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L'automne du petit Léo

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L'automne du petit Léo

 

 

Si seulement les contes étaient vrais, soupirait Léo en s'étirant dans son lit, et les rêves aussi ! Quelle tristesse de ne trouver que du gris, que du laid en ce monde, que des grimaces au lieu de sourires et que des ricanement au lieu de rires francs !


Le petit garçon était bien triste, il se rendait compte que les mots n'avaient rien à voir avec les réalités et que le monde réel, qu'il entrevoyait maintenant, était bien décevant. Sept ans, c'est encore l'âge du bonheur, croit-on, mais Léo était très abattu.


Il serra dans ses bras son ours en peluche, Matteo, compagnon fidèle depuis ses cinq ans. Lui au moins ne le trahirait pas, ne lui mentirait pas. 

 

Ses parents disaient qu'il était un HPI, un haut potentiel intellectuel, un génie, en quelque sorte ! Mais un génie de sept ans est parfois bien malheureux. À présent, ses facultés mentales, son intuition qui se développait trop vite, lui permettaient d'entrevoir toute la bassesse des humains qui l'entouraient, toutes les horreurs du monde des adultes.


Il n'était pas un faux sourire de tante Julie ou un regard torve de cousin Paul qui lui échappait. Tout ce mal environnant l'empoisonnait comme un breuvage délétère. Il se réfugiait dans son univers peuplé d'anges et de lutins bienveillants qui évoluaient dans un paysage céleste et bienfaisant. Toutes ces fictions l'aidaient à vivre. D'ailleurs, en cette nuit d'automne particulièrement douce, son ours Matteo s'adressa à lui dans le creux de son lit.

 

"- Léo, mon grand, tu es encore plus triste que d'habitude, ce soir !
- Oui, Matteo, j'en ai vraiment assez de cette existence... et je n'ai que sept ans ! Je n'imagine pas ce que je pourrais ressentir dans dix ans, dans vingt ans !
- Que s'est-il passé aujourd'hui pour que tu te sois si abattu ?
- Hé bien, en récréation, tandis que je discutais avec ceux que je croyais mes amis, j'ai entendu distinctement leur pensée réelle qui venait se superposer à leur discours. Ils plaisantaient amicalement, encourageaient un camarade un peu souffrant, s'indignaient du sort réservé aux animaux et s'inquiétaient pour leur mamie âgée, mais la vérité, c'est qu'ils mentaient tous comme des arracheurs de dents ! Leurs paroles cachées étaient un tissu de haine, d'envie et de cruauté. Derrière leur bonne mine enfantine, se dissimulaient des monstres de méchanceté prêts à torturer le plus faible d'entre nous.
- Holà ! L'heure est grave, en effet ! Tes yeux se décillent et tu vois les vrais visages derrière les masques !
- Oui, c'est bien cela !
- Soit, c'est affreux, mais c'est la réalité. L'être humain est capable du meilleur comme du pire. Tout dépend de son choix, de ce qu'il considère comme essentiel. Ange ou démon, c'est un peu la même chose. Chacun son camp, chacun son terrain de jeu !
- Matteo, comment peux-tu plaisanter ainsi avec ces horreurs ?
- Je ne plaisante pas, Léo, c'est la vérité ! Il faut choisir, dans la vie, c'est le privilège de l'être humain de ne pas être guidé uniquement par l'instinct, comme les animaux. Il peut décider de ses valeurs.
- Tu es un vieux sage, en fait, Matteo, et non un ours en peluche !
- Oui, enfin, modestement, je dirais que je suis ta propre projection mentale mais c'est vrai que j'ai l'air plus sot que je ne le suis !"

 

Léo serra encore plus fort contre lui sa peluche. Il réalisait pleinement maintenant qu'il ne servait à rien de déplorer la laideur et la bassesse autour de lui. Certes, il pouvait utiliser son intelligence au détriment de toutes ces petites cervelles qui l'entouraient. Cela lui serait facile, tant la bêtise, soeur de la méchanceté, est la reine de ce monde. Mais il pouvait aussi, comme le lui suggérait Matteo, mettre ses facultés intellectuelles supérieures au service du Bien et du Juste, soulager la souffrance humaine au lieu de l'accroître, décider de ses valeurs et de ses choix sans plus se plaindre stérilement.


Il poussa un grand soupir, remonta le drap sur sa tête et rejoignit le pays des rêves dans les bras de Morphée. À sept ans, âge de raison, il avait fait son choix. Il serait Pasteur, Einstein, Gandhi ou Ambroise Paré. 

 

 

FIN

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Sept ans, l'âge de raison? C'est bien tôt, je crois, même quand on est d'un haut potentiel. Enfants, croyez encore à ce qu'il y a de meilleur dans l'humanité. Ne soyez pas pressés d'être cruellement déçus!

Joli texte, Alba, qui m'a un peu rappelé mon propre Nounours (quoique mon potentiel fût bien plus modeste)! Un plaisir, de vous lire!

  • 3 semaines plus tard...
Posté(e)

Si tous les ours étaient en peluche ... 😞 

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