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Les Nuits d'Yvernie (24)

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Posté(e)

Le lendemain, en dépit des espoirs de Vortimer, Margreg favorisa le projet de la reine.

« Et comment ! Qu’elle y retourne ! »

Il continua d’encourager ce départ et détailla les ordres qu’il donnerait pour le précipiter. Vortimer était au désespoir de voir combien Yvine avait eu raison. Sa beauté n’était qu’une raison supplémentaire de la haine que lui vouait le roi, qui s’ajoutait à la crainte que l’on découvrît sa stérilité et à l’impuissance que laissait supposer la non-consommation de leur mariage.

En effet, Vortimer devina dans ce que lui disait le roi qu’Yvine était restée fidèle à son premier amour. Il ne s’était pas douté de l’abîme qui séparait les deux époux. Comme le roi finissait, il ajouta, en regardant son capitaine dans les yeux :

« Si d’aventure il lui arrivait quelque accident lors de la traversée, je n’en serai pas fâché.

— Sire, vous m’avez dit que vous vous moquiez bien qu’elle reste en vie, articula soigneusement Vortimer, dont les poings se crispaient et qui faisait des efforts pour se maîtriser.

— En effet. Seulement, j’ai demandé une répudiation à l’évêque en arguant de sa stérilité et sa réponse tarde à venir. Ne te sens obligé de rien, nuança Margreg, mais si l’occasion se présente… Je finirai bien par obtenir cette séparation de toute façon. Assure-toi seulement qu’elle ne revienne pas. »

Le roi donna ses instructions et fit avancer leur départ.

Yvine en fut désolée, quoiqu’elle le souhaitât vivement, car elle partageait le bonheur d’Assa qui prenait soin de sa fille, Eiryna. « Comme tu voudras » lui avait dit Vortimer, quand elle lui avait proposé ce prénom, car la petite était née depuis déjà une semaine et il ne s’était inquiété de rien.

Assa ne tenait pas rigueur à son époux de sa maladresse et voyait de mieux en mieux quels sentiments renfermait ce cœur insolite, sentiments qui lui échappaient par ses regards, ses gestes et sa voix bien mieux que par ses paroles et qui le surprenaient lui-même comme étrangers à son tempérament, alors qu’il n’en était rien.

Il se passa quatre jours heureux qui dissipèrent, temporairement, le chagrin de la reine quant à la perte de son fils. Yvine et Assa s’activaient autour de l’enfant, lui chantaient des chansons, admiraient la petitesse de ses membres et s’extasiaient de sa beauté.

Vortimer n’était jamais loin d’elles et profitait de ce que leur attention était concentrée sur Eiryna pour admirer la reine tout à loisir. Il se consolait ainsi de son absence à venir, quoiqu’il dût l’accompagner en Yvernie. Il cherchait à garder en mémoire le moindre détail de son apparence et de sa voix, mais c’était bien inutile, car il aurait été bien en peine de rien oublier d’elle.

Il envisageait douloureusement le silence de son existence privée d’Yvine. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de considérer Assa avec plus de douceur qu’il n’avait fait jusqu’alors, depuis ce que la reine lui en avait appris. Et bien que nul encore ne se rapprochât moins que lui d’un bon père, il prenait l’habitude de se dire intérieurement « ma fille » lorsqu’il voyait Yvine la tenir dans ses bras.

Il se disposait progressivement à prendre soin de son épouse et de sa fille comme de la dernière chose qui le rapprocherait de la reine, lorsqu’elle l’aurait quitté pour jamais. Les deux époux ne s’entendaient pas mal et, insensiblement, il s’était attaché à sa femme comme à une personne de confiance.

Enfin, il en vint à dormir auprès d’elle par un mouvement naturel qui dut moins, cette fois, au désir qu’il en éprouvait qu’à un sentiment vague de communauté et de familiarité, à un besoin de proximité qu’il ne connaissait pas et qui préludait chez lui au sentiment familial qu’il n’imaginait pas, parce qu’il y avait peu goûté.

Cette intimité quotidienne, qu’il découvrait pour la première fois, n’était pas sans charmes, mais n’était pas non plus sans inquiétudes. Tandis que le départ d’Yvine se rapprochait, Vortimer s’alarma de ce qui pouvait arriver à sa femme et à leur fille en son absence.

Il finit par demander à Assa de faire ses adieux à Yvine la veille de ce départ. Les deux femmes s’embrassèrent avec effusion, comme deux sœurs qui se quitteraient pour toujours. Au soir, comme elle arrangeait ses affaires, elle recommanda la prudence à son époux. Après quelques recommandations générales, elle en arriva à ce qu’elle voulait lui dire.

« Fais bien attention. Surtout, surveille-toi. On voit trop combien tu l’aimes. Cela pourrait vous nuire. Quoiqu’il arrive, j’espère que tu en garderas un peu pour moi, de cet amour extraordinaire. »

Vortimer ne savait que répondre. Il lui semblait que sa femme lui parlait une langue étrangère et, dans le même temps, il lui semblait entrevoir nombre de choses qu’il n’avait jamais bien comprises, ni même admises. Dans la nuit, Assa et Eiryna disparurent à leur tour, comme Léagaïba avait disparu, ce qui n’excita guère de rumeurs.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Toute la question est de savoir si l’amour de Vortimer pour Yvine est réciproque. Reste-t-elle attachée au père de son fils? J’ai hâte de connaître la suite.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Moi aussi, les épisodes se succèdent sans que l'intérêt ne retombe d'un poil.

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