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Les Nuits d'Yvernie (34)

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Posté(e)

Au milieu de la nuit, Vortimer fut réveillé par des cris d’alarme. L’ennemi était dans l’enceinte. Pris d’une rage soudaine, il rassembla ses hommes et courut au combat. Grimpés par une corde sur un pan mal gardé du rempart, où l’on trouverait plus tard un garde étrangement ivre, les meilleurs des soldats d’An Doumann, pas des mercenaires, étaient descendus dans la ville endormie et s’étaient coulés jusqu’au donjon pour y faire un carnage.

Seulement, sans en avertir qui que ce fût et mû par un pressentiment lugubre, Vortimer avait fait coucher ses hommes dans une bâtisse à proximité du donjon, dont il venait d’obtenir qu’il fût vidé de ses soldats. Au cri d’alarme des serviteurs, Vortimer n’était qu’à quelques mètres de ceux qui s’interposaient courageusement. Les soldats étrangers comprirent vite leur erreur et firent volte-face. Vortimer et les siens les poursuivirent et les taillèrent en pièces.

Pour briser le moral des assaillants, il donna consigne de jeter les têtes par-dessus le rempart. Cela fit un troisième jour, durant lequel les assauts furent timorés, notamment du côté des mercenaires qui crurent la cité défendue par un démon et qu’effrayaient les récits de ceux qui connaissaient Vortimer. L’armée qui s’étalait sur la plaine avait peut-être perdu deux cents hommes et les pertes dans la cité étaient très raisonnables. Le siège risquait fort de tourner en guerre d’usure.

Tandis qu’au crépuscule, le dernier assaut se trouvait repoussé, Yvine passa rapidement près de Vortimer, en lui murmurant un avertissement. Il affecta immédiatement ceux en qui il avait le plus de confiance à la protection de Margreg et d’Yvine. Une fois la nuit tombée, il se rendit dans la taverne qu’il savait être la plus mal famée de la ville. Comme Vortimer avait empêché que quiconque pût sortir de la cité et n’avait permis que d’y entrer, il savait pouvoir y trouver ceux qu’il venait y chercher.

 

Sous sa tente, Imrinn pestait contre les longueurs du siège et la lâcheté des mercenaires, qui menaçaient franchement de quitter son service. Avec les pertes qu’il avait faites, ça ne lui laisserait que trois cents hommes pour venir à bout de Trévar Védyne. Autant rentrer tout de suite en Yvernie. Son second ne répondit pas.

« Avez-vous un conseil à me donner ou m’êtes-vous parfaitement inutile ? tempêta-t-il.

— C’est que…

— Qu’est-ce qui ne va pas, Denbar ? » s’enquit-il, inquiété par le son de sa voix.

Une ombre paraissait se tenir tout près de son second, mais il n’y voyait rien avec ses fichus yeux.

« Denbar ?

— Silence vieil homme », fit, au creux de son oreille, la voix la plus désagréable qu’il eût jamais entendue.

Une lame ébréchée, rouillée, s’était glissée sous son menton, tenue par une main crasseuse, et une poigne de fer lui enserrait les épaules.

Denbar était dans une posture similaire et Vortimer entra tranquillement sous la tente de commandement, par la grande porte.

« J’ai toujours admiré tes talents, dit-il à l’adresse de l’homme hideux qui tenait Imrinn, mais je dois admettre que ce soir, tu te surpasses, Akherr.

— Tant que l’or coule à flot, répondit-il sobrement.

— Tu peux y compter, tranquillise-toi. »

Puis, il s’adressa à Imrinn.

 

Yvine avait été très attentive. À force d’attention, elle avait vu. Elles avaient vu, car elles avaient été toutes les quatre très attentives. Elles avaient vu partir des messagers, elles les avaient vu revenir, à certaines heures. Yvine avait su qu’en s’arrangeant pour avoir des yeux et des oreilles en plusieurs endroits de Trévar Védyne et en plusieurs étages de la Prasine, il devenait possible de voir ce qu’on voulait voir et d’entendre ce qu’on voulait entendre. Elle avait fini par apprendre ce qu’elle cherchait. En passant près de Vortimer, elle lui avait dit : « Méfiez-vous de… »

 

« Dites-moi ce que vous pouvez m’apprendre de …, demanda Vortimer à Imrinn. Je vous laisserai peut-être la vie sauve. »

Les vieillards tiennent à la vie plus que les autres, car ils sont mieux conscients d’avoir à la quitter. Imrinn parla.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Décidément Yvine et Mortimer sont très complices, ce qui laisse, on l’espère, augurer d’une plus grande proximité encore.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un récit impressionnant (cf. les têtes) et plein d'intérêt, à suivre...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vortimer confirme ses talents d'homme prudent et rusé dans un monde où la catastrophe vous guette partout!

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