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Vois-tu le même ciel

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

-Maman, j'ai peur, très peur...

Une peur qui ne saurait dire son nom

Une peur où se dilue le monde

Un monde devenu transparent

Quand s'entrouvrent les paupières de l'aube

 

-Pourquoi cette peur, mon enfant ?

Point d'agonie du rêve...

Si tu vois les colombes

S'abreuver de l'écume des pierres

Entends-tu l'insomnie du temps

Dans leur coeur dérivant sur le monde ?

 

-Est-il vrai que les monstres existent ?

-Certes. Ils sont de papier et leurs âmes

Cousues dans le suaire des mots

Recouvrant de leur sang les pages inertes

Ils rêvent de fuir mais comment le pourraient-ils ?

 

-Ils ont fui, maman. Je te dis qu'ils ont fui...

Le monstre tue et l'homme tue

Ne faut-il pas être monstre pour toujours tuer ?

Il est des silences où se perd le réel

Dans l'encre du ciel renversée sur la terre

 

Vois-tu seulement le même ciel  ?

Sais-tu que les étoiles pleurent leurs ors

Chaque nuit sur l'océan funèbre ?

N'entends-tu pas le chant des sirènes s'échouer

Dans le drap de la nuit où se perdent leurs larmes ?

 

 

Modifié par Sophie

Posté(e)

Il me semble la connaitre, cette petite fille.

 

On sait désormais d'où lui vient son regard et ses mots.

Posté(e)
  • Administrateur
Il y a 5 heures, Sophie a écrit :

Vois-tu seulement le même ciel  ?

Sais-tu que les étoiles pleurent leurs ors

Chaque nuit sur l'océan funèbre ?

N'entends-tu pas le chant des sirènes s'échouer

Dans le drap de la nuit où se perdent leurs larmes ?

Une strophe finale qui vient clore en toute beauté ce poème céleste.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Si beaucoup d'hommes avaient cette saine peur, beaucoup de mal pourrait être peut-être évité... Merci @Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau texte, Sophie! Il me rappelle Le Roi des aulnes. Qu'y a-t-il de plus touchant que l'innocence menacée de l'enfant?

Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

Si tu vois les colombes

S'abreuver de l'écume des pierres

Entends-tu l'insomnie du temps

Dans leur cœur dérivant sur le monde ?

 

Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

Il est des silences où se perd le réel

Dans l'encre du ciel renversée sur la terre

 Que d'images saisissantes!

Posté(e)
Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

ls ont fui, maman. Je te dis qu'ils ont fui...

Le monstre tue et l'homme tue

Ne faut-il pas être monstre pour toujours tuer ?

Il est des silences où se perd le réel

Dans l'encre du ciel renversée sur la terre

C 'est poignant  et c 'est très, très beau !

Posté(e)

Innocence et candeur de cet enfant exprimées ici en de très beaux vers. Ceux-ci sont particulièrement poignants.

Belle image dans ce vers :

Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

Vois-tu seulement le même ciel  ?

 

Posté(e)

Un immense bonheur de lecture. J'espère que l'enfant le ressentira aussi en le lisant un jour.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La peur de l’enfant n’est, hélas, que trop justifiée dans ce poème aux dimensions célestes qui rappelle effectivement le Roi des Aulnes.

Posté(e)

Ce poème a une écriture aussi limpide que certains textes de Khalil Gibran. Ce dialogue délicatement poétique m'a conduit à quelques réflexions.

Quand j'étais petit, on me racontait (entre autres) des histoires de sorcières et d'ogres, de gens qui crachaient des serpents, de loups qui finissent par dévorer Mère Grand ou la chèvre de M.Seguin… et j'avais peur. La peur faisait partie de la vie, comme le courage. La mort faisait partie de la vie. Après les histoires, l'Histoire, horreurs à la une. Partout. Tout le temps. Et, parallèlement, toutes les beautés du monde et la générosité des hommes.  J'ai l'impression qu'il n'y a ni époque ni âge pour cela. Juste des perspectives. L'enfant perçoit mieux la réalité, l'adulte perçoit une réalité à travers le filtre de ses valeurs.

Posté(e)
Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

Si tu vois les colombes

S'abreuver de l'écume des pierres

Entends-tu l'insomnie du temps

Dans leur coeur dérivant sur le monde ?

c'est vraiment très beau, @Sophie ! Selon le regard, dans le ciel on peut tout voir ; des monstres, sans doute, mais aussi des anges ... 

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Le 17/12/2022 à 16:17, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

Il me semble la connaitre, cette petite fille.

 

On sait désormais d'où lui vient son regard et ses mots.

 

Le 17/12/2022 à 18:17, Eathanor a écrit :

Une strophe finale qui vient clore en toute beauté ce poème céleste.

 

Le 18/12/2022 à 03:55, Tarentaise a écrit :

Si beaucoup d'hommes avaient cette saine peur, beaucoup de mal pourrait être peut-être évité... Merci @Sophie

 

Le 18/12/2022 à 13:35, Thy Jeanin a écrit :

Un très beau texte, Sophie! Il me rappelle Le Roi des aulnes. Qu'y a-t-il de plus touchant que l'innocence menacée de l'enfant?

 

 Que d'images saisissantes!

 

Il y a 23 heures, Marie-Paule a écrit :

C 'est poignant  et c 'est très, très beau !

 

Il y a 21 heures, Mercoyrol a écrit :

Innocence et candeur de cet enfant exprimées ici en de très beaux vers. Ceux-ci sont particulièrement poignants.

Belle image dans ce vers :

 

 

Il y a 20 heures, Eau de brume a écrit :

Un immense bonheur de lecture. J'espère que l'enfant le ressentira aussi en le lisant un jour.

 

Il y a 20 heures, Jeep a écrit :

La peur de l’enfant n’est, hélas, que trop justifiée dans ce poème aux dimensions célestes qui rappelle effectivement le Roi des Aulnes.

 

Il y a 18 heures, Panicaut a écrit :

Ce poème a une écriture aussi limpide que certains textes de Khalil Gibran. Ce dialogue délicatement poétique m'a conduit à quelques réflexions.

Quand j'étais petit, on me racontait (entre autres) des histoires de sorcières et d'ogres, de gens qui crachaient des serpents, de loups qui finissent par dévorer Mère Grand ou la chèvre de M.Seguin… et j'avais peur. La peur faisait partie de la vie, comme le courage. La mort faisait partie de la vie. Après les histoires, l'Histoire, horreurs à la une. Partout. Tout le temps. Et, parallèlement, toutes les beautés du monde et la générosité des hommes.  J'ai l'impression qu'il n'y a ni époque ni âge pour cela. Juste des perspectives. L'enfant perçoit mieux la réalité, l'adulte perçoit une réalité à travers le filtre de ses valeurs.

 

Il y a 2 heures, Joailes a écrit :

c'est vraiment très beau, @Sophie ! Selon le regard, dans le ciel on peut tout voir ; des monstres, sans doute, mais aussi des anges ... 

Je suis très touchée par vos mots @Daniel Muller-Ferguson, @Eathanor, @Tarentaise, @Thy Jeanin, @Marie-Paule, @Mercoyrol, @Eau de brume, @Jeep, @Panicaut, @Joailes. Est-ce à dire que cette petite fille me ressemble, sait-on jamais ! En nos mots, n'y a-t-il pas un peu de notre vision du monde ?

Devant la recrudescence des actes de barbarie , nous pouvons nous interroger sur le pourquoi de cette situation. Qu'est-ce qu'un monstre? Ne risque-t-on pas alors de dénier toute responsabilité à l'auteur? Et pourtant, le constat est sans appel. Il y a bien des monstres ... Il y a tant de choses à réinventer...

Modifié par Sophie

Posté(e)
Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

Ils sont de papier et leurs âmes

Cousues dans le suaire des mots

Une poétesse en quête de pureté de l'âme qui lanterne le monde et les coeurs. Une lecture du silence s'impose dans cette poésie où la philosophie sait à petits pas tirer sa révérence pour laisser entrer la lumière. Un grand bravo. Coup de coeur.

Posté(e)

Oui les monstres existent Sophie.  Sous ne nombreuses apparences.

Et il vaut mieux croiser des colombes que des aigles noirs (par exemple.)...

Posté(e)

Le monstre est en chacun de nous, question d'époque, de lieu, de situation. Certains le sortent de leur intérieur très jeunes, d'autres ne le sortent jamais.

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Je ne lis pas tous les commentaires précédents (à tort car il risque d'y avoir répétition...). 

La lucidité de l'enfance est un trésor que ce poème met en valeur dans la relation particulière entre la mère et son fils (ou sa fille). La mère a beau vouloir rassurer, l'enfant lui ôte ses œillères avec la même douceur que celle qui lui est donnée. 

Et nous leur laissons bien une angoisse, une crainte...

Le 17/12/2022 à 12:46, Sophie a écrit :

Une peur où se dilue le monde

Un monde devenu transparent

Quand s'entrouvrent les paupières de l'aube

 

 

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