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L'absence (4)

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

La lame hivernale d’un triste matin blême découpe l’horizon monotone qui défile à travers les vitres du RER. L’odeur d’Isabelle est encore sur ma peau après la nuit dernière passée ensemble.  Je suis d’humeur chagrine. Toujours cette mélancolie en moi qui ravine un peu plus les fondements d’un bonheur perdu. Un vieux tube de Goldman des années 80 me revient en mémoire.

 

« Encore un matin
Un matin pour rien
Une argile au creux de mes mains
Encore un matin
Sans raison ni fin
Si rien ne trace son chemin »

 

Grandes barres HLM, maisons bourgeoises aux murs en pierres meulières, petits pavillons disposés à la va-vite pour répondre à une urbanisation galopante, les lignes de RER sont les artères qui filent à travers toutes ces existences et tissent entre elles un lien, aussi ténu soit-il.

 

Dans le compartiment, nous sommes serrés les uns contre les autres. La notion d’espace vital, cette aire considérée comme nécessaire à la survie, est à géométrie variable. Dans les transports en commun, en heure de pointe, pour les habitants des grandes villes et de leurs satellites-dortoirs, il se réduit à une main fermement agrippée à une barre, touchant celles du voisin, glissant sur ce métal à la surface saturée de moiteurs successives, l’autre main greffée à un smartphone, un livre ou une tablette. Cet espace vital est littéralement bouffé par des corps empilés dans une boîte de conserve en acier qui marinent dans la sueur partagée et le cocktail nauséeux des effluves entremêlés des parfums.  Des odeurs de hamburgers, de veilles vinasses, de tabac froid, les éternuements de l’une, la toux grasse de l’autre, les conversations téléphoniques des crétins qui ne savent pas la mettre en veilleuse, les musiques stockées sur les téléphones portables dont les racailles au rabais s’amusent à faire profiter leur entourage, les transports en commun sont définitivement le lieu où communier à la source de nos différences.

 

Je regarde à la dérobée mes colocataires involontaires pour le temps d’un voyage. En face, un adolescent au look négligé, visage ravagé par l’acné, écoute une musique électronique dont les battements binaires fuient des oreillettes de son écouteur. Une vieille à sa droite a le regard perdu dans le vague. Son appareil auditif doit sans doute lui permettre d’échapper en grande partie à la pollution sonore de son voisin. Je souris intérieurement. Dans la fleur de l’âge, nous nous servons de prothèse auditive pour nous couper de notre entourage et nous isoler en compagnie de nos pensées. Lorsque cette fleur de l’âge n’est plus que pétales fanés, si nous continuons à porter des prothèses auditives, c’est désormais pour rester en prise avec le monde dans lequel nous sommes inscrits, mais dont nous sentons notre empreinte dessus disparaître.  Et moi ? Qui suis-je pour ces gens ? Comment me perçoivent-ils ? Sur la scène de la vie, nous sommes tous en représentation, jouant une pièce de théâtre en un acte unique courant de notre naissance à notre mort, clap de fin qui résonne lourdement, écho de la tombale retombant sur le soubassement de la sépulture. Personne ne viendra jamais nous applaudir lorsque le rideau se fermera.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je reconnais là des questions que je me pose volontiers dans ce lieu ad hoc qu'est le métro. Finement observé.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les transports en commun aux heures de pointe, lieux de promiscuité et d’observation de la nature humaine, sont ici décrits avec un réalisme quelque peu désespéré.

Face à la mer, @Eathanor, je vous plains.

Posté(e)

Cet intermède sur le métro et le RER ne nous dit toujours pas qui est cette mystérieuse absente et pourquoi elle est partie ? ( oui je sais je suis impatiente ! )

A t elle dit au moins au revoir ?

 

et quitte à citer Goldman :

 

"Dans ton histoire
Garde en mémoire

Notre au revoir "

Puisque tu pars......

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