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Réflexions (6)

Featured Replies

Posté(e)

Un matin, au moment de sa toilette, alors que Victor procédait à l’opération de rasage quotidienne, il eut, ce qu’il appela sur le moment, une « absence ». Dans la salle de bain, posté devant la glace fixée au-dessus du lavabo, il en était au rasage du cou. Il utilisait pour ce faire un rasoir au manche en corne, pourvu d’un support pour une lame qu’il changeait deux fois par semaine. Il aimait sentir glisser la lame sur sa peau préalablement enduite d’un mousse au léger parfum de santal. Ce matin-là le rasage durait, s’éternisait, sans que Victor ne s’en rendît compte. L’alarme qu’il avait enregistrée sur sa montre pour lui indiquer l’heure de quitter la maison se mit brusquement à sonner quand il s’aperçut qu’il passait et repassait le rasoir au même endroit. La peau de son cou était marquée, rouge, sur une bande d’un centimètre sur trois, au niveau de la jugulaire. Il y avait des éraflures bien visibles, qui commençaient à picoter. Deux ou trois gouttes de sang perlaient çà et là. Le surlendemain, le même incident se reproduisit. Victor prit donc la décision d’aller consulter un médecin. Ce dernier lui fit passer une batterie d’examens et finit par déclarer :

« Monsieur, tout est parfaitement normal. Vous devez être un peu fatigué. Prenez quelques jours de vacances et tout ira bien. »

 

Quelques temps plus tard, alors qu’il était face au grand miroir de l’entrée pour redresser son nœud de cravate pour une mise impeccable, comme à son habitude, il avait été comme hypnotisé par son reflet. Seulement, cette fois-là, son image s’était mise à « danser », dans la glace. Un mouvement d’abord lent, comme une ondulation douce et sournoise à la fois, s’était emparée de ses traits. Et de seconde en seconde, le mouvement se faisait plus rapide. D’un point fixe, un peu en arrière, partait une lumière qui se diffusait en une spirale dévorante. D’abord intrigué, et pensant qu’il s’agissait d’une ombre projetée par une des figures ornant le cadre, Victor avait prêté peu d’attention au phénomène. Mais le mouvement s’accentuant et ses traits s’en trouvant de plus en plus déformés, il chercha à comprendre la cause physique de ce qui se passait. Puis il prit peur. Pendant que son attention était entièrement captée par le jeu de lumières mystérieux, il serrait son nœud de cravate, sans discontinuer, sans vouloir s’arrêter, sans pouvoir mettre fin au supplice qu’il était en train de s’infliger à lui-même. Il étouffait. Il s’étranglait. Son teint était devenu cramoisi, quand un coup de sonnette annonçant le passage du facteur le tira de ce mauvais pas.

Victor avait essayé de trouver des explications rationnelles à ce qui s’était passé devant le miroir, se disant qu’il devait être fatigué, ou obsédé par un dossier. Puis il s’était efforcé d’oublier l’incident. Toutefois, il avait renoncé, à partir de ce jour-là, à porter de belles cravates dont il faisait lui-même le nœud. Il avait constitué dès le lendemain, un stock de cravates nouées et montées sur élastique.

(À suivre)

Posté(e)

Sans beaucoup plus m'étaler dans un de mes habituels commentaires trop longs (post-scriptum : alors, je l'ai écrit, il le sera, finalement), j'ai été très surpris par votre travail. Je ne sais pas encore où se dirige votre nouvelle et c'est très agréable, le suspense et l'attente, la joie jubilatoire de découvrir la suite, sont présent.s

Je ne m'attendais certainement pas à cette note de fantastique (peut-être mes premières amours littéraires ?). Aussi ne tenterais-je plus de comparaison vaine, même si la comparaison avec Dorian Gray (émise par Thy Jeannin sous une partie précédente) fait forcément sens, tout comme cela rappelle naturellement des récits comme La Peau de Chagrin.
(Bon et même si j'ai dit que je ne citerai pas d'auteur et ne ferai plus de comparaisons, je ne peux pas m'empêcher, cela m'évoque également, comme des échos, des fonds culturels qui résonnent en moi, Faust, Gogol et Mérimée, avec ce personnage pour qui l'irruption du surnaturel n'est que l'expression d'une psyché. Il y a aussi des touches insaisissables et que je ne saurais vraiment définir d'Allan Poe et même, sans trop comprendre pourquoi, les enfants de la Haute-Mer de Supervielle, alors qu'à part les éléments légèrement fantastiques, vos textes ne pourraient être plus éloignés dans le style.)

Cependant, le point que je voudrais mettre en avant ici et que j'avais déjà évoqué très rapidement sous votre première partie, c'est votre style, véritablement limpide et très engageant. Cette clarté et précision dans la langue est rare et témoigne d'une grande maîtrise dans le récit mais également dans la compréhension de l'esprit du lecteur : vous évoquez avec aisance et fluidité des images en nous, sans jamais que la lecture soit appesantie par une description superflue ou un détail manquant.
C'est donc vraiment un plaisir à découvrir et on sent que votre prose est travaillée, lissée et aboutie. Je n'ai pas eu le sentiment de lire, j'étais dans le texte.

Je vous remercie donc pour cette lecture, dont j'attendrai les prochains épisodes avec impatience.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une histoire fantastique effectivement parfaitement menée et qui devrait mal se terminer, s’il y a une morale.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 15 heures, H. Mériadec a écrit :

Sans beaucoup plus m'étaler dans un de mes habituels commentaires trop longs (post-scriptum : alors, je l'ai écrit, il le sera, finalement), j'ai été très surpris par votre travail. Je ne sais pas encore où se dirige votre nouvelle et c'est très agréable, le suspense et l'attente, la joie jubilatoire de découvrir la suite, sont présent.s

Je ne m'attendais certainement pas à cette note de fantastique (peut-être mes premières amours littéraires ?). Aussi ne tenterais-je plus de comparaison vaine, même si la comparaison avec Dorian Gray (émise par Thy Jeannin sous une partie précédente) fait forcément sens, tout comme cela rappelle naturellement des récits comme La Peau de Chagrin.
(Bon et même si j'ai dit que je ne citerai pas d'auteur et ne ferai plus de comparaisons, je ne peux pas m'empêcher, cela m'évoque également, comme des échos, des fonds culturels qui résonnent en moi, Faust, Gogol et Mérimée, avec ce personnage pour qui l'irruption du surnaturel n'est que l'expression d'une psyché. Il y a aussi des touches insaisissables et que je ne saurais vraiment définir d'Allan Poe et même, sans trop comprendre pourquoi, les enfants de la Haute-Mer de Supervielle, alors qu'à part les éléments légèrement fantastiques, vos textes ne pourraient être plus éloignés dans le style.)

Cependant, le point que je voudrais mettre en avant ici et que j'avais déjà évoqué très rapidement sous votre première partie, c'est votre style, véritablement limpide et très engageant. Cette clarté et précision dans la langue est rare et témoigne d'une grande maîtrise dans le récit mais également dans la compréhension de l'esprit du lecteur : vous évoquez avec aisance et fluidité des images en nous, sans jamais que la lecture soit appesantie par une description superflue ou un détail manquant.
C'est donc vraiment un plaisir à découvrir et on sent que votre prose est travaillée, lissée et aboutie. Je n'ai pas eu le sentiment de lire, j'étais dans le texte.

Je vous remercie donc pour cette lecture, dont j'attendrai les prochains épisodes avec impatience.

@H. Mériadec Merci pour votre lecture attentive. Les auteurs que vous citez sont parmi mes préférés, surtout Poe (en traduction). Pourtant je suis aussi une lectrice de ... Stephen King, dont j'apprécie l'inventivité, mais moins le style. J'espère que la suite de "Réflexions" vous plaira comme le début. Bonne journée!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un miroir qui révèle un mauvais... tain? Plus sérieusement (?), je n'ai pu m'empêcher de penser à une scène du Vieux fusil (film) où l'officier SS voit son reflet se mouvoir avant que le feu vengeur ne jaillisse...

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