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Accents poétiques

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Ô mers

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

     Par-dessus les nuages en charpie, parmi les ulves chaudes sanguines gorgées d’azur, plongeant, émergeant, plongeant, revoici le delphinien lisse du soleil, majestueux joyau, royale joie, par-dessus les nuages à saute-mouton bondit l’astre d’amour dans un flot d’écume scintillante, libre pénestrel dans les torsades d’or, flûtant entre les seins multiples du ciel se joue,  souverain de la jouissance, fuseau de tout amour, se glisse entre les perles altières les flancs nus, souriant à l’émouvante émeraude enflammée de corail, l’or des automnes et le rubis de l’été, saphir printanier et neige d’hiver, dans le coton des nuages, dans les lèvres onctueuses, longues et lisses, larges et brillantes de l’eau du soir, le lait de nos rêves, le miel de nos ébats, avant que tout ne se départe, se jouent les ondins de Delphes de nos vies en bandes entières cherchant midi.

 

     En bas, dans la nuit sans étoiles errent les sqalauds dans les bas-fonds métalliques de ce monde crevant de faim, squalauds de l’amertume, sqalauds du désespoir, ventres emprisonnés aux tenailles de la haine, Tantale au foie prométhéen, hantés par les appâts, mirages de violence, sqalauds à vendre, contempteurs effrénés rayés d’heures tranchantes, sqalauds qui rient, rideaux de belles dents d’or acérées, sécateurs de l’univers, bordel de luxe de leur néant frénétique, ils crient à l’attaque et se ruent sur toute devanture bellement achalandée et s’entretuent affolés par la peur de manquer, voraces zélateurs de l’ordure prolifique, leur nourriture d’airain ressort de leurs entrailles foireuses comme leur existence et les abysses par le fond s’emplissent de la noirceur de leur ignorance, goulags consumés de faim et de colère, ils rient à belles dents des sphères supérieures qu’ils prétendent coloniser et leurs pupilles glacées fer de gris lancent des foudres à tout casser.

 

     Mais rien de leurs divagations intestines ne vient troubler le banc joyeux, infiniment plus haut, le banc heureux des delphiniens bleus, pénestrels ruisselants d’amour qui jouissent sans fin au-dessus du ciel de leur liberté sereine, de leur été sans fin.

Posté(e)

J'avance pas à pas dans ce labyrinthe ... la première partie me comble d'images en bleu, blanc rouge ! cool c'est la couleur de notre drapeau ... 😉 et je cherche midi à quatorze heures ... 

j'attaque la deuxième partie et je vais mettre ma combinaison de plongée ... il faut bien ça pour affronter les squales ... 

ouf ! je reprends ma respiration et me revoilà dans le ballet des dauphins libres. Merci pour ce bon moment, @Thy Jeanin 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très habile et fin mélange de registres et de genres, c'est très subtilement ciselé et toujours intense !

De la belle ouvrage !

 

Posté(e)

Une phrase par paragraphe…il faut effectivement reprendre sa respiration..

un étonnant et haletant ballet dauphins-requins tout en symboles,

un vocabulaire riche pour un champ sémantique approprié…bravo Thierry !

Posté(e)

En lisant votre prose Thy, j'ai l'impression d'être dans ce monde actuel avec tout en haut, tous ceux qui se pensent supérieurs et vivent dans un monde de "bisounours" et en bas, ceux qui vivent au contact de la réalité de chaque jour avec la faim, le manque, la peur, la violence qui se déclenche sous le moindre prétexte... Ceux que le haut laisse errer un peu plus chaque jour et presse, presse, presse jusqu'à ce que le jus noir de l'agressivité et de l'amertume finisse par ressortir par chaque pore de la peau, jusqu'à ce que leur cerveau devienne celui d'un animal qui ne pense plus qu'à survivre par instinct.

Un texte qui serait la suite logique du monde vers lequel nous allons tous inévitablement!!!

 

Modifié par Patricia

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La  prose poétique nous entraîne dans un monde peuplé d’êtres bizarres dont même l’orthographe se trouve légèrement modifiée pour en faire ressentir l’étrangeté, les ménestrels devenant pénestrels, les requins sqalauds et le delphinien un être apparenté aux dauphins. Merci pour ce dépaysement au royaume de l’imaginaire.

Modifié par Jeep

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