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Accents poétiques

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C'est trop tôt ce besoin....

Featured Replies

Posté(e)

 

 

C'est trop tôt ce besoin d'écrire quand l'amour s'en va aussi vite que la poussière. J'ai aimé cette maison au toit de tuiles dont les racines soulèvent la terre jusqu'à la chambre dedans, le manque de bruit, les promenades de nuit dans le ronflement qu'est la mer sans réverbère je l'ai affrontée, l'œil est un guide plus lumineux encore, une façon d'être dans le monde habillé de vent. Ma poésie est une souffrance que je retourne entre les mains comme une pâte blanche écrite au tableau ainsi je ne possède rien du soleil ou de la table et du mur refermé. Aujourd'hui elle est un refuge et c'est elle qui commande le repas à ses heures hypnotiques, méandres de l'arbre des formes et des contours elle m'habite alors qu'émergent les visages du réel. Je ne suis que l'ange, la lumière qui s'éteint, le bruit d'un corps de passage, dedans ce feu qui bouge.

 

Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer" assez vite, j'effleure, je loupe les trains, les messages des murs, émergent des visages, des yeux encore. Dans ma mise en examen je ne suis pas l'auteur volontaire, juste des mains procédurières pour accompagner la tarte aux pommes renversée au fond du plat, nos sets de table gris et rose flottent au vent emportant les arômes du repas et le parfum de ma peau distillé avec lenteur, on ne l'appellera pas Dévotion juste Envie d'être à la hauteur, Encre je cherche encore la journée devant, le vrai sur la peau.

 

De toi je ne sais rien si ce n'est que les poils poussent même la nuit, alors que dehors il fait frais j'ai perdu mon rôle au numéro 55 de la rue. Il n'y a pas de cigarette mais je la sens comme l'ivresse si proche du canapé muet dans sa position langoureuse, point lumineux marbré de gris je respire l'intérieur et mes peurs de souliers sur le trottoir. Dans cette maison je m'appelle Barcelone ou Béatitude sur la nappe rectiligne qui n'existe pas lorsque le téléphone sonne, tu hésites à décrocher, tu décroches, yes dis-tu au monde, c'est une pub pour les radiateurs de la mer, les peluches circulent dans la tête.

 

On est deux face à face, profils captés si peu pressés de s'effilocher tu me frottes le dos jusqu'à la salle d'embarquement d'un nuage d'avion alors que tout se crée dans le cerveau les bateaux mémorisent un désir enlisé où habite le silence et la douche déjà prise.

 

C'est trop tôt ce besoin de démolir la mer et ses ponts.

 

Modifié par Myrtille

Posté(e)

Pure merveille. J'ai sincèrement adoré. Au début, j'ai hésité avant d'entreprendre une si longue lecture...mais connaissant un tout petit peu votre univers et vos trajectoires poétiques  je me suis laissé porter. Je pense à Ferré en vous lisant qui détruisait de sa plume les concepts dictés. 

Votre texte mériterait un vrai commentaire composé tant il regorge de saillies poétiques et de fulgurances. 

"..Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer"assez vite..." alors là je chavire...

Cela pourrait être le titre d'un livre.

Bravo Myrtille!

Posté(e)

Tu sais écrire avec un style intimiste qui est vraiment très plaisant pour le lecteur. Il y a dans ces lignes, de très belles images qui ont fait galoper mon imagination.

Posté(e)

Je dirai seulement que j'ai lu et que ça m'a plu. Pourquoi, dans quelles rêveries cela m'a entraînée, je ne saurais le dire.

J'aime ton atmosphère, je crois que c'est ça. 

Posté(e)
Il y a 9 heures, Frédéric Cogno a dit :

Pure merveille. J'ai sincèrement adoré. Au début, j'ai hésité avant d'entreprendre une si longue lecture...mais connaissant un tout petit peu votre univers et vos trajectoires poétiques  je me suis laissé porter. Je pense à Ferré en vous lisant qui détruisait de sa plume les concepts dictés. 

Votre texte mériterait un vrai commentaire composé tant il regorge de saillies poétiques et de fulgurances. 

"..Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot "aimer"assez vite..." alors là je chavire...

Cela pourrait être le titre d'un livre.

Bravo Myrtille!

J'ai chaviré comme Frédéric en lisant  "Je suis dangereuse ne comprenant pas le mot 'aimer" assez vite! " Bravo!

Posté(e)

Un univers dans lequel on a envie de se laisser porter plus encore, d'y revenir et qui laisse planer beaucoup de mystère, j'aime vraiment.

Posté(e)

C'est un travail d'écriture remarquable. L'ambiance promeneuse et interrogative capte des moments intimistes et affectifs. C'est une balade par les mots et entre les mots, légère et agréable qui pour autant, ne manque pas d'épaisseur humaine. Un petit bijou!

Posté(e)
  • Administrateur

Une écriture ciselée comme tu sais le faire mais dans ce texte en prose, elle parait encore plus juste. Chaque mot trouve sa place et fait sens, embarquant le lecteur dans ton univers si particulier, aussi séduisant que mystérieux.

Posté(e)
  • Auteur
Le ‎10‎/‎11‎/‎2018 à 12:49, Frédéric Cogno a dit :

Pure merveille. J'ai sincèrement adoré. Au début, j'ai hésité avant d'entreprendre une si longue lecture...votre texte mériterait un vrai commentaire composé tant il regorge de saillies poétiques et de fulgurances. 

 

J'ai aussi longuement hésité à mettre ce texte sur le site. La longueur n'est il me semble pas appropriée à une lecture sur écran, alors j'étais dans cette situation, j'y vais, j'y vais pas, et en même temps je pensais avoir peu de lectures. Ce texte écrit de nuit est une atmosphère des profondeurs qui demande le silence et le noir, seule la lumière de l'écran me laissant éveillée. C'est un peu comme l'émission "le divan", c'est une confidence et une imagination de l'esprit confiées au clavier. Penser à Ferré est un merveilleux compliment. Je dirais que se déshabiller la nuit de ses mots est un magnifique exercice à découvrir à l'heure du petit déjeuner. Pourquoi ne pas parler ainsi face à face, la timidité, la pudeur etc.... c'est pour cela que l'écriture est un excellent défouloir qui entraîne dans des contrées inconnues une heure avant. L'écriture est magique car elle va plus loin que la pensée et fouille au corps dans un univers intimiste happé par le noir . Merci à vous tous.

Modifié par Myrtille

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