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Comment s'appelle-t-elle ..?

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Je crois qu'il s'appelait Adrien, ou un prénom similaire, quoique maintenant je me demande si ce n'était pas Albert ; ou même Gustave.

C'est pénible quand on a un truc sur le bout de la langue et qu'il reste coincé, ça m'est arrivé un jour d'oral il y a quelques années et c'est d'ailleurs depuis que je suis passée à l'écrit.

Je suis restée esclave de l'autre façon d'exprimer.

Ah, peut-être était-ce Octave ou Olivier ?

 

La rime est souvent capricieuse, difficile de la suivre sans se casser la margoulette, comme aurait dit Flaubert à sa nièce Caroline Commanville et comme à la campagne, d'ailleurs.

Elle vient de s'échapper, mais je l'attends au tournant, (la rime, pas Caroline, celle-ci étant morte à Antibes* où elle avait fait construire une maison absolument extravagante qu'elle avait nommée « Villa Tanit » en hommage à Salammbô, parenthèse culturelle)

 

Elle va revenir me tourner autour comme une abeille ivre, entrer dans mes oreilles s'il le faut .

Attendons là cinq minutes et vous le constaterez avec moi.

Prenons l'air innocent et satisfait de l'artiste aux grosses bouffées d'inspiration ; profitons-en pour nous détendre. .

Un café, une limonade, un chocolat ?

Il neige à pierre fendre, écoutons l'âtre qui pète, demain il ne sera plus que cendres.

 

Donc je parlais d'Adrien, il a le cœur sur la main, des yeux de chien battu, de ceux qui ont vécu et oublié, la foi chevillée dedans et le sourire dehors pour le décor.

Il m'a appelée ce matin alors que l'aurore, à l'horizon, enfilait son caleçon.

Quand je dis appelée, ce n'est pas par téléphone, quand on est aphone, dès qu’il s'agit de parler on est bien embêté.

Il était là dans le jardin, son baluchon sur le dos avec une barbe de beaucoup de jours et je vous assure, il avait encore plus belle allure que le soleil levant et l'odeur des confitures dans la cuisine d'une maman disparue juste le temps d'un pain grillé.

 

Je l'ai pris dans mes bras comme un enfant qui n'était pas à moi, nos larmes se sont mêlées ainsi que nos souffrances et c'est lui qui s'est relevé le premier.

La rime faisait moins la fière, elle pleurait comme une madeleine et Proust, tout à son questionnaire, s'en foutait comme de l'an quarante.

 

Ce n'était peut-être pas Adrien, ni Albert, ni même Gustave, chacun voit bien que je m'y perds mais ça n'a pas d'importance ; pour écrire vraiment comme les plus grands il faut être en transe et laisser parler les béances.

Autour de la table, infuse le thé à la menthe et des volutes vertes parlent d'autres gens qui n'ont plus d'identité, de ceux qui ont vu tant de portes ouvertes se fermer. 

C'est l'heure de la prose et quelqu'un, l'anonyme piqué d'églantines, amène un bouquet de roses.

 

A cet instant arrive Caroline, ma copine, avec un gros sac de vers : l'heure est venue de faire le chemin à l'envers.

Elle a amené des chaises de son père et on s'est servi deux chopines ; en trinquant avec nos verres, épais comme des carapaces, on a parlé du temps perdu.

 

C'était une nuit de novembre, entre Toussaint et défunts ; l'huissier avait pris tous les meubles, ainsi que la maison et jusqu'au caleçon de l'aurore qui ressemblait fort à un crépuscule.

 

Là-bas, dans les ténèbres, je voyais des chevaux et des zèbres, et quand les éléphants roses d'autrefois apparurent , accouplés avec les licornes d'aujourd'hui, je vis une petite fille qui prenait les jambes à son cou.

Comment s'appelait-elle, déjà .. ?

(joailes ----) 1er décembre 2023

 

* Antibes : située au bord de la mer Méditerranée, à l'ouest de Marseille et à 23 kms au sud-ouest de Nice.

 

 

Modifié par Joailes

Posté(e)
Il y a 17 heures, Joailes a écrit :

Ce n'était peut-être pas Adrien, ni Albert, ni même Gustave, chacun voit bien que je m'y perds mais ça n'a pas d'importance ; pour écrire vraiment comme les plus grands il faut être en transe et laisser parler les béances.


Merci pour cet éloge au premier jet et à l'instinct, face à intellectualisme stérile qui cannibalise l'émotion.

J'aime vous lire (parce que vous écrivez bien et que c'est agréable, déjà, mais aussi) parce que l'on sent que rien n'est feint chez vous. Vous vous amusez autant que nous à lire votre texte s'écrire sous vos yeux. Vous jouez encore. Vous ne posez pas pour incarnerquelqu'un, mais  êtes simplement et cherchez quelque chose en vous, à montrer à d'autres, indépendamment de leur avis.

Je crois que c'est le signe d'un(e) grand(e) artiste.

Pour citer le poète :
"J'aime mieux m'en tenir à ma première façon
Et me gratter le ventre en chantant des chansons
Si le public en veut, je les sors dare-dare
S'il n'en veut pas je les remets dans ma guitare
Refusant d'acquitter la rançon de la gloire
Sur mon brin de laurier je m'endors comme un loir"

Modifié par H. Mériadec

Posté(e)
  • Auteur

C'est vous, à n'en pas douter, qui m'avez inspiré cet écrit, @H. Mériadec ; vous lisant je suis retournée dans une autre vie qui est encore très vivace à mon esprit.

Et c'était souvent des soirées avec Brassens, en effet. Merci de vos écrits courageux que je lis comme si je revivais une de mes autres vies. 

Posté(e)

Je suis "poéteur" et "écriteur" depuis quelques années maintenant, mais "inspiteur", c'est une première pour moi 😉

Ravi que ce soit par votre plume que cela se manifeste, navré que cela vous arrache à vous-même et vous fasse ressentir des émotions si... contrastées.

Posté(e)
  • Auteur

Quoiqu'on écrive, on est toujours "l'inspiteur" de quelqu'un et c'est ainsi que parfois, on se rend compte qu'on n'écrit pas pour rien. 

Je pense qu'en poésie, (peut-être comme en amour) on ne doit jamais s'excuser, ni être navré. 

 

Il y a 2 heures, H. Mériadec a écrit :

Vous vous amusez autant que nous à lire votre texte s'écrire sous vos yeux. Vous jouez encore.

alors là, je suis épatée de votre commentaire judicieux. 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Pardonnez moi, @Joailes, de m’immiscer dans votre dialogue avec H.

Je voulais juste vous dire que chez vous les digressions deviennent un art majeur.

Posté(e)

Souvent on finit par oublier qui est qui mais la finalité de l'histoire est de savoir conduire le lecteur sur le chemin tracé par l'auteur du récit.

Merci @Joailes pour cette balade de l'esprit.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 2 heures, Jeep a écrit :

Je voulais juste vous dire que chez vous les digressions deviennent un art majeur.

Bonjour @Jeep je pense les avoir toujours plus ou moins pratiquées, tant il est vrai que je les aime, et j'avoue que cela m'amuse beaucoup 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On dirait du Giono qui s'adresse à des enfants surréalistes. Et c'est un délice, même si on ne pige pas à 100%. On se balade dans tes textes comme sur des rails tirés par des mots, façon rennes qui tirent un traineau fou et bifurquent en fonction de triages aléatoires. Le père la mère Noël y tient une plume et nous apporte un cadeau: son texte, joujou narratif magique! 💫

Posté(e)
  • Auteur

Quel magnifique commentaire @Thy Jeanin j'en suis toute guillerette ! Déjà parce que j'adore Giono (quelle immense fierté que d'être comparée à lui, mon ego en prend un bon coup !) Et puis la mère Noël Joailes, j'aime bien aussi. Un grand merci à toi ! 💝 

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