Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Y a rédac'

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

      J’allais sur mes sept ans, un cycle s’achevait ; le jeudi de la semaine des quatre, je m’enveloppais d’une antique robe de chambre pourpre et azur, j’en faisais l’uniforme des chevaliers du ciel et j’entrais dans le cockpit, sous mon bureau ; puis, assis par terre, je tirais sur le manche et le meuble décollait.

 

      Un peu comme une maison, oui car ma maison avait des ailes ; mais c’était plus souvent un champignon, avec sa porte d’entrée et ses fenêtres éclairées par le reflet du soleil sur les capucines.

 

      Bien sûr, j’éteignais les étoiles en partant les rejoindre avec la folle du logis.

 

      En ce temps-là, on dormait bien, sauf la nuit de Noëlle. J’étais ébloui parce qu’elle, l’air de rien, elle avait volé l’or du Rhin. A treize ans, il s’agirait plutôt, avec Murielle, de l’or du rein, le rein beau, comme on dit dans les sonnets. J’aimais déjà bien la musique et la poésie.

 

      Pourtant, j’y pense, avec la chorale de l’école, nous avions le 11 novembre chanté La Marseillaise au monument aux morts ; alors, le Rhin ne me disait plus rien.

 

      D’ailleurs, je rêvais de San Francisco en écoutant Hallyday qui n’avait pas encore trop jauni comme un aqueux coucou.

 

      Un soir, j’avais pleuré en songeant que jamais je ne serais à rire « de notre double vie », c’étaient les mots de Lamartine sur la tombe de mon père.

 

      Je ne sais plus, moi, comment mon bureau-fusée se transforma en biplan de la Der des ders, un Nieuport 17, dis donc. Même à la messe il était dans ma tête et ma tête dans les airs. Il fallait faire gaffe quand un ange passait.

 

      Je ne crois pas que le père Pivoine, il était déjà suspect d’avoir ravi Margot. Enfin, c’est-à-dire qu’elle était ravie, mais on nous disait de nous méfier des vieillards trop gentils. J’y reviendrai, Maman m’a demandé de surveiller le lait sur le feu.

 

      A l’atterrissage, je tendais la main à tous les lutins qui se cachaient sous mon lit. Il fallait éloigner un peu le chat, il les aurait pris pour des souris. Comme mon mari, qu’il est petit.

 

      Je pourrais, vrai, chanter tous les succès de cette époque : à la claire fontaine, Monsieur Dumollet, j’ai perdu le do, auprès de ma blonde… mais ce serait fastidieux et contre indiqué par les météorologistes, je ne suis pas Colargol, moi.

 

      D’ailleurs, j’ai une casserole à surveiller.

 

      Ce qui me ramène, tiens, à la mienne, de souris. Je lui souriais pour des prunes, dans ma tenue de louveteau. Je crois qu’elle préférait le loup. Et puis j’aimais mieux la belle vêture des mousquetaires (je disais mouscotaires, pourtant je suis jamais allé à Moscou, encore moins sur un scooter). Ah ce qu’on avait fière allure, au XVIIe ! Même les hommes. Moustache et cheveux longs, c’est mieux que chapeau melon et bottes de cuir. Même la façon de se battre en duel était pleine d’élégance, l’épée à la main.

 

      Le marquis de Montcalm sur les images d’Epinal, par exemple, c’est un siècle plus tard, mais qu’est-ce que c’était beau, ces uniformes noirs du roi, les Anglais tout rouges auraient dû se rendre rien que pour ça, ces nigauds.

 

      Quant au treillis des GI, c’est trop moche. Plus tard, j’apprécierais le pampre et la treille, mais c’est le genre de rapport dont les sous-off’ qui en exigent un se contrefichent comme de leur premier pruneau.

 

      Les agents de police savent qu’avec un pruneau, ça vous troue : la peau lisse, fini ; c’est pour ça qu’à jeun ou pas, ils s’en fichent pas, des pruneaux. Toute arme les intéresse, même blanches. D’ailleurs, pour en revenir à l’escrime, c’est beau mais ça pousse au crime.

 

      Peut-être qu’on devrait retourner à la fronde de Thierry, sire de Janville, célèbre résistant à l’anglomanie et aimé de la belle Isabelle aux longs cheveux. La digression a l’avantage de remettre sur le tapis de jeu les anecdotes de Margot et Pollux (tiens, en voilà un sacré, d’anglomane). Et si le manège enchanteur du père Pivoine, l’ami des enfants, était le théâtre des pires malversations, hein ? Ne voyons pas le mal partout, mais il faut reconnaître que de nos jours les Zébulon sont devenus légion, tournicoton.

 

      Bon, je pourrais passer à Casimir et à son gloubi-boulga, mais voilà un petit moment que le passé asticote ma plume. Je vais déposer un point final. Ma rédaction est prête : « Avez-vous la nostalgie de votre enfance ? »

 

      Maman, je peux aller jouer ?

 

PS. Excusez-moi, Maîtresse, j’ai dû oublier un discordantiel avant le forclusif. Et puis il y a une imperfection dans mon subjonctif plus-que-passé, mais j’ai plus le temps.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Le jour de la rédac' : mon jour préféré ! 🙂 Et après tu peux aller regarder tes vieux feuilletons à la télé ! 🙂 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Élève @Thy Jeanin, votre rédaction est d’un style vivant et restitue bien vos souvenirs d’enfance datés. 18/20.

Posté(e)

On ne met jamais 18/20 à une redac’ mais j avoue, celle ci le mérite , je n’ai relevé ni fautes d orthographe ni de concordance de temps , bravo élève Thierry !

 

j’y ai retrouvé presque tous les héros et distractions de mon enfance , hormis le bureau transformé en fusée et tous les trucs de garçon, forcément. 
Janique aimée …Ivanhoe….

 

donc pour moi la réponse est clairement oui, pas pour maman qui n'était jamais

là , mais sur cet aspect récréatif oui. 

il paraît que la nostalgie n’est pas une bonne chose, mais il me semble à moi

que c’est inévitable pour la période de l enfance lorsque celle ci ne s’est pas trop mal passée.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Posté(e)

Vivant , alerte, un recit  d'enfance super agréable sous votre plume trempée dans le bleu de vos souvenirs 

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.