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Au front

Featured Replies

Posté(e)

Au front

 Près de Kherson

 

Il est arrivé mercredi

Dans la boue et le froid

Depuis le Birobidjan

Enrôlé par son président

 

Un uniforme, un vieux fusil

Pas de casque ni de gilet

Un réchaud par compagnie

Le reste il faut l’acheter

 

Dans l’humide tranchée

Ses pieds ont gonflé

Ses mains ont tremblé

Et son cœur s’est serré

 

Il est mort ce samedi

Touché par un éclat

Sans un mot sans un bruit

Et sa mère va pleurer

 

Sorgues, le 3 décembre 2022

 

Tranchées - Otto Dix

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Posté(e)
  • Administrateur

Je suis un peu circonspect sur ce poème. Ne le prenez point mal cher @Martialis mais je l'ai trouvé un peu trop facile, semblant vouloir jouer sur la fibre de l'émotion à peu de frais. Cela étant dit, sur le fond, je devine que vous dénoncez  ces personnes envoyées au front pour se battre et perdre la vie dans une triste cause  qui n'est pas la leur. En effet, le sort de ces peuples situés à l'est de la Fédération de Russie, tout particulièrement les Bouriates, ces soldats "chair à canon" est terrible.

Posté(e)

Un poème écrit avant tout sous le coup de l'émotion provoquée par ce conflit absurde et dictée par un homme dont l'égo a définitivement pris le pas sur toute trace d'humanité. J'ai d'autant plus apprécié la simplicité des mots et de la prosodie pour mettre cet état d'âme infiniment justifié par écrit. Contrairement à @Eathanor, je ne vois pas un jeu sur l'émotion à peu de frais mais l'expression d'une colère justifiée face à une situation insupportable qui ne fait que trop perdurer depuis de long mois. Une émotion réelle qui donne tout sens à la poésie. Merci @Martialis !

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 2 heures, Eathanor a écrit :

mais je l'ai trouvé un peu trop facile, semblant vouloir jouer sur la fibre de l'émotion à peu de frais.

J’ai voulu rester simple à dessein, comme je l’avais été pour Boutcha…

j’ai d’ailleurs été moi-même très ému en écrivant ce texte … @Eathanor

 

il y a une heure, Mercoyrol a écrit :

Une émotion réelle

Oui, c’est vrai @Mercoyrol, c’est d’ailleurs une histoire authentique, que j’ai lue dans Le Point… : au front le mercredi, tué le samedi… » quelle connerie, la guerre »

Modifié par Martialis

Posté(e)

La triste réalité Hélas...  

votre plume est émouvante 

tant de mères pleurent  et vont pleurer . c 'est affreux et nous sommes tellement impuissants ...

 

Posté(e)
  • Administrateur
il y a une heure, Martialis a écrit :

j’ai d’ailleurs été moi-même très ému en écrivant ce texte … @Eathanor

Je ne doute pas de la sincérité de votre poème ainsi que de l'émotion qui l'accompagne. Mon propre ressenti sur vos vers ne remet pas ceci en cause.

Posté(e)

Dans ce poème aux vers courts, la lecture halète et le souffle se perd. Même après la lecture, j'ai cherché mon souffle…je l'ai retrouvé. Moi.

Posté(e)

Je rejoins Eathanor dans l'impression première que me donne la lecture de votre poème. Rester simple est certainement une bonne chose, @Martialis, mais je ne pense pas que pour cet homme, ses pieds aient gonflé, ses mains aient tremblé, son se soit serré, simplement. Qui d'ailleurs peut dire la complexité des sentiments ressentis dans ces cas de l'absurde ? Certainement pas moi, mais justement, c'est un peu ce que j'aurais aimé voir travaillé ici, aller plus loin. Je pense à la révolte de cet homme, à sa colère, à sa résignation, avant de s'incliner devant une mort bien trop précoce.

Mais je ne doute absolument pas de votre sincérité, croyez-le bien.

C'est en tant que lectrice que je reste un peu inassouvie par cette lecture.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 8 heures, hersen a écrit :

 "mais je ne pense pas que pour cet homme, ses pieds aient gonflé, ses mains aient tremblé, son se soit serré, simplement".

Hélas, @hersen, il s'agit du syndrome "des pieds de tranchée", qui peuvent apparaître au bout de 2 jours si l'on est les pieds mouillés dans ses bottes... 

Source Le Point https://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/sur-le-front-ukrainien-l-hiver-de-tous-les-dangers-03-12-2022-2500307_53.php

 

 

Il y a 17 heures, Panicaut a écrit :

Dans ce poème aux vers courts, la lecture halète et le souffle se perd. Même après la lecture, j'ai cherché mon souffle…je l'ai retrouvé. Moi.

Pouvez-vous préciser votre pensée, @Panicaut... pour enrichir ma réflexion.

Modifié par Martialis

Posté(e)
Il y a 16 heures, Martialis a écrit :

Ses pieds ont gonflé

Ses mains ont tremblé

Et son cœur s’est serré

Vos vers, y compris par la forme, traduise bien l'effroi (le souffle court, le cœur serré).  Devant cette horreur guerrière, j'ai ce même effroi, mais moi, j'ai retrouvé mon souffle, pas ce pauvre soldat.  Désolé, je n'ai pas poussé plus loin ma réflexion, c'est resté surtout au niveau des émotions.

Posté(e)

@Martialis, oui, bien sûr, je comprends que tu parles de ce syndrome. Mais ce que je voulais dire, avec le "simplement" qui suit, c'est que je n'arrive pas à "toucher" ce que ce soldat peut éprouver bien au-delà de ce syndrome.

Mais ce n'est pas si important, @Martialis, je te fais simplement part de ce que j'éprouve en lisant ton poème, dont le point fort est certainement la sensibilité que tu y as mis en l'écrivant.

Je ne dis jamais rien en commentant qui soit offensant, et j'espère que ce n'est pas ton impression. Je parle seulement, simplement, du poème que je viens de lire. Un échange.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Merci de rappeler cet aspect des choses: dans le camp de ceux que l'on accuse, il y a des malgré-eux.

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 4 heures, hersen a écrit :

@Martialis,

Je ne dis jamais rien en commentant qui soit offensant, et j'espère que ce n'est pas ton impression. Je parle seulement, simplement, du poème que je viens de lire. Un échange.

pas de problème, @hersen,  il n'y a rien de blessant, chacun s'exprime librement.  C'est le but de notre communauté...

Je pense qu'il est important que nous puissions échanger nos ressentis poétiques, et aussi des commentaires un peu plus élaborés, dont je donne un exemple plus bas, pour la progression littéraire de chacun. 

En tout cas, merci de vos interventions, elles sont  parfaitement utiles !

Modifié par Martialis

Posté(e)
  • Auteur

 

Juste pour info Petite ANALYSE  "littéraire"... subjective évidemment...

 

« Au front » est un poème qui évoque la vie et la mort d’un appelé pour le front.

 

Ce soldat n’a pas de nom : c’est une victime de la guerre, comme tous ceux qui la font : « Il » … «  Enrôlé par son Président ».

On ne le connaît pas, c’en est un parmi mille autres…

Nous sommes plongés au cœur d’une histoire qui se déroule certainement sur plusieurs semaines, mais qui n’est écrite qu’avec quelques mots de notre langage courant.

Ainsi, cela nous va droit au cœur, tout le monde comprend l’histoire, même un enfant, et cela n’en est que plus triste.

On prend vite pitié de cet homme...La tristesse nous envahit au fil des mots et rien ne vient égayer sa vie de misère, dont même l’équipement le plus important n’est en fait qu’ « un vieux fusil » !

Et le réchaud, seul note d’espoir se voit soudain partagé entre une compagnie entière ! Est-il vraiment efficace ? Non bien entendu.

 

Les descriptions, très sobres ont plusieurs rôles :

 

1. Elles nous informent efficacement pour nous situer avec des mots essentiels, sans artifices ni démonstration littéraire : « Dans la boue et le froid » … « Depuis le Birobidjan ».

2. Elles soulignent l’indigence matérielle et vestimentaire de ce soldat « Un uniforme » … « Pas de casque ni de gilet ».

3. Elles montrent toute la pauvreté de cet homme qui est équipé « d’un vieux fusil », et il partage « Un réchaud par compagnie », seul élément pour (aussi) se protéger du froid évoqué plus haut. Les 2 mots « froid / réchaud » se répondent d’ailleurs.   

3. Elles partagent la tristesse d’une mère : « Et sa mère va pleurer », car comment trouver les mots face à la destinée tragique d’un fils ? 

 

Une trame temporelle s’installe et nous tient en haleine jusqu’au dénouement : « Il est arrivé mercredi » … « il est mort ce samedi ». 

 

Et puis, juste avant sa mort, dans l’avant dernière strophe, on vit et l’on plonge au fond de toute l’émotion de ce pauvre hère : « ses pieds ont gonflé, ses mains ont tremblé, et son cœur s’est serré ». Ce n’est pas un héros, c’est un homme ordinaire, comme tout un chacun. On s’identifie à lui. 

 

Quatre strophes suffisent pour nous rappeler combien la mort vient subitement :

 

- La première nous parle d’un homme : d’où il vient, et pourquoi il est là.

- La seconde nous décrit son lieu de vie.

- La troisième évoque toute son humanité.

- La quatrième et dernière parle de sa mort.

 

« Sa mère va pleurer » achève le récit par cette image affreuse que nous découvrons en avant première, avant l’intéressée :  La mère seule, va pleurer son fils. Elle prendra à son tour la condition de solitude de son fils… il n’y a plus d’espoir. Il est mort. Elle prend le triste relais de cette solitude, par son inconsaltion.

C’est à la dernière phrase que le temps choisi pour raconter cette histoire change : Tout était écrit au passé, et puis apparaît le présent… et vient le futur.

Le passé pour la vie, le présent pour la mort, et un futur dénué de tout espoir.

 

La mort achève le poème, une mère est « abattue » elle aussi, comme son fils. Elle va vivre avec sa douleur, le rideau se ferme car le spectacle est triste.

Car au fond, ce soldat est là « enrôlé » par son Président, il n’est pas un coupable qui mérite sa peine, la mort.

Fin du poème.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Merci, @Martialis, pour le poème et l’explication de texte qui nous projettent au plus près de la réalité de cette guerre, absurde et terrifiante comme toutes les guerres.

Posté(e)

Je viens de relire tous les commentaires.

 

En fait le texte a donné lieu à débat sur l’objectif de Martialis. .
Non pas sur le fond , mais en fait sur sa manière d’ utiliser la misère de la guerre.

Mon humble avis est que, peut être , il aurait plutôt dû le poster dans « plume errante »

car il s’agit , selon moi hein, davantage de réflexions et considérations socio-philosophiques sur la guerre que de véritable poésie .

Ça n’a rien de péjoratif cher @Martialis ce n’est qu un avis «  technique». 🙂

 

Posté(e)
  • Auteur
il y a 45 minutes, Volute bleue a écrit :

il aurait plutôt dû le poster dans « plume errante »

Vous avez sans doute raison @Volute bleue

Posté(e)

@Martialis

 

Il y a du Maurice Genevois dans ce poème. Et  hop ! c'est top.

Posté(e)

L'écriture de ce poème exprime la rapidité. Il était né, avait mis le temps à grandir, apprenant, partageant et puis la guerre et tout est fini.

Posté(e)
Le 04/12/2022 à 19:56, Eathanor a écrit :

Je suis un peu circonspect sur ce poème. Ne le prenez point mal cher @Martialis mais je l'ai trouvé un peu trop facile, semblant vouloir jouer sur la fibre de l'émotion à peu de frais. Cela étant dit, sur le fond, je devine que vous dénoncez  ces personnes envoyées au front pour se battre et perdre la vie dans une triste cause  qui n'est pas la leur. En effet, le sort de ces peuples situés à l'est de la Fédération de Russie, tout particulièrement les Bouriates, ces soldats "chair à canon" est terrible.

 

Il y a 13 heures, Volute bleue a écrit :

Je viens de relire tous les commentaires.

 

En fait le texte a donné lieu à débat sur l’objectif de Martialis. .
Non pas sur le fond , mais en fait sur sa manière d’ utiliser la misère de la guerre.

Mon humble avis est que, peut être , il aurait plutôt dû le poster dans « plume errante »

car il s’agit , selon moi hein, davantage de réflexions et considérations socio-philosophiques sur la guerre que de véritable poésie .

Ça n’a rien de péjoratif cher @Martialis ce n’est qu un avis «  technique». 🙂

 

Je rejoins ces deux commentaires. L'intention est noble, mais, à mon sens, la poésie place l'enjeu dans le langage. A le réduire à un minimalisme réaliste, la poésie, qui suggère, estompe, transfigure ou désarticule, s'en trouve appauvrie.

 

Mais les commentaires, le mien compris, ne sont que des révélateurs de soi, plus que de véritables éclairages sur les poèmes.

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

De "mercredi" à "samedi", deux jours pour mourir à la guerre. Il était jeune et n'est plus là. "Sa mère va pleurer".

Le texte me semble aussi net et rapide que la trajectoire d'une balle (ou d'un "éclat"). 

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