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Accents poétiques

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Enfouis dans un coffret rouge (2)

Featured Replies

Posté(e)

Il vente. J'invente. 

Il pleut ... je tente !

Il fait si froid 

sans toi ... 

 

C'était un soir d'hiver dans l’Antarctique et il faisait si froid que même les manchots avaient les mains glacées.

Nul ne parlait de peur de laisser pénétrer le gel entre leurs lèvres gercées.

L'endroit était étrange, j'en conviens ; entre beauté blanche et idées noires,on eût dit un immense piano posé sur une patinoire.

Adélie vivait là, elle n'avait pas dû choisir l'endroit ou alors elle était folle.

Toujours emmitouflée dans des fourrures au parfum entêtant, disait-on, nul n'avait jamais vu son visage.

C'est là qu'on m'envoya en reportage à l'hiver mille neuf cent cinquante six.

Je n'étais pas vraiment enchantée, je dirais même plus, j'étais carrément à la limite de démissionner mais je relevais finalement le défi.

J'allai avec une collègue de travail la plus bavarde (elle pourrait témoigner plus tard) acheter du matériel pour cette épopée qui me faisait déjà froid dans le dos.

 

Chacun y alla de son petit compliment lors d'un apéritif d'adieu et je me rengorgeais entre deux gorgées de vodka.

Le directeur lui-même, peu habitué aux soirées mondaines, vint me féliciter de ma décision.

 

Mais avais-je décidé quelque chose ?

 

Je n'étais pas dupe au fond, mais je défroissai ma jupe et pris un air modeste qui convient dans ce genre de situation, comme me l'avait enseigné mon oncle Oreste qui était si souvent parti.

Pour aller de l'avant il ne faut jamais dire non, disait-il … après, tu vois

 

Bref, où en étais-je ?

 

Ah oui, je venais d'arriver et le décalage horaire m'avait plutôt troublée ; avant que de rentrer dans l'igloo qu'on m'avait aimablement loué malgré le manque de Airnnb* dans la région, je fis plusieurs photos du paysage en pleine désolation et enregistrai le silence sur mon magnétophone, ce qui représente, vous en conviendrez, un exploit, avec trois paires de moufles et une chapka épaisse comme l’œuvre de Victor Hugo.

Je rencontrai deux hérissons et un engoulevent hilares qui me prirent, de toute évidence, pour un pigeon.

On pourrait croire qu'ils avaient raison si on ne va pas au bout de l'histoire !

 

Le modernisme de l'igloo m'épata et quand j'allumai à fond le poêle, des glaçons tintèrent dans mon verre, offert par le propriétaire en guise de bienvenue. (lui non plus, je ne l'ai jamais vu)

En appuyant sur différents boutons, c'était magique, je pouvais avoir de la musique, et notamment celle d'Adélie.

Je ne l'avais jamais entendue auparavant et j'avoue qu'elle m'envoûta et me permit d'écrire quelques lignes, tout au fond de mon lit en pyjama de flanelle.

Plus il fait froid, plus le ciel est pur et quand je retrouvai mon oncle Oreste, au square du coin le lendemain, il me félicita c'est la dernière fois que tu me vois, dit-il … tu peux aller, maintenant, de tes propres ailes.

J'en fus un peu triste, c'était si bon de se laisser bercer …

Mais je me devais de suivre sa piste et je m'envolai. 

 

La semaine d'après, je ne fus pas en reste : j'apportai mon reportage et je reçus les louanges de toute l'équipe du journal ; le directeur avait convoqué la presse.

Tu as tellement bonne mine, me dit Eglantine, avec presque de la jalousie dans la voix.

Au départ, nul ne voulait partir et moi non plus d'ailleurs ; mais quand on en revient, chacun se dit qu'il aurait pu le faire …

 

Grâce à l'oncle Oreste, je n'ai pas bougé de chez moi chut, c'est un secret et pourtant j'ai écrit comme si j'y étais allée.

 

Adélie m'envoya une longue lettre pour me remercier de ma visite et ça m'a beaucoup touchée ; nous ne nous sommes jamais vues mais on est resté très amies.

Le soir, dans ma cabane d'un autre pôle, plus vers le sud, je me dis que j'extrapole, que j'ai rêvé, encore trop dormi.

L'histoire se termine, je n'écris pas que ce soir Adélie vient d'arriver chez moi, qu'elle s'est déshabillée et que j'ai vu son visage.

Elle rit, se sent légère et dans ses prunelles fondent les congères.

Alors je lui raconte l'oncle Oreste Pour aller de l'avant il ne faut jamais dire non, disait-il … après, tu vois

Comme il avait raison !

J'ai pas dit non. Elle non plus.

Alors on a écrit un journal à quatre mains ; elle parlait tout aussi bien du soleil sur les vignes que moi du froid de ses silences et nul n'a jamais su la vérité.

On a gagné, on a dit oui et puis les mots nous ont suivies.

 

La solitude a du bon pour tout un tas de raisons.

J'ai deux éclairs au chocolat et ils sont tous les deux pour moi.

Mais pour plier les draps … à deux, c'est mieux !

Alors j'invente une Adélie qui fait mon lit. 

(joailes ----) 18 décembre 2023

 

Airnnb* : abréviation fantaisiste de l'anglais "air bed and breakfast" ( matelas pneumatique et petit déjeuner) nom inventé par les deux créateurs du concept, Brian Chesky et Joe Gebbia, en 2007.

Modifié par Joailes

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Adélie ou Adélire?

Du reste, Oreste n'est pas en reste!

Il y a 15 heures, Joailes a écrit :

Mais je me devais de suivre sa piste et je m'envolai.

Ainsi apparurent deux ailes à Joailes! Un scoop! 

 

Il y a 15 heures, Joailes a écrit :

Airnnb*

Je n'ai pas trouvé dans quelle congère est tombée la note correspondant à l'astérisque... 😶

En tous cas, ton imagination poétique ne gèle jamais: félicitations!

Posté(e)
  • Auteur

Oups ... un oubli impardonnable ! 🙂 que je vais rectifier, merci @Thy Jeanin !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

En vous lisant @Joailes, j’ai eu une pensée pour l’épouse de Dumont d’Urville, grand navigateur, morte avec lui et leur fils de quinze ans dans la première catastrophe ferroviaire de l’histoire à Meudon en 1842.

Posté(e)

Comme il est bon de ne jamais rester seule et lorsqu'on a votre imagination chère @Joailes il doit être facile d'être deux, voire trois parfois et si vous allez jusqu'à 4 vous pourrez aussi passer vos soirées à jouer aux tarots!!!!

Merci pour cette "Adélie" qui met l'eau à la bouche (c'est la marque de glace de mon hypermarché)!!!!😉😄

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