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Si Reine m'était contée...

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

        «  Capitaine, tenez, pour vous distraire quelque peu : c’est un sonnet où je figure en satyre. Ce n’est peut-être pas fameux…

        - Mais fumeux, m’interrompit-il tout en lisant. Vous en sentez la morue, voire le maquereau sauris !

 

Au bout d’une poignée de secondes :

 

-         - Dites-moi : où sont passées vos cornes ?

-           - Capitaine, allons ! N’allez pas me croire la queue fourchue !

-          - Je n’ai pas cette curiosité. D’ailleurs, rien ne me surprend plus dans ce monde dont j’ai, apprenez-le, la même vision génésique que les cathares.

-            - ?

 

Son œil venait de s’allumer, sa mine s’empourprait.

 

-           - Selon eux, le monde a été créé par Lucifer.

-           - Tant mieux, si celui-ci mérite le nom dont on l’a affublé - puisqu’il « porte la lumière ».

-           - Méfiez-vous des fausses lueurs d’espoir. En vérité, tout est noir et le trou noir nous attend qui est une flambée de lumière.

 

Il relut mon poème, planta ses yeux sur mon front et éclata de rire.

 

-           - On vous a eu ! souffla-t-il. En guise de cornes sataniques, les vôtres ne sont que les modestes débuts de saillie d’un satyre, morveux !

-           - Capitaine…

 

Il m’interrompit :

 

-         -   Je ne vois dans ce texte que le travail à demi sublimé de votre libido. On n’est pas vraiment chez Aphrodite, plutôt chez Pan.

 

Il porta ses index dressés à ses tempes :

 

-           - Chez Pan-Pan le ‘tit lapin, plus exactement !

 

Nouvel éclat.

 

Je songeai, revanchard.

 

-           - Capitaine, n’avez-vous jamais aimé personne ?

-           - Si. Reine. Elle a régné sur ma toile de marin. Trop longtemps.

-           - Cette histoire sent le soufre autant que l’idée albigeoise de la naissance démoniaque du monde, ricanai-je.

-           - Oui, mais j’ai un alibi : je suis né à Albi.

-           - De quoi cela vous innocente-t-il ? demandai-je.

 

Il se leva.

 

-           - Cela me dispense de me faire exorciser, lança-t-il. Tandis que vous-même en avez fort besoin.

-           - A part le démon de Socrate, capitaine, je ne suis hanté de rien. Détrompez-vous donc.

-           - Allons rassurez-vous : cela peut se faire dans la minute. J’ai là un flacon d’eau bénite, sous la main.

 

Il sortit de sa poche une fiole d’eau de vie (90°).

 

-           - Tenez. Rincez-vous. Puis dites : amen.

-           - Amène ! fis-je.

-          - Amène, je le suis bien assez pour vous supporter. Je me souviens trop bien comme il a fallu corner dans la brume quand vous conduisiez votre satané rafiot droit sur Charybde et Sylla…

-          - Vous étiez à bord, il est vrai.

-           - Jamais auparavant on ne m’avait pareillement mené en bateau ! J’en étais médusé.

-           - Je venais juste de me monter le mien et j’en ai, vrai, mésusé.

-           - Le problème est qu’il était hanté. Par des Hollandais tous plus fous les uns que les autres !

-           - C’est que j’aimais, capitaine : Senta.

 

Je méditais un moment ses précédents aveux.

 

-           - Permettez-moi, dis-je. Quel fut l’écueil qui vous fit abandonner le navire de vos amours ?

 

Il retira sa casquette et fit la moue.

 

-           - Bah ! gémit-il. Elle n’était guère mûre, Reine. Et vorace avec ça ! Mais le temps a passé, ajouta-t-il, et je m’en tape le coquillard ! »

 

J’en demeurai muet comme une carpe.

 

 

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Moralité : carpe diem ! 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J’aurais bien aimé lire le sonnet. Le texte fourmille de références des cathares au Hollandais Volant, dans un joyeux délire. On en redemande.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un personnage récurrent au coeur d'une superbe envolée de l'inspiration !

Posté(e)
Il y a 17 heures, Thy Jeanin a écrit :

 

        «  Capitaine, tenez, pour vous distraire quelque peu : c’est un sonnet où je figure en satyre. Ce n’est peut-être pas fameux…

        - Mais fumeux, m’interrompit-il tout en lisant. Vous en sentez la morue, voire le maquereau sauris !

 

Au bout d’une poignée de secondes :

 

-         - Dites-moi : où sont passées vos cornes ?

-           - Capitaine, allons ! N’allez pas me croire la queue fourchue !

-          - Je n’ai pas cette curiosité. D’ailleurs, rien ne me surprend plus dans ce monde dont j’ai, apprenez-le, la même vision génésique que les cathares.

-            - ?

 

Son œil venait de s’allumer, sa mine s’empourprait.

 

-           - Selon eux, le monde a été créé par Lucifer.

-           - Tant mieux, si celui-ci mérite le nom dont on l’a affublé - puisqu’il « porte la lumière ».

-           - Méfiez-vous des fausses lueurs d’espoir. En vérité, tout est noir et le trou noir nous attend qui est une flambée de lumière.

 

Il relut mon poème, planta ses yeux sur mon front et éclata de rire.

 

-           - On vous a eu ! souffla-t-il. En guise de cornes sataniques, les vôtres ne sont que les modestes débuts de saillie d’un satyre, morveux !

-           - Capitaine…

 

Il m’interrompit :

 

-         -   Je ne vois dans ce texte que le travail à demi sublimé de votre libido. On n’est pas vraiment chez Aphrodite, plutôt chez Pan.

 

Il porta ses index dressés à ses tempes :

 

-           - Chez Pan-Pan le ‘tit lapin, plus exactement !

 

Nouvel éclat.

 

Je songeai, revanchard.

 

-           - Capitaine, n’avez-vous jamais aimé personne ?

-           - Si. Reine. Elle a régné sur ma toile de marin. Trop longtemps.

-           - Cette histoire sent le soufre autant que l’idée albigeoise de la naissance démoniaque du monde, ricanai-je.

-           - Oui, mais j’ai un alibi : je suis né à Albi.

-           - De quoi cela vous innocente-t-il ? demandai-je.

 

Il se leva.

 

-           - Cela me dispense de me faire exorciser, lança-t-il. Tandis que vous-même en avez fort besoin.

-           - A part le démon de Socrate, capitaine, je ne suis hanté de rien. Détrompez-vous donc.

-           - Allons rassurez-vous : cela peut se faire dans la minute. J’ai là un flacon d’eau bénite, sous la main.

 

Il sortit de sa poche une fiole d’eau de vie (90°).

 

-           - Tenez. Rincez-vous. Puis dites : amen.

-           - Amène ! fis-je.

-          - Amène, je le suis bien assez pour vous supporter. Je me souviens trop bien comme il a fallu corner dans la brume quand vous conduisiez votre satané rafiot droit sur Charybde et Sylla…

-          - Vous étiez à bord, il est vrai.

-           - Jamais auparavant on ne m’avait pareillement mené en bateau ! J’en étais médusé.

-           - Je venais juste de me monter le mien et j’en ai, vrai, mésusé.

-           - Le problème est qu’il était hanté. Par des Hollandais tous plus fous les uns que les autres !

-           - C’est que j’aimais, capitaine : Senta.

 

Je méditais un moment ses précédents aveux.

 

-           - Permettez-moi, dis-je. Quel fut l’écueil qui vous fit abandonner le navire de vos amours ?

 

Il retira sa casquette et fit la moue.

 

-           - Bah ! gémit-il. Elle n’était guère mûre, Reine. Et vorace avec ça ! Mais le temps a passé, ajouta-t-il, et je m’en tape le coquillard ! »

 

J’en demeurai muet comme une carpe.

 

 

 

 

 

Mais quelle imagination ! 😉 si c’est une suite , je prends cela comme c’est écrit avec ce trait d’humour et de raillerie que je perçois au travers de votre texte Thy Jeanin.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Le sonnet est encore sur l'Ombre de nos vers. Le capitaine a l'esprit caustique, en effet. Je crois qu'il a avalé trop de sel au cours de ses pérégrinations.

Posté(e)
Le 17/01/2024 à 19:31, Thy Jeanin a écrit :

Elle n’était guère mûre, Reine

La reine-claude???? c'est vrai que pas mûre elle est assez coriace!

Merci @Thy Jeanin pour toujours ces jeux de mots qui me font sourire.

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