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Notes personnelles

Featured Replies

Posté(e)

 

 

César se promenait le nez au hasard sur le boulevard très animé comme un dessin de Walt Disney.

Mars était venu, précoce, et inondait de soleil les trottoirs où quelques gosses jouaient aux billes, chacun jurant qu'il avait la plus grosse ; les fleuristes passaient avec de grands paniers où quelques amoureux mélangeaient leur nez dans les jonquilles.

César se sentait seul comme souvent à l'approche du printemps où les parfums délicats jouent dans le vent des musiques tellement mélancoliques qu'il aurait voulu avoir un balcon, une mandoline et une voix rauque d'italien pour miauler la sérénade à quelque chatte en mal d'aubade. 

Sans savoir pourquoi, il entra dans la première boutique venue ; c'était une animalerie où s'ennuyaient fermement une otarie sous une fontaine tarie, un ouistiti qui disait toujours non et quelques tortues qui se disputaient à cause de locataires qui faisaient trop de bruit.

Le vendeur avait une haleine de phoque et des sabots noirs dépassaient de son froc ; en plus il avait des crocs et César détestait ces spartiates qui faisaient floc-floc dans les flaques en se donnant des claques.

Il se saisit en vitesse de quelques poissons rouges, jeta une poignée de sesterces sur le comptoir et revint à son point de départ.

Les ides de mars semblaient contents, ils faisaient des bulles dans le sac transparent qui pesait lourd à cause de l'eau, je crois.

Il rentra fatigué.

Il dîna légèrement, déploya son amictus dont il secoua à peine les puces et s'endormit, laissant les poissons aux premières loges.

 

Arrivée à ce stade et bien que je ne sois pas très sportive, je commençai à me demander comment finir mon histoire, qu'elle ait au moins une queue et une tête, saperlipopette !

J'enlevai ma salopette, enfilai ma toge après un long bain aux pétales de rose et revins devant mon carnet où s'enlaçaient des mots en pleine crise de prose.

 

Soit je conclus ici avec une petite pirouette, une couronne de lauriers, nul ne paiera mes dettes de toutes façons, en disant que César vécut heureux avec ses ides hideux qui riaient sous cape.

Soit je continue …

 

les ides grossissent et deviennent de plus en plus rouges … synonyme de danger …

César n'en a cure car il y a trop de bruit … il pourrait bien mourir assassiné …

Sauf que dans cette version, les poissons le sauvent, aux pieds de la statue de Pompé …

 

Ah, mes chères notes … Heureusement mes lecteurs ne les verront pas … Ils me reprocheraient mes points de suspension …

 

César, c'est mon chat ; il a six sens et met sur la platine un vinyle de Saint-Saëns en sourdine ; je lui lis ce que je viens d'écrire.

Il me donne son opinion sept fois, sonne le glas et me laisse avec Beethoven.

Mais ce n'est pas du thé, c'est de la verveine !

Tant pis pour toutes les bonnes aubaines, mars, avril et le beau mois de mai sont passés, en juin fais ce qu'il te plaît.

César, avé !

Je lui distribue une bonne dose de croquettes ; mais voilà, il ne les a pas aimées, et ça, il ne faut jamais le faire à un chat, sous peine de rancune prolongée.

Il lance un jet dont il a le secret sur mes feuillets …

Je pousse un miaulement drôlement proche du feulement comme à chaque fois que j'ai pondu un œuf et que je ne sais plus qui est arrivé en premier ?

César ? Moi ?

 

J'ai mis un brassard noir sur demain, pourquoi ?

Ah oui, je me souviens !

J'ai rendez-vous avec mon éditeur, Oscar.

César l'a en horreur et l'a déjà griffé trois fois. 

 

Je subodore une mauvaise journée, sauf si j'arrive à écrire quelque chose de sensé, et c'est pas gagné. 

 

(joailes – 9 juin 2023)

 

Posté(e)

Achète des Catisfactions à César, les miens en raffolent ! 😉

 

Encore un joli texte tout en jongleries surréalistes et chamboule-mots, entre Queneau et la grande Colette !

Posté(e)

Le mien aussi aime Camille Saint Saëns surtout "la danse macabre" lorsqu'il regarde avec envie les oiseaux derrière le carreaux!😉

Grande question existentielle, qui est arrivé le premier????

Un moment de lecture qui donne le sourire dès le matin surtout lorsque le chat dort et qu'il a bien rentré ses griffes!

Merci @Joailes

🙂

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ta plume est un chat qui joue avec les mots en guise de baballe et autres pelotes de laine. Et c'est un plaisir à croquer.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J’adore cette prose coq-à-l’âne où les jeux de mots et les allitérations sont à chaque tournant de phrase, dans la décontraction d’une écriture qui semble au fil de la plume, mais qui est en fait travaillée.

Modifié par Jeep

Posté(e)

Toujours les carnets du Major Joailes ? ils sont aussi inépuisables que ton imagination  !

Posté(e)
  • Auteur
Le 11/06/2023 à 14:54, Diane a écrit :

Toujours les carnets du Major Joailes ? ils sont aussi inépuisables que ton imagination  !

J'aurais pu, c'est héréditaire
Être officier d'État-major
Archevêque ou vétérinaire
Clerc de notaire ou chercheur d'or
Le hasard et la génétique
En ont voulu tout autrement
J'ai mis les doigts dans la musique
Et c'est ainsi qu'à présent
J'ai la guitare qui me démange
Alors je gratte un petit peu ... 🙂 
  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une histoire à suivre et à rire !

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