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Accents poétiques

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Deux sacs de cuir

Featured Replies

Posté(e)

 

Je ne supporte ni les blonds ni les bruns
je défragmente les mots morts
les mots tressés
la musique diluée dans le ciel à peine brouillé

Je ne suis pas en colère d'être comme cette eau
l'abstraction du manque
derrière la Cour Carrée au-dessus du banc il y a des pas qui dansent
des plaques de marbre dans le dos
la voix cérémonieuse en hauteur rit les entrechats photographiés

Je compte les intervalles
l'étonnement de l'œil
la soif de la langue
on ne pénètre pas le corps sur un banc
on attend les contours de l'horloge
la verticale de l'heure dans un lieu nommé chambre

Murs tendus nous n'y possédons rien
juste la peau au cœur d'années éphémères
la sentence entre deux musées
roule chaque nuit la pendaison

Jouissive vérité d'un long trajet entre Paris et les livres
jonchent le sol
je serai la première à fermer les messages
à taire le crayon

Je ne peux m'empêcher de lire la peau et ses traits 
je ne peux m'empêcher de gommer les histoires inventées
Où vont-elles dans le roman qu'on ne lit pas ?
Où vont les livres qui n'existent pas au travers du mutisme ?
Ils écrasent mon œil
m'emportent à la cave où perle la nuit

J'ai soif des aiguilles où se couche l'oubli
du sang que nous avons mêlé dans le même tricot
de la tresse au fond des draps
veine ouverte au même rythme
nous nous y sommes enfoncés

C'est la nuit des mots à jamais
ce sont des verges qui se dressent dans la pénombre
alors que le monde dort on s'entend respirer

Sur le banc c'est l'empreinte des talons
les bras tendus comme l'oiseau cherche l'air
la mer et son sommet
 

71220316.jpg

Posté(e)
  • Administrateur

Selon moi, sans doute un des poèmes les plus puissants posté ici de ta part Myrtille...

Je serais très étonné que tu ne récoltes que mon coup de cœur.

Posté(e)

Je confirme le propos d'Eathanor. C'est très beau. On est littéralement absorbé par le texte. 

Posté(e)
Il y a 5 heures, Myrtille a dit :

J'ai soif des aiguilles où se couche l'oubli
du sang que nous avons mêlé dans le même tricot
de la tresse au fond des draps
veine ouverte au même rythme
nous nous y sommes enfoncés

Cette strophe m'a particulièrement interpellée ... J'aime ton écriture, l'ai-je déjà dit ? 

Posté(e)

Cette écriture épurée qui va droit au coeur, @Myrtille, comment dire.... c'est une merveille!
(je n'ai plus de petits coeurs mais j'essaierai de revenir, ce poème en mérite vraiment un)

Posté(e)
  • Correcteur

J'ai lu et relu à plusieurs reprises ton poème qui se marie si bien avec cette superbe photo. Et pourtant, je ne trouve pas les mots pour dire combien ton poème m'interpelle... Sans doute les thèmes du temps, des livres (lecture, écriture) et du corps y sont-ils pour quelque chose. 

Posté(e)
Il y a 14 heures, Myrtille a dit :

J'ai soif des aiguilles où se couche l'oubli
du sang que nous avons mêlé dans le même tricot

 

J'aime particulièrement ces deux vers...

 

Étrangement, après vous avoir lu, j'ai cru voir un cercueil et non un banc 😉

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