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Les Nuits d'Yvernie (20)

Featured Replies

Posté(e)

Le plus dangereux était Cathbad. Vortimer s’étonnait que ce vieillard veuille se garantir le pouvoir dans vingt ans. Selon lui, il avait fort peu de chances de vivre jusque là. Ou peut-être avait-il un successeur sous la main dont il souhaitait préparer l’avènement en préservant son influence.

Vortimer aurait pu discuter avec Cathbad, mais il y renonça immédiatement. Il était clair que le prêtre pensait tous ses concurrents potentiels aussi avides de pouvoir qu’il l’était lui-même. Le confesseur du roi était devenu par le fait son premier ministre. En désignant Vortimer comme héritier, le roi avait renforcé sa position à la cour ainsi que son influence, ce qui faisait de lui un ennemi d’autant plus redoutable pour Cathbad que les deux hommes s’appréciaient peu.

En ramenant Yvine, Vortimer s’était désisté en faveur de la progéniture de Margreg, mettant fin à cette rivalité en laissant l’avantage au prêtre. Il avait malheureusement ignoré la stérilité de son roi qui envisageait de recourir à son capitaine pour lui en fournir une.

Yvine étant devenue incapable de participer à ce projet, elle devenait par là-même un obstacle à sa réalisation. Il fallait soit la remplacer, c’est-à-dire « s’en débarrasser » d’abord, puis la remplacer, soit fournir rapidement une descendance à Margreg.

Le fils d’Yvine, notoirement illégitime, aurait à terme affaibli l’autorité du pouvoir dynastique, ce pourquoi Margreg n’en avait pas voulu. L’adoption d’un enfant devait permettre à Vortimer de se soustraire au service que lui avait demandé le roi et qui faisait courir tant de risques à la reine.

Elle permettrait de contourner la stérilité du roi, ainsi que le besoin d’une naissance légitime et, enfin, la rivalité avec le prêtre, dont Vortimer ne voulait pas. Elle n’était pas complètement satisfaisante, car la légitimité d’un fils adoptif serait tout de même moindre que celle d’un fils présenté comme naturel.

Cependant, la paternité de Vortimer ne devrait pas poser problème au prêtre, puisqu’en réalité, elle ne lui assurait pas davantage de contrôle sur le pouvoir, surtout si le roi se chargeait dès l’enfance de ce fils adoptif, plus encore s’il en confiait l’éducation à Cathbad, ce que Vortimer comptait bien suggérer à son roi.

Parfois, Vortimer envisageait tout simplement d’enlever la reine, de s’enfuir avec elle. Mais quelle apparence y avait-il qu’elle voulût le suivre ! Et quelle vie ce serait pour elle que celle d’une fugitive ! Vortimer gardait d’ailleurs trop de fidélité pour Margreg et son imagination s’arrêtait bien vite. Il était plus sage de servir Yvine à la cour de son époux, tant que la situation n’était pas désespérée.

 

Yvine demeurait dans ses appartements où elle se remettait de ses couches, assistée d’Assa.

Vortimer commença de préparer avec Cathbad son ambassade au royaume d’An Doumann. Des courriers s’échangèrent entre le prêtre et Imrinn pour garantir le respect des traités déjà conclus.

Léagaïba avait disparu de la cour. Personne ne s’en inquiéta. Ses fugues étaient fréquentes. On la disait partie en pèlerinage ou retournée quelques jours dans sa famille. On lui soupçonnait quelque attachement avec un ancien seigneur de Bernica. Certains disaient qu’elle était retournée voir son maître, un ermite qui vivait solitaire sur une montagne et que les puissants consultaient en désespoir de cause. D’autres enfin prétendaient qu’elle entretenait ses amours, aussi étonnant que pût paraître l’idée que la folle fût aimée.

 

La convalescence d’Yvine se prolongea. Personne ne s’en inquiéta que Vortimer, tant la disgrâce de la reine auprès du roi était certaine pour les gens de la Prasine. Son absence pesait au chevalier et il était impatient de la revoir. Il en vint à passer régulièrement devant la porte de sa chambre pour en savoir des nouvelles, mais la reine était pratiquement abandonnée de ses femmes et la porte restait fermée.

Derrière, il n’entendait qu’Assa qui fredonnait ses vieux airs. Il devinait Yvine malheureuse, mais il ne savait que faire pour soulager sa douleur. On lui avait pris son enfant. Non. c’était lui-même ! Lui-même lui avait pris son enfant. Vortimer avait beau réfléchir, il ne parvenait pas à s’imaginer la tristesse d’Yvine.

Que faire pour l’en sortir ? Il fallait qu’elle voie les jardins de la terrasse et la mer qui charmaient d’ordinaire sa solitude, mais elle refusait apparemment de quitter sa chambre. Quelques idées lui vinrent, il les mit en pratique. Il guetta d’abord les heures où Assa entrait et sortait de la chambre de la reine, s’assura qu’elle était régulière.

Il paya un barde qui chanta tout un matin des chansons d’Yvernie. Une nuit, il entra en tremblant et déposa des lys qu’il avait mises en pot et qui venaient d’éclore. Une autre fois, ce fut un couple de tourterelles encagé. Enfin, il déposa, sur un meuble, un exemplaire illustré de l’Énéide qu’il avait fait venir tout exprès d’un monastère découvert sur une île perdue, quelques années auparavant, lors d’une tempête.

Dans ces expéditions nocturnes, il n’osait respirer, n’osait même regarder vers le lit où dormait la reine et sortait bien vite, sans faire de bruit. Une fois, il eut l’impression qu’elle l’avait appelé par son nom, mais il avait dû rêver.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

De plus en plus prenant! Machiavélisme et angélisme se conjuguent dans cette palpitante narration.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Hormis les questions de succession, la situation évolue plutôt favorablement et devrait à terme rapprocher Yvine et Vortimer, mais les souhaits du lecteur seront-ils exaucés?

Posté(e)

Je me suis u n peu perdue dans les dédales de la succession, mais je suis toujours happée par le romanesque de l'histoire.

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