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Bretagne VIII

Featured Replies

Posté(e)

 

            Bretagne VIII                  

                                        I

Que d'instants j'ai passés à contempler la mer

l'âme et le coeur bercés du tumulte des eaux

Vrai. le clapot des vagues et le cri des oiseaux

ont des parfums iodés les voluptés amères.

 

L'été aux doigts brûlants a dissipé la brume

Le goéland moqueur déploie ses larges ailes

sous le feu dévorant d'incandescents soleils

qui font briller le flot de scintillante écume.

 

Enfant J'aimais déjà courir la lande austère

les yeux pleins de ce ciel où d'invisibles vents

font se cabrer la vague et grincer les haubans

là où finit la terre: Penn-Har-bed; Finistère.

                                           II   

De noirs crépuscules jettent leurs derniers feux

colorant les éthers de trainées rouge sang

et des ombres se forment: Molène Sein Ouessant

vaisseaux de pierre sombre, obscurs et ténèbreux.

A l'heure où le couchant étend ses draperies

et que la nuit sur l'eau pose sa lourde toile:

(Désolante vision d'un éther sans étoiles..)

Las! Nous avons doublé la capitainerie.

Allons nous en;partons. Ma vareuse prend l'eau

et l'île chauve* attend. Moliz-Enez; Molène!

Mais avant que le vent et la mer nous entrainent

un flacon de ce vin ne sera pas de trop

Vrai, de ce vin j'abuse et là-haut tout s'embrouille

Usons de l'épissoire**, détresse ces torons**

ou nous toucherons terre à grand coup d'avirons!

ou pire un cimetière où les carènes rouillent..

                                             III

L'île au milieu de l'eau se dérobe toujours

mais ce hâvre était là où je voulais aller

sans desseins ni calcul que celui d'oublier

l'absurde destinée où se brisaient les jours

 

Et le gosier béant m'enivrer de ces flots

cherchant dans le fracas de l'eau qui se soulève

l'hymne d'un océan dont la clameur s'élève

vers des cieux où des dieux empilent des chaos

 

De roulis furieux en absurdes clapots 

sur l'océan perdus; égarés corps et âmes

à la rame voguons vers la vallée des larmes

qu'aucune mer jamais ne berce de ses flots

 

(GB_06122022)

 

*    Moliz-Enez -> l'île chauve, sans arbres

**  epissoires, torons-> ustensiles en usage sur les bateaux d'autrefois

 

  

Modifié par Filae77

Posté(e)

Formidable chanson marine, avec ce qu'il faut de tragique dans la beauté sauvage d'un paysage d'alexandrins qui hante depuis l'enfance le poète.

 

Ah ces bretons... ^^

Posté(e)
  • Administrateur

Amoureux de la Bretagne depuis mon enfance, ce huitième chant venteux et salin que vous nous offrez @Filae77 ne peut que me faire chavirer de bonheur. Merci pour cette lecture et ce moment d'évasion que vous m'offrez avant d'aller rejoindre Morphée.

Posté(e)

Maestro @Filae77 je ne peux que m’incliner devant la puissance poétique 

de ton travail d’écriture et de recherche de vocabulaire.


et cet ultime quatrain est carrément génial :

 

De roulis furieux en absurdes clapots 

sur l'océan perdus; égarés corps et âmes

à la rame voguons vers la vallée des larmes

qu'aucune mer jamais ne berce de ses flots..

 

bravo ! 

Posté(e)

Magnifique poème marin, @Filae77. Merci!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème est somptueux et émouvant à plus d’un titre. Molène où ma grand-tante,  soeur Marie-Françoise, petite sœur des pauvres, avait été seule infirmière pendant plusieurs années…

Posté(e)

Formidable texte ! Digne d’océano nox

merci

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très beaux vers dont on sent la respiration libre et profonde comme celle de la mer. L'Armor est plus qu'une précision géographique, c'est un monde, une leçon de vie.

Posté(e)
  • Auteur
Le 06/12/2022 à 21:40, Filae77 a écrit :

mais ce hâvre était là où je voulais aller

Merci @Bruant, à l'origine ce vers devait être ' Avalon était là où je voulais aller' Vous avez tout-à-fait

saisi ma démarche. (quoique l'île d'Avalon soit supposée sise plutôt en Ecosse ou Irlande) 

Gérard_Filae77  

Modifié par Filae77

Posté(e)

Cher @Filae77  votre poème est d'une grande beauté. Vous vous faites discret, mais quand vous nous offrez vos vers ce n'est pas de la gnognotte et je suis sous le charme à chaque fois. 

Posté(e)

rien à ajouter à ce qui a dejà été dit sinon mon admiration 

Posté(e)

Votre recherche est multiple, on y va à pied par les mots et les rivages, vous aimez tel un reporter vous saisir d'un lieu entre souvenirs et lectures et vous aimez tout autant analyser les poèmes des tiers qui visitent et font vivre Accents poétiques. Merci beaucoup.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 07/12/2022 à 05:40, Filae77 a écrit :

De roulis furieux en absurdes clapots 

sur l'océan perdus; égarés corps et âmes

à la rame voguons vers la vallée des larmes

qu'aucune mer jamais ne berce de ses flots

Au bout de la vallée des larmes nous découvrirons une mer aussi belle que celle que vous décrivez dans cette ode magnifique.  Merci @Filae77

Posté(e)

@Filae77

 

Superbe, mais rien n'est parfait tant que tu ne chantes pas le Cotentin ! Et hop ! au sommet du top.

Posté(e)

Comment ne pas avoir la vague à l'âme après la lecture d'un tel poème. Le sel me pique les yeux et je ne suis pas loin de rouiller aussi, moi qui suis si peu îlien ou maritime…

Posté(e)

Un poème dont la force d'évocation est tellement puissante qu'il emmène le lecteur en Bretagne le temps de déguster ces alexandrins colossaux. L'évasion est réelle, totale et la distance ne compte plus. Le choix du vocabulaire et la qualité du style y contribuent amplement. C'est magnifique, @Filae77 !

Posté(e)
  • Auteur

Bonjour et merci à vous pour vos commentaires et étoiles.

@Marie-Paule, @Volute bleue, @Eobb, @Joailes, @Isabelle64

@Mercoyrol, @Tarentaise, @Bruant, @Martialis, @Daniel Muller-Ferguson, @Marc Hiver,

@Thy Jeanin, @Jeep, @Eathanor, @Panicaut

 

Gérard_Filae77

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Je n'aurais pas dit mieux que @Mercoyrol dont je partage complètement le commentaire.

 

J'arrive bien tard pour lire ce texte mais la Bretagne est patiente qui contemple les vagues depuis si longtemps...

 

Le 06/12/2022 à 21:40, Filae77 a écrit :

Enfant J'aimais déjà courir la lande austère

les yeux pleins de ce ciel où d'invisibles vents

font se cabrer la vague et grincer les haubans

là où finit la terre: Penn-Har-bed; Finistère.

 

Posté(e)
  • Auteur

Un grand merci @Bollinger pour ce retour sur ce texte déjà (relativement) ancien. il semble que 

la mer ait toujours été une source inépuisable d'inspirations, notre site est riche de publications en

ce sens.

Bonne journée.

 

Gérard  

Modifié par Filae77

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