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Les Nuits d'Yvernie (1)

Featured Replies

Posté(e)

Vortimer n’avait jamais aimé naviguer. C’est le pied peu sûr, les mains fermement cramponnées au bastingage et l’estomac malmené qu’il avait subi un jour de traversée mouvementée entre Karnoua et l’Yvernie. Le lendemain pourtant, tandis que les siens ramaient tout leur soûl pour l’amener à bon port, il faisait meilleure mine. Les visages déconfits de ceux qui l’attendaient et la perspective de toucher terre amélioraient équitablement son humeur.

La délégation d’An Doumann l’attendait sous la pluie, dans la boue, toussant et crachant, regardant avec indignation et, pour certains, avec terreur, celui qui se tenait à la proue de la petite galère d’apparat : Vortimer, fils de Nel Avir, second du roi Margreg, fléau des Yvernois, premier capitaine des Karnovi. « Combien d’entre eux ai-je privé de leur père ou de leur frère ? » se demanda-t-il avec satisfaction.

De taille moyenne, il était large des épaules, il avait les yeux bleus, le regard dur, les cheveux longs et blonds. Il avait le hâle des batailles, le menton volontaire, le front haut, le geste vif, le sourire facile mais froid. Il courait douze lieues sans s’arrêter avec son armure d’écaille, la fameuse iorica squamata de l’ancien Empire.

Il était le guerrier le plus redouté des Îles Diluviennes, capable de l’emporter seul contre dix. Sans être le plus rapide, ni le plus fort, il avait le don de survivre à tous les combats dans lesquels il s’était trouvé. Enfin, il inspirait le respect à ses hommes sans même y prendre garde et il était le plus estimé des féaux de son roi.

Le vent était tombé et, sur la côte, les bannières, aux cinq tiares d’argent sur champ de lys, pendaient piteusement, depuis leur mât qui ployait sous le faix des tissus gorgés d’eau. En posant le pied sur le ponton de bois, Vortimer ouvrit largement les pans de son manteau de fourrure, découvrant fièrement les armes de son maître : huit lunes d’or sur champ de sable, largement étalées sur sa poitrine.

Ses hommes se rangèrent à ses côtés qui tous avaient coûté la vie à de nombreux guerriers. Imrinn le Défroqué lui fit signe d’avancer. C’était le secrétaire particulier du roi Niocol, un vieillard presque sourd et quasiment aveugle. Cependant, il voyait tout et entendait tout mieux que les autres. C’était le plus redoutable ministre des royaumes des Îles Diluviennes. « Dommage que toute sa rouerie ne soit capable de rien contre une bonne épée », songea Vortimer.

Imrinn parut comprendre ce qu’il pensait. Sans affecter d’autre émotion que la profonde indifférence qu’il témoignait à ses ennemis, il prononça les mots sacrés de l’hospitalité et, sans attendre de réponse, fit volte-face. Des chevaux étaient tenus par des valets, tout autour de la litière du vieillard.

Le cortège s’ébranla silencieusement dans la lumière malsaine d’un jour fuligineux. Le roi d’An Doumann avait fait le déplacement depuis Limerick jusqu’à Fort-Vatra, tout exprès pour accueillir la délégation de ses vainqueurs qui venaient exiger le tribut de guerre du vaincu. Fort-Vatra n’était pas loin de la côte et les murs du château commençaient d’apparaître au détour des collines que le crépuscule n’était pas même commencé.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une entrée en matière réussie. On se sent en terrain connu et inconnu à la fois. La narration se met en place de façon classique, mais les noms propres nous dépaysent agréablement. Tout est prêt pour que l'intrigue s'élance.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

C'est bien intéressant !

Vivement la suite !

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le début d’une saga. Vortimer, un nouveau Duguesclin? Un pays inconnu, sauf Limerick en Irlande. On attend la suite avec impatience. 

  • 3 semaines plus tard...
Posté(e)

J'aurai bien aimé une introduction plus détaillée.

Nous faire un état des lieux avant de nous plonger dans l'action.

Où sommes-nous ? ( dans quel état gère ? ) et à quelle époque ?

En pleine science-fiction, ou pas...j'ai besoin de savoir avant de me positionner en tant que lectrice.

 

 

 

 

Posté(e)
  • Auteur

Bonjour Iloa,

 

Les noms sont d'époque, souvent dérivés du latin.

Cela se passe entre l'Irlande (Hibernia --> Yvernie) et la Cornouailles (Kernoua), au début du Moyen-Âge.

Il s'agit d'une œuvre de fiction, fortement inspirée d'un célèbre roman d'amour courtois.

J'ai privilégié un incipit in medias res et la confusion est voulue.

Cela permet d'accepter les différences avec l’œuvre dont je me suis inspiré.

  • 1 mois plus tard...
Posté(e)

Je me lance (enfin) cette nuit dans votre nouvelle !
Je ne sais pas quand/si je la commenterais... Je ne suis pas un immense amateur du genre ! Mais je trouverais peut-être des choses vaguement intéressantes ou émotionnelles à dire !

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