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Réflexions (1)

Featured Replies

Posté(e)

Victor avait été un petit garçon à la peau brunie par le soleil qui avait grandi dans l’indigence. De son enfance, il conservait des souvenirs en demi-teinte. Il y avait les jeux d’extérieur, les pieds nus dans la poussière de l’été, les rassemblements de la fratrie, quatre frères et trois sœurs, le soir autour d’une casserole de haricots blancs et de pommes de terre à l’eau.

Que d’envie quand il comparait sa vie à celle de ses petits camarades dont les parents pouvaient organiser de magnifiques fêtes d’anniversaire où toute la classe était invitée.

Pourtant, Victor estimait qu’il avait été favorisé par les hasards de la vie. Rien ne le destinait à devenir avocat, à vivre dans le confort. Il aurait dû se retrouver dans les champs, courbé, à travailler une terre aride, aux côtés d’une épouse desséchée par le labeur ingrat et entouré d’une nuée de marmots qui auraient grandi comme ils le pouvaient. Exactement comme ses parents. Mais son destin avait été différent. La chance lui avait souri en la personne de Monsieur Quesada son professeur principal en classe de sixième.

« Victor », lui avait dit Monsieur Quesada à la fin du premier trimestre, « l’ensemble des professeurs te félicite pour tes résultats. Mais je voudrais éclaircir un point : tu resteras dans la classe pendant la prochaine récréation pour que nous puissions en parler, s’il te plaît ». L’entrevue avait eu lieu et avait permis au professeur de comprendre pourquoi l’enfant, pourtant doué et adroit, était imprécis dans l’exécution de ses travaux, notamment en géométrie.

« Tes schémas ne sont pas propres, Victor. Il faudra t’améliorer. Pour y parvenir, chez toi,  tu devras t’installer correctement à ton bureau avec un bon éclairage. C’est possible ? » Ce à quoi Victor avait répondu, hésitant : « Oui, professeur, mais la table pour faire les devoirs est petite. Si je me mets à l’aise mes frères et mes sœurs n’auront plus de place. En plus, il y a Maman qui coud et Papa qui répare les outils ». « Ah, je vois, avait dit le professeur ». Puis, après quelques instants de réflexion il avait proposé : « Victor, si tu veux, tu pourras rester ici, dans la salle de classe pour faire tes devoirs. Tu ne seras pas seul, je te surveillerai ». L’enfant avait tout de suite accepté, sachant que ses parents seraient heureux de constater qu’il y avait plus de place à la table familiale. Les résultats scolaires de Victor s’étaient nettement améliorés depuis qu’il n’était plus obligé de travailler sur ses genoux. Peu à peu, des liens s’étaient tissés entre le professeur et son élève. Les vacances approchant, Monsieur Quesada avait eu l’idée d’inviter l’enfant à venir chez lui pour consulter des atlas, des encyclopédies. Victor avait accepté et avait dévoré les volumes mis à sa disposition. Il avait acquis les bases d’une culture générale qu’il n’aurait jamais eue sans l’attention de son professeur. Monsieur Quesada était devenu sons ange gardien.

 

(À suivre)

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une bien belle histoire qui ressemble à celle de mon père repéré par son instituteur au fin fond de la Bretagne, ce qui lui avait permis d’être reçu au concours de l’école Normale à 10 ans, voie de la réussite scolaire et de l’ascension sociale.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une bien belle histoire: l'Ecole alors jouait à plein son rôle pour briser les carcans sociaux. Ça ne suffisait pas toujours et je connais des exemples du contraire. Il faut savoir que c'est moins les moyens alloués au système que la bonne volonté des enseignants qui agit, dans ce pays. Surtout en ce moment de dérive...

  • 3 semaines plus tard...
Posté(e)

Je découvre avec plaisir en cet après-midi votre nouvelle, dont j'avais toujours repoussé la lecture pour pouvoir en lire suffisamment "d'un seul coup". J'apprécie votre style simple et limpide, sans fioritures, qui m'évoque immédiatement l'image des hussards noirs.

Je ne sais encore à quelle époque ce que j'imagine être un court roman d'apprentissage o unouvelle initiatique (avec comme, il se doit, une forme de morale et d'enseignements que chacun tirera du récit) se déroule. J'imagine cette atmosphère se situer vers la fin de l'Entre-Deux Guerres ou au tout début du XXème siècle sans mention des conflits, qui auraient sans doute sinon fait irruption. Je sens que ce récit sera intéressant dans la lecture sociale et les interactions sentimentales des personnages et l'imprécision quant à l'époque supposée fait que je peux y percevoir les échos que je veux et votre récit m'évoque, à la première lecture, des sentiments familiers : tout à la fois la Comédie Humaine de Balzac, que Zola ou Flaubert, mais aussi Jules Vallès, cher à mon coeur.

Avec, néanmoins, ce souci de l'épuration du style qui aurait pu servir à certains auteurs du XIXème 😉

Je vais poursuivre cette lecture qui n'augure que du bon.
 

Modifié par H. Mériadec

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