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Mon sac à moi il me parle d'aventure

Featured Replies

Posté(e)

« Il joue avec mon cœur
Il triche avec ma vie
il dit des mots menteurs
Mais moi je crois tout c’qu’i’ m’dit ... 

Les chansons qu’il me chante
Les rêves qu’il fait pour deux
C’est comme les bonbons menthe
Ça fait du bien quand il pleut … « 

(chanté par Patricia Kaas, écrit par Didier Barlelivien et François Feldman)

 

 

 

Mon sac à moi, il est bleu, tout ce qu'il y a de plus ordinaire, il doit être fait d'un mélange de fibres de bas étage, qui ne ressemblent en rien à celles d'un Louis Vuitton, que j'ai vu une fois dans une vitrine avenue de Longchamp où il ne devrait y avoir que des chevaux, pourtant.

Voyant son prix, j'ai cru que c'était une blague, mais le vendeur me l'a confirmé, j'ai dû aller à la pharmacie prendre un bronchodilatateur pour ne pas m'étouffer.

Ce fut de justesse, ce jour là, que je ne rendisse pas la réglisse que j'ai toujours sur moi.

 

Mon sac à moi il est aux normes, pas énorme, au cas où je prendrais l'avion, c'est à dire qu'il va en cabine, l'espèce de placard où tous les sacs font réunion et donc ne donnent pas lieu à supplément : ça m'est arrivé une fois, je n'avais pas prévu le coup et j'ai dû payer presque aussi cher que mon billet pour le mettre en soute, ça vous dégoûte de chercher l'économie en prenant une compagnie qui semble aisée mais où l'on vous jette dès que vous avez payé.

 

Il fut très vexé et moi donc !

On aime la route qui sent la terre, les kilomètres qu'on peut compter dans nos mollets, ce petit vent arrière qui pousse vers l'avant, sac à dos. 

 

évitons l'avion, sauf exception …

Voilà, me dit-il, ne faisons pas exception !

 

Autrefois j'avais une valise avec des autocollants qui disaient où j'avais été, j'en avais un beau de la Côte de Nacre dont tout le monde était jaloux, enfin quand je dis tout le monde, j'avoue, c'est juste ceux qui s'intéressaient à elle ; elle est morte de vieillesse avec des trous de mitraillette, à l'époque il n'y avait pas de roulettes, j'avais un sacré biceps, j'aurais pu nager jusqu'à Tombouctou avec mon minou.

Elle était en carton, je crois, pourtant elle était solide et toujours vaillante à cent ans ; j'y mettais de la menthe entre deux voyages pour qu'elle sente toujours bon.

 

Pour en revenir à mon sac, il a une particularité : il frétille.

Si je reste longtemps sans le remplir, il se fâche et danse la séguedille ; ça me rappelle un chat chez qui j'ai vécu qui faisait pareil quand il voulait sortir et que la porte était fermée ; il faisait rentrer tous les moustiques et puis disparaissait.

A l'époque, je me suis ruinée en citronnelle, mais rien n'y faisait, j'étais piquée.

C'est un autre chat, culotté, botté comme un joyeux drille, qui avait de l'or dans ses pupilles, qui me sortit de là ; un soir qu'on n'oublie pas, en passant par la gouttière ; il jouait de la trompette et ça faisait fuir toutes les petites bêtes qui piquent.

Quand il est tombé amoureux d'une autre, j'ai dû partir avec ma valise en carton où toute une portée de petits chatons s'étaient endormis ; j'ai marché longtemps et puis, sur un coup de tête, j'ai dépensé mes dernières pépettes dans un bazar où un sac bleu me faisait les doux yeux.

Sous le néon, il ressemblait au ciel, un ciel bleu marine avec des étoiles dorées, comme du papier de chocolat ou une robe de fée.

Je n'ai même pas marchandé, je souriais car je pensais au vendeur de Vuitton qui devait encore se curer le nez rue Longchamp où les sacs s'ennuyaient fermement.

Je l'ai acheté pour en finir avec les chats, fussent-ils agoraphobes.

 

Mon sac à moi n'est pas casanier, ça c'est sûr ; il n'en finit pas de cirer mes chaussures.

 

Quinze jours que nous sommes rentrés d'un pays de dorures et le voilà qui commence déjà à cogner contre la porte du placard, ça effraie ma voisine de l'appartement contigu, celle qui a un gros hippocrépis chevelu, qui est à deux doigts de m'envoyer quelqu'un, je ne sais pas qui, peut être des dératiseurs ou la police.

 

Je ne veux pas dire du mal d'elle, et pour ne pas en arriver là, j'ai donc sorti mon petit bleu ; on a étalé des cartes du père Michelin sur le lit eh oui, on est de la vieille école, d'aucuns pourront trouver ça drôle, à l'ère du tout cuit, nous on aime bien l'aventure, celle qui dure longtemps après qu'on soit rentrés, celle qui conserve les rêves dans des poches oubliées qui ressortent un soir où tout est dur.

Après maintes propositions qui n'ont pas fait l'unisson, je pense soudain à une amie qui a le même nom que moi, une homonyme que je ne connais pas, qui m'a invitée plusieurs fois dans sa campagne isolée...

 

mais oui qu'en penses-tu .. ?

 

Je ne sais pas si vous avez déjà vu un sac dormir, mais c'est super sympa, il ronronne comme un chat dès qu'on lui parle d'aventure et fait des rêves pour deux.

Je tire son éclair fermeture et le contemple, attendrie.

Il fait sac de couchage, sac de survie.

C'est un brave compagnon de route.

Il saura patienter jusqu'à jeudi et alors … en avant, toute !

 

Mercredi, tout était prêt pour le grand départ ; mon sac bleu fier comme Artaban qui voulait que tout le monde parte, enfermait tous mes secrets, ce qui le gonflait comme un parachute, il connaissait notre point de chute.

 

Et voilà c'est à ce moment là que j'hésite, je bute.

 

Je suis distraite par des bruits, mon histoire fout le camp, il est déjà plus de minuit.

Serge, le concierge, vient de sonner.

Il ressemble à Belzébuth, un autre chat chez qui j'ai vécu une année et je n'ai aucune envie qu'il me culbute sur le canapé.

Mais apparemment il n'est pas venu pour ça, cette fois.

J'aperçois, dans le couloir, la voisine qui a toujours peur qu'on l'assassine et qui, souvent, a dû être proche de la vérité.

Derrière elle, une armada de la police armée jusqu'aux dents, déjà essoufflée d'être montée par l'escalier.

 

C'est là que mon sac s'est fâché.

Je ne sais pas comment il a fait, mais en quelques minutes, tout fut réglé.

 

Tout ce que je te demande, me dit-il, c'est de ne plus me mettre en soute.

Et comment ! Je veux, mon neveu !

 

On a pris l'ascenseur, il venait de pleuvoir sur Honfleur ...

 

J'écrirai la suite plus tard , en saison de poêle à mazout quand on croit qu'il est tard, bien après le mois d'août, parce que la nuit descend plus tôt recouvrir la route.

Les chats aiment l'hiver devant la cheminée, les sacs aiment l'été et les histoires extraordinaires.

Mon sac à moi, il me parle d'aventures … c'est pas vrai ces histoires, mais moi j'y crois …

(joailes – 12 juin 2023)

 

 

 

 

Posté(e)

Indispensable compagnon de toutes les péripéties, on retrouve souvent des trucs étranges dans le fond et les poches des sacs. Quand il est doué de parole, c’est encore mieux... J'en veux un pareil ! 🙂

Posté(e)

J'en connais une qui aime bien les sacs et les baskets Louis Vuitton pour marcher dans le sable du désert!!! 🤣

Un sac qui a des histoires à raconter tellement il a vu et entendu de choses parfois étranges!

Comme je n'ai pas de poêle à mazout, Je vais attendre le suite sagement assise près des poêles à frire !

Merci Joailes @Joailes pour ce voyage qui me fait penser que j'ai mon sac à préparer aussi pour un départ demain et un retour jeudi soir!

😉🙂

Posté(e)
Il y a 16 heures, Joailes a écrit :

« Il joue avec mon cœur
Il triche avec ma vie
il dit des mots menteurs
Mais moi je crois tout c’qu’i’ m’dit ... 

Les chansons qu’il me chante
Les rêves qu’il fait pour deux
C’est comme les bonbons menthe
Ça fait du bien quand il pleut … « 

(chanté par Patricia Kaas, écrit par Didier Barlelivien et François Feldman)

 

 

 

Mon sac à moi, il est bleu, tout ce qu'il y a de plus ordinaire, il doit être fait d'un mélange de fibres de bas étage, qui ne ressemblent en rien à celles d'un Louis Vuitton, que j'ai vu une fois dans une vitrine avenue de Longchamp où il ne devrait y avoir que des chevaux, pourtant.

Voyant son prix, j'ai cru que c'était une blague, mais le vendeur me l'a confirmé, j'ai dû aller à la pharmacie prendre un bronchodilatateur pour ne pas m'étouffer.

Ce fut de justesse, ce jour là, que je ne rendisse pas la réglisse que j'ai toujours sur moi.

 

Mon sac à moi il est aux normes, pas énorme, au cas où je prendrais l'avion, c'est à dire qu'il va en cabine, l'espèce de placard où tous les sacs font réunion et donc ne donnent pas lieu à supplément : ça m'est arrivé une fois, je n'avais pas prévu le coup et j'ai dû payer presque aussi cher que mon billet pour le mettre en soute, ça vous dégoûte de chercher l'économie en prenant une compagnie qui semble aisée mais où l'on vous jette dès que vous avez payé.

 

Il fut très vexé et moi donc !

On aime la route qui sent la terre, les kilomètres qu'on peut compter dans nos mollets, ce petit vent arrière qui pousse vers l'avant, sac à dos. 

 

évitons l'avion, sauf exception …

Voilà, me dit-il, ne faisons pas exception !

 

Autrefois j'avais une valise avec des autocollants qui disaient où j'avais été, j'en avais un beau de la Côte de Nacre dont tout le monde était jaloux, enfin quand je dis tout le monde, j'avoue, c'est juste ceux qui s'intéressaient à elle ; elle est morte de vieillesse avec des trous de mitraillette, à l'époque il n'y avait pas de roulettes, j'avais un sacré biceps, j'aurais pu nager jusqu'à Tombouctou avec mon minou.

Elle était en carton, je crois, pourtant elle était solide et toujours vaillante à cent ans ; j'y mettais de la menthe entre deux voyages pour qu'elle sente toujours bon.

 

Pour en revenir à mon sac, il a une particularité : il frétille.

Si je reste longtemps sans le remplir, il se fâche et danse la séguedille ; ça me rappelle un chat chez qui j'ai vécu qui faisait pareil quand il voulait sortir et que la porte était fermée ; il faisait rentrer tous les moustiques et puis disparaissait.

A l'époque, je me suis ruinée en citronnelle, mais rien n'y faisait, j'étais piquée.

C'est un autre chat, culotté, botté comme un joyeux drille, qui avait de l'or dans ses pupilles, qui me sortit de là ; un soir qu'on n'oublie pas, en passant par la gouttière ; il jouait de la trompette et ça faisait fuir toutes les petites bêtes qui piquent.

Quand il est tombé amoureux d'une autre, j'ai dû partir avec ma valise en carton où toute une portée de petits chatons s'étaient endormis ; j'ai marché longtemps et puis, sur un coup de tête, j'ai dépensé mes dernières pépettes dans un bazar où un sac bleu me faisait les doux yeux.

Sous le néon, il ressemblait au ciel, un ciel bleu marine avec des étoiles dorées, comme du papier de chocolat ou une robe de fée.

Je n'ai même pas marchandé, je souriais car je pensais au vendeur de Vuitton qui devait encore se curer le nez rue Longchamp où les sacs s'ennuyaient fermement.

Je l'ai acheté pour en finir avec les chats, fussent-ils agoraphobes.

 

Mon sac à moi n'est pas casanier, ça c'est sûr ; il n'en finit pas de cirer mes chaussures.

 

Quinze jours que nous sommes rentrés d'un pays de dorures et le voilà qui commence déjà à cogner contre la porte du placard, ça effraie ma voisine de l'appartement contigu, celle qui a un gros hippocrépis chevelu, qui est à deux doigts de m'envoyer quelqu'un, je ne sais pas qui, peut être des dératiseurs ou la police.

 

Je ne veux pas dire du mal d'elle, et pour ne pas en arriver là, j'ai donc sorti mon petit bleu ; on a étalé des cartes du père Michelin sur le lit eh oui, on est de la vieille école, d'aucuns pourront trouver ça drôle, à l'ère du tout cuit, nous on aime bien l'aventure, celle qui dure longtemps après qu'on soit rentrés, celle qui conserve les rêves dans des poches oubliées qui ressortent un soir où tout est dur.

Après maintes propositions qui n'ont pas fait l'unisson, je pense soudain à une amie qui a le même nom que moi, une homonyme que je ne connais pas, qui m'a invitée plusieurs fois dans sa campagne isolée...

 

mais oui qu'en penses-tu .. ?

 

Je ne sais pas si vous avez déjà vu un sac dormir, mais c'est super sympa, il ronronne comme un chat dès qu'on lui parle d'aventure et fait des rêves pour deux.

Je tire son éclair fermeture et le contemple, attendrie.

Il fait sac de couchage, sac de survie.

C'est un brave compagnon de route.

Il saura patienter jusqu'à jeudi et alors … en avant, toute !

 

Mercredi, tout était prêt pour le grand départ ; mon sac bleu fier comme Artaban qui voulait que tout le monde parte, enfermait tous mes secrets, ce qui le gonflait comme un parachute, il connaissait notre point de chute.

 

Et voilà c'est à ce moment là que j'hésite, je bute.

 

Je suis distraite par des bruits, mon histoire fout le camp, il est déjà plus de minuit.

Serge, le concierge, vient de sonner.

Il ressemble à Belzébuth, un autre chat chez qui j'ai vécu une année et je n'ai aucune envie qu'il me culbute sur le canapé.

Mais apparemment il n'est pas venu pour ça, cette fois.

J'aperçois, dans le couloir, la voisine qui a toujours peur qu'on l'assassine et qui, souvent, a dû être proche de la vérité.

Derrière elle, une armada de la police armée jusqu'aux dents, déjà essoufflée d'être montée par l'escalier.

 

C'est là que mon sac s'est fâché.

Je ne sais pas comment il a fait, mais en quelques minutes, tout fut réglé.

 

Tout ce que je te demande, me dit-il, c'est de ne plus me mettre en soute.

Et comment ! Je veux, mon neveu !

 

On a pris l'ascenseur, il venait de pleuvoir sur Honfleur ...

 

J'écrirai la suite plus tard , en saison de poêle à mazout quand on croit qu'il est tard, bien après le mois d'août, parce que la nuit descend plus tôt recouvrir la route.

Les chats aiment l'hiver devant la cheminée, les sacs aiment l'été et les histoires extraordinaires.

Mon sac à moi, il me parle d'aventures … c'est pas vrai ces histoires, mais moi j'y crois …

(joailes – 12 juin 2023)

 

 

 

 

Votre histoire d’amour avec votre sac bleu est un véritable sac à provisions de mots délicieux ! En attendant la suite… je pense à une des toutes premières histoires que j’ai écrite petite : à l’école mon maître du CE1 dont j’étais éperdument amoureuse, nous incitait à écrire des petites histoires que nous devions lire aux autres élèves ( mon amour l’emportait sur ma timidité et je ne ratais pas ces séances d’écriture 😉) et l’un des titres qui me revient à l’esprit était : « le cartable, la gomme et le crayon » , ce cartable était tout triste parce qu’il ne transportait rien , alors un crayon se proposa d’écrire une histoire qu’il transporterait toujours et qu’il pourrait modifier, recommencer une autre histoire à inventer grâce à la gomme…. Bref , quand on est haute comme 3 pommes et qu’on veut de son maître se faire remarquer, tout est bon à imaginer 🤣😉 

Merci Joailes et en attente des aventures du sac bleu beau et fier comme Artaban 🙃😉

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Encore quelques mois et l'affaire est dans le sac!

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 3 heures, Patricia a écrit :

Merci  @Joailes pour ce voyage qui me fait penser que j'ai mon sac à préparer aussi pour un départ demain et un retour jeudi soir!

eh eh je pars également jeudi matin pour quelques jours, il y a toujours un peu de vrai dans mon bagage ! 🙂 

Bon départ et bon retour, donc ! 

Merci beaucoup @Nâau pour cette histoire attendrissante !! Comme quoi il s'en cache des secrets au fond des sacs (et des cartables) !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Nous savions tous que vous avez plus d’un tour dans votre sac à histoires et vous en apportez ici la preuve magistrale. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quel joli récit et quelle plume magique !

Fantaisie, tendresse, originalité, tout y est, @Joailes !

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