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Le pont-levis

Featured Replies

Posté(e)

se posa l’automne

tremblait

comme une feuille

à l’idée qu’il lui faudrait

tomber

 

Le pont-levis

 

Il est des feuilles qui ne se peuvent écrire

Qu’à main levée

Sur l’incertain matin

A cet air œuvré du givre

Où les mots brisent d’une flèche son cristal

Qu’un rai inattendu de la lumière

Livre d’or sur la robe de nacre et de jais

Et vient lancéoler

Sur la spirale d’écarlate enluminure

Un arc à soulever la poitrine du monde

 

Je sais alors que si je les décoche

Et même si la chute est douce

Cri limpide de l’oiseau

Et même si le vent emporte

Mes ailes transies sur la marge

Gouttes d’ambre en ces mains

Où s’effruite l’antienne

Le ciel restera de glace

Je ne reviendrai pas

 

Comme vieille forteresse

Les muscles de mes bras dénouent

Vaisseaux du vent

Que faire des cernes tenaces de mon bois

Quand la douleur de l’aube pénètre

Jusqu’en mes os mon chariot d’étoiles

Je me demande bien pourquoi

Tous les échafaudages des hiboux

Tiennent encore debout

 

Au fond de ce soir décombre de décembre

La plume ce couteau

Fouille les derniers refuges

La lune est moche ! que lui importe

Avait-elle seulement dormi entre les passes

Sous la feuillade cendrée des osiers

Le temps devenait roide et la pâture rêche

Et la laine grise des anciennes flambures

Quand la brume léchait les fruits lointains

De la passion

 

L’étang se coucha sous la pluie

Les lignes qu’on avait tracées depuis les berges

S’amenuisaient

De la chaumine on tira le volet

Ne manqua que la terre primaire

Et l’écorce satinée des fous

Penchés sur les noyades

Et comment il se prit à aimer ses saisons

Et si cela une fois encore apaiserait l’hiver

Qu’il restât sur le pont

Afin demeurer passager de silence

 

 

Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Merci pour cette magnifique variation sur la feuille et l'écriture, d'une grande limpidité et d'une belle densité poétique!

Posté(e)

Fascinant, comme d'habitude @O Salto

Posté(e)
Il y a 2 heures, O Salto a écrit :

Que faire des cernes tenaces de mon bois

Quand la douleur de l’aube pénètre

Jusqu’en mes os mon chariot d’étoiles

Je me demande bien pourquoi

Tous les échafaudages des hiboux

Tiennent encore debout


superbe image et superbe texte …

Posté(e)

Superbement écrit, bravo @O Salto !

Posté(e)

@O Salto, quel homme ! Et hop ! au top.

Posté(e)

C'est de l'écriture. Exigeante et ouvragée. Moi je suis ravi de l'avoir visité ce pont-levis.

Posté(e)
  • Administrateur

Un souffle poétique magnifique s'étend sur ces vers.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un pont-levis qui permet d’accéder à la forteresse du poème.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des images superbes côtoient d'autres images atypiques en vos vers contrastés, O Salto mais toujours l'émotion affleure de vos mots.

Posté(e)

Le pont relie de son arc le ciel, la terre et le trésor dans son extrémité pointée vers l'extérieur. Le passant regarde le vide qu'il surplombe ou passe pour rejoindre une rive, il oublie souvent qu'il est le passage. Votre écriture se place au-dessus pour sentir les mathématiques du monde et me voilà transportée entre les lignes.

Posté(e)

Voilà le poète qui erre dans son monde d'infortune, quand :

Le 06/12/2022 à 11:53, O Salto a écrit :

Il est des feuilles qui ne se peuvent écrire

Qu’à main levée

Et le lecteur à sa suite dans ce décor, à la recherche comme lui de la muse, cloîtrée quelque part derrière ce pont-levis, jusqu'à ce que le silence même devienne fécond :

Le 06/12/2022 à 11:53, O Salto a écrit :

Qu’il restât sur le pont

Afin demeurer passager de silence

 

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Un peu hermétique ce texte, juste comme il faut pour nous inciter à relire et relire encore. 

Un détail m'a sauté au yeux (allez savoir pourquoi...), ce vers qui joue sur deux lettres avec décombre et décembre.

 

Pour accrocher le lecteur, la première strophe est un vrai hameçon, sans douleur aucune que le plaisir de la découverte des mots et des associations bienvenues pour offrir une atmosphère de création (des mots ou du monde, c'est selon et parfois semblable).

 

Le 06/12/2022 à 11:53, O Salto a écrit :

Il est des feuilles qui ne se peuvent écrire

Qu’à main levée

Sur l’incertain matin

A cet air œuvré du givre

Où les mots brisent d’une flèche son cristal

Qu’un rai inattendu de la lumière

Livre d’or sur la robe de nacre et de jais

Et vient lancéoler

Sur la spirale d’écarlate enluminure

Un arc à soulever la poitrine du monde

 

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