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La poudre noire des violons

Featured Replies

Posté(e)
 
 
Le train fume 
Il crache la noirceur
Du sinistre voyage
Des visages écrasés
Contre ses parois
Du  métal de ses entrailles
Ne laisse s’échapper  aucune voix
Des gorges serrées 
Des hommes-bétails 
Chargés dans les wagons
N’ont plus aucun choix 
 
Jamais ils n’auraient pensé…
 
N’emportant rien
Ou pour quelques uns
Une seule chose 
L’âme qui fût leurs vies
Un instrument 
Un compagnon 
Pour l’enfer
Un trésor 
Pour espérer 
Jouer encore
Sa propre partition 
 
Recoller par la musique 
Les morceaux de vies brisées 
Redéfinir l’humanité 
Au moins lui offrir
Un peu de dignité 
 
 Jamais ils n’auraient pensé…
 
Jouer pieds nus 
En haillons 
« Accompagner » dit-on
Ces pauvres gens
Ceux à qui ils ont retiré tout vêtement
Les uns contre les autres qui se pressent 
Espérant un peu de chaleur 
Ou qu’aucun regard ne les agresse
 
Jamais ils n’auraient pensé…
 
Ni les uns
Ni les autres 
Ceux qui jouent
Ceux qui marchent 
Écoutant l’insoutenable 
Jouant l’épouvantable 
Vers ces endroits funestes 
Laisser glisser l’archet
Sur les cordes rigides d’un destin 
Que des hommes ont diaboliquement orchestré 
Et jouer pour eux sans trembler 
D’une main leste …
 
Mais le « La » ne s’accorde pas
Quand du sol 
Claque le fouet
 
La cheminée fume 
Elle crache l’horreur 
De l’abomination 
Sur le ciel sombre du soir
De la poudre noire
Délicatement se dépose 
Au cœur des violons.
 
 
21/12/2022
 
« La poudre noire des violons »
L’orchestre du Palais Royal a joué récemment avec des instruments de musique ( notamment des violons) des déportés des camps de concentration : « les violons de la Shoah. »

 

Posté(e)

Comment décrire l'horreur ? L'horreur absolu,réfléchi,orchestré (!) . Le contraste entre ton cri et la douceur des violons est saisissant. Bravo et merci.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
il y a 18 minutes, Nâau a écrit :
Mais le « La » ne s’accorde pas
Quand du sol 
Claque le fouet

Un très beau poème qui me rappelle la chanson poignante de Jacques Brel "Nuit et brouillard"

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je ne saurais dire que bravo et merci, @Nâau tant vos mots sont percutants...

Posté(e)

Ce poème fort tente de dire l'indicible.

Posté(e)
il y a une heure, Nâau a écrit :
La cheminée fume 
Elle crache l’horreur 
De l’abomination 
Sur le ciel sombre du soir
De la poudre noire
Délicatement se dépose 
Au cœur des violons.


j ai écrit plusieurs textes sur ce thème…peut être même ici. ( pas retrouvé)

je ne peux donc qu approuver .

merci Naau.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’horreur de la Shoah n’a malheureusement pas guéri le monde.

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème intense dont les vers disent magnifiquement ces tristes âmes consumées…

Posté(e)

Bonjour @Nâau et simplement bravo pour ce poème puissant. Il faut savoir que trois concerts ont été donnés sur scène à l'opéra de Paris en novembre dernier ; que les violons sont eux-mêmes des rescapés de l'holocauste, (réparés par un maître luthier) ce qui les a rendus encore plus émouvants.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 3 heures, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

Ce poème fort tente de dire l'indicible.

Oui « tenter » de dire ce qui ne peut se dire où les mots sont bien impuissants… mais essayer quand même à son petit niveau, sa petite échelle, merci Daniel !

il y a 16 minutes, Joailes a écrit :

Bonjour @Nâau et simplement bravo pour ce poème puissant. Il faut savoir que trois concerts ont été donnés sur scène à l'opéra de Paris en novembre dernier ; que les violons sont eux-mêmes des rescapés de l'holocauste, (réparés par un maître luthier) ce qui les a rendus encore plus émouvants.

J’ai vu un reportage sur ce luthier effectivement et j’ai été impressionné par son témoignage… merci Joailes !

Posté(e)
Il y a 5 heures, Tarentaise a écrit :

Un très beau poème qui me rappelle la chanson poignante de Jacques Brel "Nuit et brouillard"

Jean Ferrat, cher @Tarentaise, Jean Ferrat...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Magnifique et vibrant hommage à celles et ceux qui ont vécu le pire. En choisissant l'étoile méritée, je pense à une autre étoile, jaune elle aussi, qui ne doit jamais s'éteindre dans la mémoire des hommes moralement dignes de ce nom.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 10 heures, Eau de brume a écrit :

Comment décrire l'horreur ? L'horreur absolu,réfléchi,orchestré (!) . Le contraste entre ton cri et la douceur des violons est saisissant. Bravo et merci.

 

Il y a 10 heures, Tarentaise a écrit :

Un très beau poème qui me rappelle la chanson poignante de Jacques Brel "Nuit et brouillard"

 

Il y a 10 heures, Sophie a écrit :

Je ne saurais dire que bravo et merci, @Nâau tant vos mots sont percutants...

 

Il y a 9 heures, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

Ce poème fort tente de dire l'indicible.

 

Il y a 9 heures, Diane a écrit :


j ai écrit plusieurs textes sur ce thème…peut être même ici. ( pas retrouvé)

je ne peux donc qu approuver .

merci Naau.

 

Il y a 9 heures, Jeep a écrit :

L’horreur de la Shoah n’a malheureusement pas guéri le monde.

 

Il y a 9 heures, Eathanor a écrit :

Un poème intense dont les vers disent magnifiquement ces tristes âmes consumées…

 

Il y a 6 heures, Joailes a écrit :

Bonjour @Nâau et simplement bravo pour ce poème puissant. Il faut savoir que trois concerts ont été donnés sur scène à l'opéra de Paris en novembre dernier ; que les violons sont eux-mêmes des rescapés de l'holocauste, (réparés par un maître luthier) ce qui les a rendus encore plus émouvants.

Merci à chacun de vous ! Cette période terrifiante de notre humanité hantera nos âmes éternellement, puisse-t-elle nous apprendre à nous redéfinir et nous améliorer toujours…

Posté(e)

Bonsoir @Nâau texte trés émouvant, première partie 'ferroviaire' évoquant Nuit et brouillard d'Alain Resnais.

(souligné plus haut) Sur le même sujet on trouvera sur le forum le récent  Abri- @Diane, ou le  plus ancien 

Lorsque les orchestres - @Pierre 2 mai 2021

Etoile🌠  

Posté(e)
  • Auteur
il y a 48 minutes, Filae77 a écrit :

Bonsoir @Nâau texte trés émouvant, première partie 'ferroviaire' évoquant Nuit et brouillard d'Alain Resnais.

(souligné plus haut) Sur le même sujet on trouvera sur le forum le récent  Abri- @Diane, ou le  plus ancien 

Lorsque les orchestres - @Pierre 2 mai 2021

Etoile🌠  

Bonsoir Filae merci beaucoup pour vos renseignements, j’irai lire ces textes  de Diane et Pierre 

Posté(e)

@Nâau

 

Un bien bel hommage. Et hop ! au top.

Posté(e)

Magnifique cri poétique pour exprimer l’horreur et la barbarie . Merci 

Posté(e)
Le 20/02/2023 à 10:03, Nâau a écrit :
La cheminée fume 
Elle crache l’horreur 
De l’abomination 
Sur le ciel sombre du soir
De la poudre noire
Délicatement se dépose 
Au cœur des violons.

Un poème bouleversant, avec des mots forts qui sonnent juste et vrai, pour dire et redire l'indicible barbarie. Merci à vous !

Modifié par Danivan
Correction

  • 2 mois plus tard...
Posté(e)
Le 20/02/2023 à 10:03, Nâau a écrit :
Laisser glisser l’archet
Sur les cordes rigides d’un destin 
Que des hommes ont diaboliquement orchestré 

 

Je relis à haute voix ces trois vers profondément humains. Ils donnent, par les images d'abord poétiques puis par celles qui renvoient à la violente période de la Shoah, un instantané de la violence des uns et du martyre des autres avec cette proximité entre la délicatesse de l'archet sur le violon et l'horreur du nazisme. "Les cordes rigides d'un destin" relient encore davantage ces oppositions.

 

Très beau poème.

 

Il ne faut pas oublier, aujourd'hui plus que jamais. 

Posté(e)
  • Auteur
il y a 48 minutes, Bollinger a écrit :

 

Je relis à haute voix ces trois vers profondément humains. Ils donnent, par les images d'abord poétiques puis par celles qui renvoient à la violente période de la Shoah, un instantané de la violence des uns et du martyre des autres avec cette proximité entre la délicatesse de l'archet sur le violon et l'horreur du nazisme. "Les cordes rigides d'un destin" relient encore davantage ces oppositions.

 

Très beau poème.

 

Il ne faut pas oublier, aujourd'hui plus que jamais. 

Merci Bollinger pour ce retour et votre commentaire sur une des périodes noires de notre histoire, oui «  il ne faut pas oublier, aujourd’hui plus que jamais » !

 

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