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L'oiseau invisible

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les espèces disparues, le sont-elles vraiment

Ne peut-on seulement rêver l'une d'elles approcher

Ne fût-ce qu'un instant émergeant hors du temps

Sans que vacille la raison incendiée

 

L'oubli s'est enfin disloqué cette nuit-là...

Quand les nasses du temps déchirées ont pleuré

Le long du sentier où surgirent alors tes pas

Delà l'opacité à demi-dénudée

 

L'oiseau perdu transparaît des larmes du temps

Après une éternité de cent quarante ans

Dans des pièges photographiques bien réels

 

Drapé de nuit où se noie à l'envi le couchant

Ton âme glissant dans l'onde cicatricielle

Capture l'aube en ses rubis étincelants

 

 

Catalogue of the Birds in the british Museum

 

 

Le pigeon faisan à nuque noire.jpg

Modifié par Sophie
Le pigeon faisan à nuque noire

Posté(e)

je pense, en vous lisant, @Sophie, à un texte de Philippe Jaccottet : "Les oiseaux invisibles" ... En voici un extrait :

 

 

Chaque fois que je me retrouve au-dessus de ces longues étendues

couvertes de buissons et d’air (couvertes de buissons comme autant

de peignes pour l’air) et qui s’achèvent très loin en vapeurs bleues,

qui s’achèvent en crêtes de vagues, en écume ( comme si l’idée de la

mer me faisait signe au plus loin de sa main diaphane, et qui tremble),

je perçois, à ce moment de l’année, invisibles, plus hauts, suspendus,

ces buissons de cris d’oiseaux, ces points plus ou moins éloignés

d’effervescence sonore. Je ne sais quelles espèces d’oiseaux chantent

là, s’il y en a plusieurs, ou plus vraisemblablement une seule : peu

importe. Je sais que je voudrais, à ce propos, faire entendre quelque

chose (ce qu’il incombe à la poésie de faire entendre, même aujourd’hui),

et que cela ne va pas sans mal.    

     C’est une chose invisible (en pleine lumière, alors qu’il ne me

semble pas que rien puisse la cacher, sinon justement la lumière,

peut-être aveuglante), c’est une chose suspendue (c’est-à-dire à la fois

« en suspens » - l’arrêt, l’attente, le souffle retenu pour ne rien troubler

d’un précieux équilibre -, et « flottante » : montant et descendant

doucement sur place, tel un amer selon le souffle des eaux) ; c’est une

chose, surtout, qui rend sensible une distance, qui jalonne l’étendue ;

et il apparaît que cette distance, loin d’être cruelle, exalte et comble."

Posté(e)

Quand nous serons nous même espèce disparue, quel anthropologue aura, dans un futur de néant, la même nostalgie ?

 

De nostalgie il n'y aura pas. Car nous portons la terrible responsabilité de notre destin, contrairement aux oiseaux ...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Émouvante cette image du pigeon-faisant à nuque noire, que l’on pensait disparu depuis 140 ans, et qui a été revu récemment en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Très beau le poème qui restitue cette émotion.

Posté(e)
Il y a 11 heures, Sophie a écrit :

Les espèces disparues, le sont-elles vraiment

Ne peut-on seulement rêver l'une d'elles approcher

Ne fût-ce qu'un instant émergeant hors du temps

Sans que vacille la raison incendiée

 

L'oubli s'est enfin disloqué cette nuit-là...

Quand les nasses du temps déchirées ont pleuré

Le long du sentier où surgirent alors tes pas

Delà l'opacité à demi-dénudée

 

L'oiseau perdu transparaît des larmes du temps

Après une éternité de cent quarante ans

Dans des pièges photographiques bien réels

 

Drapé de nuit où se noie à l'envi le couchant

Ton âme glissant dans l'onde cicatricielle

Capture l'aube en ses rubis étincelants

 

 

Catalogue of the Birds in the british Museum

 

 

Le pigeon faisan à nuque noire.jpg

Est-ce que les choses disparaissent du moment où elles ne sont plus sous nos yeux ? La réalité de l’invisible dépasse les frontières du temps qui n’est qu’en soit qu’une illusion, une création de notre esprit 🙃 , la restitution de ce qui n’est plus tient à la force de nos souvenirs et … le talent de ce poème par exemple 😉

Posté(e)

Une touchante nostalgie , un rêve suspendu à votre belle poésie ...

Il y a 14 heures, Sophie a écrit :

Drapé de nuit où se noie à l'envi le couchant

Ton âme glissant dans l'onde cicatricielle

Capture l'aube en ses rubis étincelants

 

 

Posté(e)

Les oiseaux vous inspirent @Sophie et de belle manière !

Posté(e)
Le 27/12/2022 à 20:51, Sophie a écrit :

L'oubli s'est enfin disloqué cette nuit-là...

Rêvons. Je me souviens d'une photo prise de nuit du dernier spécimen de thylacine que je fixais longuement, adolescent, dans une encyclopédie de zoologie. Il y a peu, l'histoire de Georges m'a ému. Cette sixième extinction est massive et rapide. Et, contrairement à toutes les autres, elle est anthropique. Elle n'a pas commencé avec l'industrialisation (pour exemple, l'extinction des moas par les Maoris au XIIe siècle), mais depuis…

 

Posté(e)
  • Administrateur

Poème en forme d'instantané mémoriel pour ce qui fût avant de se perdre dans les limbes du passé.

En matière de volatile éteint, j'avoue avoir un faible pour celui-ci, bien qu'il ne soit pas parmi les plus gracieux, le dodo.

Dodo Bird Game GIF by Xbox

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Le 27/12/2022 à 21:03, Joailes a écrit :

je pense, en vous lisant, @Sophie, à un texte de Philippe Jaccottet : "Les oiseaux invisibles" ... En voici un extrait :

 

 

Chaque fois que je me retrouve au-dessus de ces longues étendues

couvertes de buissons et d’air (couvertes de buissons comme autant

de peignes pour l’air) et qui s’achèvent très loin en vapeurs bleues,

qui s’achèvent en crêtes de vagues, en écume ( comme si l’idée de la

mer me faisait signe au plus loin de sa main diaphane, et qui tremble),

je perçois, à ce moment de l’année, invisibles, plus hauts, suspendus,

ces buissons de cris d’oiseaux, ces points plus ou moins éloignés

d’effervescence sonore. Je ne sais quelles espèces d’oiseaux chantent

là, s’il y en a plusieurs, ou plus vraisemblablement une seule : peu

importe. Je sais que je voudrais, à ce propos, faire entendre quelque

chose (ce qu’il incombe à la poésie de faire entendre, même aujourd’hui),

et que cela ne va pas sans mal.    

     C’est une chose invisible (en pleine lumière, alors qu’il ne me

semble pas que rien puisse la cacher, sinon justement la lumière,

peut-être aveuglante), c’est une chose suspendue (c’est-à-dire à la fois

« en suspens » - l’arrêt, l’attente, le souffle retenu pour ne rien troubler

d’un précieux équilibre -, et « flottante » : montant et descendant

doucement sur place, tel un amer selon le souffle des eaux) ; c’est une

chose, surtout, qui rend sensible une distance, qui jalonne l’étendue ;

et il apparaît que cette distance, loin d’être cruelle, exalte et comble."

Merci infiniment Joailes pour ce sublime texte ! J'adore le titre. 🙂

Le 27/12/2022 à 23:01, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

Quand nous serons nous même espèce disparue, quel anthropologue aura, dans un futur de néant, la même nostalgie ?

 

De nostalgie il n'y aura pas. Car nous portons la terrible responsabilité de notre destin, contrairement aux oiseaux ...

Il est vrai que nous portons la responsabilité de notre destin. Je crois, cependant, déceler chez l'anthropologue une grande délicatesse et une joie indicible à chaque découverte. En sera-t-il de même pour nous?

Le 27/12/2022 à 23:26, Jeep a écrit :

Émouvante cette image du pigeon-faisant à nuque noire, que l’on pensait disparu depuis 140 ans, et qui a été revu récemment en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Très beau le poème qui restitue cette émotion.

Un rêve devenu réalité ! Espérons que ce rêve ne soit pas éphémère !

Le 28/12/2022 à 08:49, Nâau a écrit :

Est-ce que les choses disparaissent du moment où elles ne sont plus sous nos yeux ? La réalité de l’invisible dépasse les frontières du temps qui n’est qu’en soit qu’une illusion, une création de notre esprit 🙃 , la restitution de ce qui n’est plus tient à la force de nos souvenirs et … le talent de ce poème par exemple 😉

J'aime beaucoup "la réalité de l'invisible", Naau.

Le 28/12/2022 à 11:18, Marie-Paule a écrit :

Une touchante nostalgie , un rêve suspendu à votre belle poésie ...

 

Une grande émotion de voir apparaître un oiseau disparu !

Le 28/12/2022 à 12:53, Diane a écrit :

Les oiseaux vous inspirent @Sophie et de belle manière !

Les oiseaux m'inspirent, vous avez raison, Diane. et merci pour la belle manière !🙂 

Le 29/12/2022 à 01:22, Panicaut a écrit :

Rêvons. Je me souviens d'une photo prise de nuit du dernier spécimen de thylacine que je fixais longuement, adolescent, dans une encyclopédie de zoologie. Il y a peu, l'histoire de Georges m'a ému. Cette sixième extinction est massive et rapide. Et, contrairement à toutes les autres, elle est anthropique. Elle n'a pas commencé avec l'industrialisation (pour exemple, l'extinction des moas par les Maoris au XIIe siècle), mais depuis…

 

Oui, Panicaut, rêvons encore et toujours...

Il y a 20 heures, Eathanor a écrit :

Poème en forme d'instantané mémoriel pour ce qui fût avant de se perdre dans les limbes du passé.

En matière de volatile éteint, j'avoue avoir un faible pour celui-ci, bien qu'il ne soit pas parmi les plus gracieux, le dodo.

Dodo Bird Game GIF by Xbox

Nombreuses sont les espèces que nous voudrions voir surgir du passé. Celle-ci est surprenante et atypique, sans nul doute ! Elle n'en est que plus touchante.

 

Merci infiniment @Joailes, @Daniel Muller-Ferguson, @Jeep, @Nâau, @Marie-Paule, @Diane, @Eathanor, @Martialys, @Tarentaisepour vos mots et/ou étoiles.

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Magnifique poème @Sophie, le retour de l’oiseau et la chance d’être là pour l’apercevoir…

Posté(e)
Le 28/12/2022 à 08:49, Nâau a écrit :

Est-ce que les choses disparaissent du moment où elles ne sont plus sous nos yeux ? La réalité de l’invisible dépasse les frontières du temps qui n’est qu’en soit qu’une illusion, une création de notre esprit 🙃 , la restitution de ce qui n’est plus tient à la force de nos souvenirs et … le talent de ce poème par exemple 😉

J’aime aussi passionnément cette autre « réalité » Sophie et je vous rejoins dans cette dimension 😉

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il y a de ces miracles...

Posté(e)

@Sophie

 

Et l'animal sera l'avenir de l'homme ! Et hop ! déjà top.

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