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Les Nuits d'Yvernie (5)

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Posté(e)

Yvine se demanda ce qu’il entrait de curiosité et de plaisir dans l’assentiment de sa suivante aux avances de ce chevalier, en plus du souci de leur sécurité à toutes les deux.

« Celui-là aime le mal qu’il cause, ajoutait Assa, n’a peur de rien et ne se contraint pour personne. C’est un guerrier hors pair, mais c’est peut-être le plus misérable des hommes.

— Un Achille.

— Parfaitement, mais je doute fort qu’il ait jamais lu le moindre livre.

— Je ne comprendrai jamais ces monstres qui croient tenir le monde au bout de leur épée.

— Il n’y a rien à comprendre. Ils n’ont pas plus d’imagination que des animaux.

— Cet Achille m’arrache à mon foyer, Assa. C’est terrible de penser que cette brute qui m’entraîne n’a pas conscience du mal qu’il me cause.

— S’il le savait, ça ne changerait rien pour lui. C’est une créature sans âme qui ne fait qu’obéir aux ordres de son roi.

— Achille était fier, il voulait entrer dans la mémoire des hommes.

— Je doute que Vortimer ait aucun intérêt pour la mémoire des hommes. Il ne poursuit que son plaisir.

— Mais il est assez raisonnable pour obéir aux ordres de son roi… En quoi croit-il donc, cet homme-là ?

— Il ne croit en rien.

— Si j’osais…

— Quoi ?

— S’il disparaissait, je crois que nous rendrions un grand service à notre pays.

— N’y songez pas Madame. Tout monstre qu’il est, il reste une créature de Dieu.

— Si Dieu seul juge des peines, comment cet homme-là en cause-t-il autant à ses semblables sans jamais être inquiété par le maître de l’univers ?

— La cruauté est sœur de l’ignorance.

— Suffirait-il qu’il cesse d’ignorer pour n’être plus cruel ?

— Peut-être… Comment va votre mal ?

— Cela se calme, depuis la mer.

— Demain, peut-être, il n’y paraîtra plus.

— Nous verrons.

 

Les toits gris de Trévar Védyne se découpèrent le lendemain sur un azur serein, au milieu duquel s’élevait le donjon carré, la tour royale où s’ébauchaient les destinées du royaume de Karnoua. Cette construction massive tout en pierre de taille était intégralement peinte et fréquemment repeinte en vert, comme par tradition et sans que la raison exacte en fût connue.

On s’amusait de cette incongruité qui faisait naître de nombreux récits, du plus vulgaire au plus épique et qui lui valaient divers sobriquets, plus ou moins grossiers, parmi lesquels les plus fréquents étaient la Prasine et la Sinople. Cependant, l’expression Prasine avait été choisie par le pouvoir royal, qui s’en servait pour désigner le cœur du royaume.

Vortimer marchait en tête dans les rues encombrées de monde, suivi des siens, qui écartaient la foule en encadrant la princesse, toujours encombrée de ses voiles. La bonne humeur était visible, les sourires francs, le contentement général. Les victoires du pays avaient assuré sa sécurité et, partant, sa prospérité.

Aux yeux du peuple, Vortimer et ses hommes étaient sources de considération et de richesse. Nul ne s’inquiétait de ce qu’ils avaient fait pour obtenir de tels résultats. Ils montèrent les degrés de la Colline aux trois cents marches et entrèrent sous la haute porte hersée du donjon : la Prasine.

Autour d’eux se succédaient les stalles qu’occupaient cent chevaux. Ils grimpèrent un premier escalier de bois et traversèrent le premier niveau, occupé par les salles d’armes, la caserne et les magasins d’armement. Ils atteignirent le second niveau où se jouxtaient les réserves et les greniers, ainsi qu’une salle des gardes.

Le troisième était occupé par l’élite des guerriers de Karnoua, où Vortimer et ses hommes avaient leurs quartiers. Le quatrième était la salle de réception. L’escalier qui permettait d’y arriver était plus large que tous les autres, en dépit de toute logique, et richement décoré de sculptures d’animaux fantastiques.

La salle était haute, percée de meurtrières inutiles car inaccessibles, mais qui laissaient entrer un peu de jour. En son centre trônait sur une estrade une chaise curule, à la mode de l’ancien Empire, et qui paraissait toute petite au milieu de ces hauts murs de pierre, que couvraient gigantesques les étendards frappés des huit croissants d’or.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vortimer le barbare va-t-il être subjugué et transformé par la douce Yvine? La question reste sans réponse, pour l’instant.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On prend autant de plaisir au dialogue qu'à la description.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

C'est superbement écrit !

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