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Les Nuits d'Yvernie (7)

Featured Replies

Posté(e)

Margreg ne pouvait se défendre d’en rire. Sa folle l’avait toujours beaucoup amusé. C’était la seule qui osât tout dire et tout faire. Elle lui faisait du bien. Enfin, le roi trouva sa place et put entendre son second. Vortimer savait prendre son mal en patience, quand les propos de la folle ne le regardaient pas.

« Eh bien ? Quelles nouvelles ?

— Voici le trésor attendu, mon roi, dit-il et deux hommes avancèrent et ouvrirent la cassette sous les yeux de leur souverain.

— … Ce qui conclut nos affaires avec An Doumann, dit Margreg avec satisfaction.

— Pas tout à fait. Pour renforcer la paix avec nos anciens ennemis, annonça Vortimer, en élevant la voix pour que tous entendent… Et pour me disculper des soupçons qui pèsent sur moi au sein de ta cour…

— Je n’y ai jamais ajouté foi, s’effaroucha Margreg.

— Je sais et je t’en suis reconnaissant, seigneur. Seulement, pour faire taire certaines rumeurs et que chacun comprenne ici que je n’ai pas d’autre désir que te servir, je t’apporte une princesse de sang royal pour qu’elle te donne des héritiers. Je ne suis pas de sang royal et ton testament en ma faveur me paraît comporter des risques pour la stabilité de ton royaume.

— Voilà qui est sage », commenta sobrement Cathbad.

Sa voix d’outre-tombe s’imposait sans effort au-dessus du murmure de l’assemblée. Margreg ne paraissait pas revenir de sa surprise. Il avait cru le difficile problème de sa succession réglé par la désignation de son meilleur homme, seul capable à ses yeux de maintenir les affaires du royaume, dans l’état de grandeur où il les avait lui-même conduites. Il n’avait pas prévu qu’il serait si dépourvu d’ambition après les efforts auxquels il avait consenti pour défendre sa cause.

 

« Voici Yvine, annonça Vortimer, treizième fille de Niocol, souverain d’An Doumann. »

On s’écarta pour la laisser s’avancer. Elle non plus ne revenait pas de sa surprise. Elle apprenait que l’homme qu’elle allait épouser n’avait pas réclamé sa présence et n’était pas même au courant de sa venue. Elle n’était là que par la seule volonté de Vortimer.

L’initiative de ce chevalier, qui scellait son destin, n’était que le fruit d’un calcul pour apaiser les jalousies de ses rivaux et s’assurer plus de tranquillité dans le service de son roi. Elle ne pouvait se défendre de la colère que lui inspirait celui qui l’arrachait à son foyer. Elle ne pouvait se défendre non plus d’admirer l’habileté et la générosité de son procédé, qui semblait souligner le désintéressement de sa fidélité. Tout en éprouvant ces sentiments contradictoires, elle s’aperçut de la curiosité du roi qui l’observait à travers l’espace laissé libre à sa marche.

 

Elle hésita, puis fit un premier pas. Elle commença d’avancer lentement et, tandis qu’elle avançait, elle retira sa cape en toile, elle retira ses passements, ses guipures et ses dentelles. Toutes ces pièces de tissu n’étaient là que pour offrir ce spectacle d’éclosion de la dernière fille du roi Niocol.

Elle retira ses voiles, son visage apparut. Il n’était pas beau, il était céleste ; long et fier, jeune mais sérieux, les pommettes hautes, avec de longues tresses blondes et deux yeux verts que nul n’avait jamais vus ; deux grands yeux d’émeraude qui recelaient leur propre lumière et dont les chatoiements lui donnaient un air mélancolique.

Elle progressait maintenant dans une robe de coupe très simple et sans ornements. Elle était gracile, plutôt grande pour une femme, allait toute droite et les mains jointes sur le ventre. Sa démarche était harmonieuse et aérienne, laissant voir à chacun de ses pas, le bout de son soulier de satin. La surprise de sa vue causa un murmure d’admiration dans l’assistance.

Vortimer, qui s’était placé en avant pour la mieux voir, recula maladroitement en baissant les yeux. Margreg se leva pour mieux la contempler. Léagaïba trépignait, répétant :

« C’est la fleur, c’est la fleur, la jolie fleur de lys ! »

Les yeux se dilataient, les bouches s’entrouvraient, les gorges se serraient. Certains vieillards se perdirent dans leur admiration au point de verser l’une de leurs dernières larmes sur une joue séchée par les années.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quelle révélation! Nul doute que la beauté divine d’yvine va faire des ravages. Vite, la suite!

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un beau portrait de femme capable d'envoûter n'importe quel barbare!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les portraits de personnages sont diviniment réussis !

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