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Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

          Mesdemoiselles, Mesdames et surtout Messieurs

 

          Voici que voilà que c’est avec une grande et roborative fierté que j’ai l’extrême et viril honneur de vous faire savoir la nouvelle qui incessamment va suivre ces premières lignes et que j’ai l’aplomb de vous annoncer en même temps que je trace lesdites au fil vaillant de mon curseur sur l’écran qui a l’insigne avantage de vous les révéler sous peu alors que vos yeux éblouis se pressent à les lire avec – je n’en doute point – avec, disais-je, avidité, cela va sans dire et nonobstant je l’ai dit, ouf.

 

          Vous ne l’ignorez pas, car vous le savez, tout au moins l’aurez-vous remarqué malgré ces temps relâchés que nous vivons non sans raideur, il est des individus membres de ce qu’il est convenu de désigner par l’appellation « sexe masculin » et qui méritent mieux que cela. Je m’explique, car il est bon d’être clair, mais meilleur de ne laisser aucune obscurité dans des propos d’une telle importance pour l’avenir de l’humanité. Les individus dont je parle, comme d’ailleurs les autres, ne portent pas leur sexe sur leur nez, sans quoi la gêne serait évidente, ne mettons pas d’œillère, il est inutile de faire des œillades, ces propos sont d’un implacable sérieux, soit dit en passant, car nous n’y reviendrons pas. Il est, dis-je, des êtres plus mâles que d’autres qu’eux-mêmes*, et ce pour la simple et naturelle raison qu’ils ne sont pas – dirai-je – conformés comme eux (j’entends non comme eux-mêmes, car l’aporie éclaterait au grand jour, mais comme lesdits autres dont il vient juste d’être question, je vous prie de suivre un peu mieux le fil de mon discours).

 

          Qu’est-ce à dire, demanderez-vous sans vergogne, et vous aurez raison, c’est là le thème même de cette déclaration intempestive et néanmoins nécessaire pour éclairer le monde. C’est-à-dire que ces hommes dont je m’évertue à parler ne sont pas pourvus du simple et habituel complexe chromosomique XY. Non, vous dis-je. C’est bien mieux : ces hommes, que je n’hésite pas un millième de micro-seconde à qualifier de surhommes – d’autres diraient « surmâles », nous en discuterons dans une prochaine logorrhée si vous le voulez bien, ne mélangeons pas, chaque chose en son temps, chaque mot en sa ligne, et ainsi de suite, n’est-ce pas – sont pourvus d’un royal double YY dans lequel retentit une virilité renforcée – ce mot féminin n’est-il pas agaçant qui m’oblige à affubler de la marque du genre faible son épithète, mais ce n’est pas le sujet, nous reparlerons de grammaire plus tard, je vous prie de bien vous concentrer. Je dirai que ces hommes-là, en quelque sorte et parce qu’il faut appeler fauve un fauve, en ont plus que les autres, voilà le mot est lâché et d’ailleurs ils sont deux, ce n’est pas par hasard – mais attendez, attendez ! Injustement ignorés du public, ils méritent mieux que l’infamant anonymat dans lequel on les entretient.

 

          Certes, d’aucuns ont avancé une explication d’ailleurs plausible : ils seraient issus de Mars en des temps reculés – ce qui ne signifie pas éculés, ne jouons pas sur les mots, je vous prie – où la planète rouge étaient peuplée de baroudeurs extraterrestres dont une équipée aurait atteint notre Terre pour la féconder d’individus exceptionnels. Cela n’est pas prouvé, mais bien trouvé. Or  ces hommes sont bien présents parmi nous. Un d’eux, c’est trois d’entre nous. Hommage à ces costauds ! C’est dans un but de louange et de défense de leurs intérêts que j’ai résolu l’initiative musclée de créer une association pour regrouper leurs admirateurs. C’est donc la naissance de ce hardi compagnonnage d’homoioi que j’avais l’intention de vous faire savoir, à quatre pas d’ici s’il le faut – qu’on se le dise et qu’on se tienne à carreau. Or, cette intention ne m’ayant pas quitté, je vous l’annonce donc, comme précédemment dit et nous y voici, c’est presque fait, - attendez, y en a encore.

 

          Mademoiselle, Madame, Monsieur, je vous annonce donc en conséquence de quoi, la création de l’association en question qui ne restera pas plus en suspens et que voici :

 

l’Association des Compagnons de la Troisième Burne est née.

 

          Car si la réalité dudit tiers attribut est fictive, il n’en a pas moins un sens allégorique qui fait saillie à qui n’a pas froid aux yeux.

 

          Les statuts en seront communiqués plus tard, après la bière et le pastis, parce qu’il est bien évident qu’un tel événement s’arrose sans retenue et sur le mode masculin, tiens.

 

          Mademoiselle, mesdames et messieurs : Hardi, ardu ardent ! Telle sera notre devise.

 

Dr. André L’Andru.

andrologue

titulaire du Spartiate d’or

vétéran de la Sexion Etrangère

 

 

*Note à benêt (car l’erreur est benoîte). Je m’aperçois à la relecture, aussi bien que je le ferais dans un miroir, et c’est bête mais quand il faut réfléchir, l’enthousiasme gêne. Je m’aperçois donc (et m’admire, mais je ne m’étendrai pas sur le sujet, ce serait digresser sur un sol glissant) que, traçant les lignes supra, j’ai malencontreusement perdu en route une proposition subordonnée relative (voyez l’astérisque), laissant esseulé un pronom relatif livré à lui-même et donc porté à des pratiques masturbatoires non moins qu’aléatoires que je qualifierai volontiers de syntaxiquement répréhensibles. Pourtant, cela ne doit en aucune façon nuire à votre lecture. En effet, cette proposition n’avait aucun caractère obligatoire, comme son nom l’indique ; par ailleurs, le pronom étant relatif, sa nécessité reste à démontrer. Je vous invite donc à l’élaguer sans plus de façon de la phrase incriminée. Nous n’en conclurons pas pour autant, décence oblige, à une phrase émasculée. Au contraire, elle aura retrouvé son intégrité.

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

J'ai toujours trouvé difficile de répondre à une annonce et pourtant je l'ai fait (dans ma vie) forcément il fallait bien. J'en conclus qu'en perdant un attribut, on peut retomber sur ses pieds, finalement. 

Posté(e)

Fichtre !  Des surhommes ?  Où ça , où ça …🤪

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Intéressée.

signé: Emma Ovary

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