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Les Nuits d'Yvernie (33)

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Posté(e)

Yvine avait retrouvé la terrasse, au sommet du donjon. Elle y passa quelque temps après le sauvetage de Vortimer, pour y ressasser ses remords. Emmitouflée dans ses fourrures, elle y lisait le livre qu’il lui avait offert. Elle regardait les plantes mourir à l’approche de l’hiver. Parfois, leurs regards se croisaient dans la grand-salle, avec, au fond des yeux, quelque chose d’un regret.

Lorsqu’elle était sur la terrasse et que la monture de Vortimer courant à travers la plaine s’arrêtait, elle savait qu’il la regardait. Ils savaient tous deux qu’ils se regardaient. Mais le cheval repartait bien vite et elle se rappelait qu’il n’aimait pas l’équitation. Il était seulement pressé par le temps. Il n’aurait pas pu la trouver pour lui parler. Elle aurait voulu lui dire de se méfier, un soir, près de la grande cheminée, mais elle se sentait sans cesse épiée.

Quand elle vit qu’il reprenait le commandement de ses hommes, qu’il s’activait partout pour pourvoir aux défenses, entraîner les moins expérimentés de ses hommes et reconnaître en personne les alentours de Trévar Védyne, elle ne fit rien d’abord, mais elle aussi se mit bientôt à l’œuvre. Sa tâche était plus simple que la sienne en un sens, mais peut-être plus dangereuse. Elle n’avait qu’à observer, être au bon endroit, au bon moment.

 

Le matin du cinquième jour après leur retour, l’armée d’An Doumann s’étala dans la plaine, en face de la cité. Ils ne prirent même pas la peine de parlementer ou d’expliquer leurs griefs. De la ligne que formaient leurs troupes bariolées, toute encombrée de gonfanons, d’étendards, de chariots, de bétail, de mercenaires et de femmes, se détachèrent quatre catapultes qui s’avancèrent en face d’un côté de muraille dépourvu de défenses et qui avait été une ancienne poterne, mal refermée par les maçons.

Les tirs commencèrent comme on fermait les portes sur les derniers paysans échappés des campagnes et jetant partout leurs grands yeux affolés.

« Ils sont bien renseignés », murmura Vortimer, debout sur le rempart.

Il ordonna à la moitié des hommes des remparts de se préparer à l’assaut du côté de cette poterne, cependant que s’avançaient les échelles. Aidés des citadins, les soldats mobilisés construisirent des goulets d’étranglement dans les rues qui jouxtaient cette poterne, pour annuler l’avantage du nombre. Vortimer avait compris d’emblée ce dont il s’agissait.

La stratégie de l’ennemi était simple : moduler le flot d’assaillants entre les échelles posées contre la muraille et la brèche qu’ils auraient bientôt pratiquée dans le mur d’enceinte, afin de déborder l’un puis l’autre côté. Cela nécessitait de sa part une estimation exacte des forces en présence durant les assauts consécutifs, ce dont Vortimer pensa charger Yvine, qui, depuis la terrasse du donjon, aurait une vue exacte des contingents mobilisés.

Tout se passa bien d’abord. Quand les catapultes eurent pratiqué une ouverture satisfaisante dans la muraille, elles s’adressèrent à un autre pan plus solide contre lequel elles demeurèrent inefficaces. Les mercenaires qui s’engagèrent, dans ce qu’ils pensaient être des rues dégagées, rencontrèrent la résistance opiniâtre de soldats de métier, assistés de bourgeois qui, du haut des toits, leur lançaient des tuiles.

Du côté des remparts, l’assaut fut repoussé, mais Vortimer pressentit que les troupes qui s’y trouvaient postées auraient plus de difficulté à tenir face aux assauts successifs de l’ennemi. Renseigné par les chiffres d’Yvine, transmis par Kairen ou Birgitt, puis par Assa, revenue de son propre chef le jour même, tandis qu’elles faisaient mine de lui donner à boire, Vortimer ajusta les effectifs, organisa la défense et prit peu de part au combat.

L’ennemi fut systématiquement repoussé le premier jour, mais dès le suivant, les choses allèrent de mal en pis. On trouva vite un puits empoisonné, des portes sabotées de l’intérieur et quelques provisions gâtées, de quoi sérieusement entamer le moral des assiégés. Vortimer dut faire garder les provisions, doubler les patrouilles, armer des citadins pour répartir convenablement ses hommes, avec un troisième point d’assaut prévu au niveau de la porte principale, qu’achevait d’entamer un bélier.

Le deuxième jour, il fallut qu’il courût plusieurs fois combattre pour aider lui-même ses hommes à repousser l’ennemi, une fois à la poterne, une fois à la porte principale, trois fois sur le rempart, qui, dégarni, présentait décidément des signes de faiblesse.

Cependant, renseigné qu’il était par Yvine, ajustant sans cesse les effectifs mobilisés çà et là, chargeant avec les meilleurs de ses hommes les points qui menaçaient de rompre, il parvint à endiguer le flot des ennemis, dont l’impatience se faisait sentir.

Le soir, en faisant son rapport à Margreg qui anticipait un repli général sur le donjon, avec l’aide de Cathbad, il supposa que l’adversaire comptait sans doute sur une reddition dès la première semaine du siège, compte tenu de la répétition des assauts, des pertes consenties par l’ennemi et de la précipitation que trahissait sa stratégie. Ce qui expliquait des forces aussi imposantes, lui dit-il, c’était sans doute qu’on ne les avait payées que pour peu de temps.

Le mécontentement, ajouta-t-il, se ferait vite sentir parmi des mercenaires engagés pour une durée limitée et qui ne parvenaient pas à pénétrer les défenses, malgré des morts nombreuses. Aussi ne manqueraient-ils pas de s’en aller, même avant le terme de leur contrat, s’ils étaient trop découragés. Cela convainquit le roi de lui laisser le commandement de l’ensemble des soldats présents dans la ville, en retardant les préparatifs du donjon.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Yvine et Vortimer unissent leurs intelligences dans la bataille. Uniront-ils enfin leurs cœurs quand la paix sera revenue?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un récit mouvementé sous ta plume parfaite !

À suivre...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Moment de fine stratégie, loin des facilités épiques.

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