis. Les fourmis sont le signal. Quand elles arrivent, Martin sait qu’il doit se lever.

 

Il commence à faire sombre chez Martin quand les fourmis arrivent. C’est le signal. 

Martin se lève, billet en main, et allume la lampe de sol. Il fait onze fois le tour de la pièce pour chasser les fourmis puis ouvre le tiroir du buffet. 

Il en sort une brochure de voyage et un classeur turquoise-comme-les-mers-lointaines et revient s’asseoir à la table.

 

Il fait nuit dehors quand Martin finit de consulter la brochure de voyage. 

Il a pris une décision. Son prochain billet de train sera pour Prague. 

Satisfait de son choix, il ouvre le classeur. 

Le classeur de Martin est épais et presque plein. 

 

Ouvrir le classeur est un moment que Martin chérit. Il aime regarder les billets de train qu’il a achetés dans le passé. 

Ce soir il chérit ce moment un peu plus qu’hier parce que ce soir il peut ranger dans le classeur un billet de train de plus.

Avec tendresse Martin ouvre une pochette en plastique vide et y glisse le billet acheté aujourd’hui. Ses gestes sont lents. Ses yeux brillent. 

 

Il est l’heure pour Martin d’aller se coucher. Avant d’aller se brosser les dents pour la troisième fois aujourd’hui et se mettre en pyjama, Martin dit au revoir à tous ses billets de train dans le classeur. 

Ils sont si beaux ses billets neufs.

Posté(e)

Et je suis sûre que Martin paye ses billets avec de la monnaie de singe ! 😉 J'aime beaucoup cette histoire de billets non utilisés 🙂 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le voyageur en or pour la SNCF.

Posté(e)

Des tics ou des tocs ? 

Posté(e)

Une hirondelle sans ailes.

Elle est triste votre histoire.

 

Modifié par Iloa

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quoique les voyages ne fassent pas le printemps, ce Lirondel voyage dans sa tête dans bien des sens du terme! Attendrissant.

(Voilà qui me rappelle une nouvelle de SF de R. Matheson: un survivant d'une guerre atomique joue les écrivain-éditeur-lecteur, seul sur ce qu'il reste de la Terre; on ne découvre que petit à petit son manège et sa situation, grâce à un réseau d'isotopies. Cela s'intitule "Cycle de survie".)

Merci pour cette lecture!

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous pour votre voyage avec Martin Lirondel.

Le 10/06/2024 à 15:58, Diane a écrit :

Des tics ou des tocs ? 

Ou simplement un esprit différent qui sait trouver le calme dans la routine et la joie dans le rêve 😊

 

 

Le 10/06/2024 à 18:03, Thy Jeanin a écrit :

Voilà qui me rappelle une nouvelle de SF de R. Matheson

J'ai cherché et trouvé, visiblement c'est une nouvelle très courte, je vais essayer de trouver le temps de la lire, merci ! 😊

 

 

Le 10/06/2024 à 17:39, Iloa a écrit :

Une hirondelle sans ailes.

Elle est triste votre histoire.

Mais qui voyage partout dans son imagination, est-ce vraiment triste d'avoir cette capacité ?

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