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Le créneau de Saint Pierre (I)

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

 

                             Saint Pierre était au créneau. Il s’appuyait des deux mains aux merlons et scrutait de son œil rond l’étendue bizarroïde de la plaine.

En bas, abrité par les remparts, Louis Deux de Bavière le regardait faire, l’air effaré. On l’appelait Louis Deux de Bavière à cause de ses accès de schizophrénie : il bavait alors, et ça moussait comme de la bière...

                             « Ouais ! disait Saint Pierre, l’œil circonspect. Au fond, comme en surface, ce type-là, on ne saura jamais s’il n’est pas plus hystérique qu’épileptique, ou inversement !

                             - Tu vois Montmartre, d’là-haut ? demanda Louis Deux de Bavière.

                             - Monsieur se moque, sans doute ? dit Saint Pierre. C’est moi, toujours moi, qui monte au créneau ! »

                             Ayant dit, il joignit les doigts de sa main en arc de cercle, la porta à son front et se mit à scruter la plaine...

                             « ...de mon œil rond, oui, je sais ! »

                             Saint Pierre était une personne d’humeur, pas d'humour.

                             Louis Deux, assis par terre, levait la tête pour le regarder de ses yeux démesurés, médusé, tout en suçant son pouce.

                             « J’ai caca, dit-il.

                             - La paix ! lui rétorqua Saint Pierre. Ce n’est pas le moment ! Il y a les chimères qui rappliquent !

                             - Zut ! ajouta-t-il. Ce ne sont pas des chimères, ce sont des réminiscences...

                             - Oui, mais moi, j’ai caca ! implora Louis Deux en se palpant le derrière avec quelque inquiétude.

                             - Ça fait un bruit terrible ! reprit Saint pierre. Il y a de la fumée blanche, rouge et noire... Un drôle de bruit, non dépourvu d’harmonie...

                             - Vous êtes amoureux ? demanda Louis Deux.

                             - Non !

                             - Mais vous l’avez été ?

                             - Plus d’une fois, Dieu me garde ! »

                             A peine Saint Pierre eut-il prononcé le nom de Dieu qu’il se mordit le majeur, puis l’annulaire. Au même moment gronda le tonnerre et frappa la foudre, à cent mètres sur sa dextre puis sur babord.

                             Saint Pierre haut perché se déhancha, jeta la tête par les merlons, pour constater les dégâts.

                             « Mort bleue ! s’écria-t-il. Et d’un mâchicoulis de moins ! »

                              Louis Deux observait, bouche bée.

                             - C’est marrant, Saint Pierre, quoique sinistre, vous n’êtes jamais gauche.

N'est-ce pas que vous êtes un homme droit ? »

                             Ce marmonnant, Louis Deux se tordait les doigts dans la bouche, comme si son pouce ne lui suffisait pas. Cette attitude gloutonne traduisait chez lui un intense questionnement métaphysique.

                             « Appelez-moi S.P., c’est plus bref et sans pépin, répondit Saint Pierre.

                             - Ah jamais ! Au grand jamais ! fit Louis Deux dans un sursaut terrible. S.P., S.P.... ça me fait penser à spolier, à sport, à serpent et à...

                             - Et ?

                             - Hem !

                             - Vous faites des associations stupides autant que gratuites !

                             - Dites, moi, je n’en suis qu’au stade anal, quoi, pesez cela, je vous prie. D’ailleurs, reprit-il après un moment de stupeur profonde, j’ai caca.

                             - Et après ? Tout est arrivé par votre faute. Pourquoi me demandiez-vous, tout à l’heure, si j’avais été amoureux ?

                             - C’est rapport à vos réminiscences, là. Si elles rappliquent animées de mauvaises intentions, mon vieux, vous allez prendre un sacré coup de nostalgie ! A votre place, je descendrais : vous êtes mal placé pour faire régner l’ordre sur Moi.

                             - Ce n’est pas faux. Je parle de la nostalgie, pas de vous. La grâce laisse parfois de ces bleus... Vous pouvez me tutoyer, tu sais.

                             - D’ac’. Mais pas question de t’appeler S.P. Ca fait trop obsessionnel.

                             - Fais ch., avec tes obsessions ! »

                             Louis Deux, à ces mots, ne put se retenir de retentir d’un grand rire qui lui fit faire un bond de trois mètres. Mais son hilarité se crispa et sa face livide devint jaune. Il se leva précautionneusement en tâtant délicatement d’une main hasardeuse son fond de culotte.

                             « Ah bravo ! fit-il. Bravo, vraiment ! J’avais caca, tout à l’heure. C’est fait, maintenant !

                             - M’em...bêtez, avec votre mental scatologique ! » grommela Saint Pierre.

                             Il remonta sur le créneau et scruta de son œil rond le paysage en peine de la pénéplaine.

                             « La glaciation s’annonce ! lança-t-il sèchement.

                             - C’est pas plutôt le train du soir ? » demanda Louis Deux.

                             Il avait baissé sa culotte et manipulait avec dégoût les feuilles d’un papier à usage peu dicible qui, sitôt qu’il avait servi, l’était encore moins.

                             « Pourquoi voulez-vous que ce soit le train du soir ? demanda Saint Pierre.

                             - Parce que tout à l’heure, vous parliez de votre nostalgie.

                             - Donc, ce n’étaient pas des réminiscences, hein ! C’était peut-être le grand départ vers les lendemains qui déchantent. Qu’importe ! Il fera trop froid, désormais. C’est la glaciation qui s’annonce.

                             - Bon, fit-il à l’adresse de Louis Deux. Vous avez fini de vous... nettoyer ?

                             - Oh, mais pourquoi donc ?

                             - Parce que le froid et la sécheresse arrivent main dans la main. Enfin, disons qu’elles se tiennent par les phalangettes !

                             - Risquons-nous des tapettes ?»

                             Saint Pierre haussa les épaules.

                             « Il va falloir faire front.

                             - Misère ! gémit Louis Deux en retombant sur son séant. J’aurais dû accepter de me faire lobotomiser par le professeur Charcot ! »

 

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

J’ai caca…

 

 

 

Bin voilà, dès que le lexique s’approche du stade anal du développement, je ris comme une grosse dinde violette… En plus, j’en ai même pas honte^^

 

 

 

Mais bon, c’est la faute à @Thy Jeanin avec son texte hilarant et truculent !

 

 

 

Posté(e)

Le roi perché savait pourtant qu'il n'y avait pas le feu au lac 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

À mon tour je monte au créneau pour prier Saint Pierre de bien vouloir ouvrir la porte des toilettes , à défaut de celle du paradis, à ce pauvre fou de Louis II de Bavière  qui exprime un besoin de défécation de la même façon que son frère Lar chie du coton.

Modifié par Jeep

Posté(e)

Saint Pierre était une personne d’humeur, pas d'humour....

voila pourquoi je préfère ( et de loin ) la grande Miquelon !

Posté(e)

Une vision de Saint Pierre qui interpellera tous ceux qui rêvent du Paradis mais avec des toilettes s'il vous plait!!!!

🤣

 

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