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Cette chaleur qui vous glace

Featured Replies

Posté(e)

C’est un massacre et parce que tu ne voulais pas mourir

Tu as enfoncé ton couteau dans son ventre rond

Et tu t’es cachée dedans pour que les autres

Ne te voient pas. Il faisait encore chaud

 

Puis il s’est réveillé ankylosé

Et le médecin du dimanche l’a cousu

Ventre et bec, les pattes recroquevillées

Et parce que tu ne voulais pas mourir avec lui

Tu as décroché des côtes et en passant par le col

Tu leur as arraché la tête qui n’était plus sommée

Des corps désarticulés en blouse blanche maculées

 

L’hôpital fou est plein, il ne penche jamais du même côté

Ça dépend de qui aura gagné le droit de découper son voisin

Viande bouillie dont il ne faut surtout pas se demander d’où elle vient

Et parce que tu ne voulais pas mourir à moitié suspendue à un crochet

Tu as tendu ton pied et le cuisinier en chef a trébuché dans le foyer

 

Puis tu t’es réveillée dans le lit de la directrice aux yeux figés

Les mains dans le dos, les doigts croisés, une grille de mots à trouver

Une mèche dépassant sûrement derrière l’oreiller solidement accroché

Prête à s’enflammer car on ne sait jamais elle pourrait arracher ses fils

Et parce que tu ne voulais pas mourir sous ses ordres maintes fois aboyés

Tu l’as étouffée en lui racontant des histoires à dormir les paupières baissées

 

C’est un massacre et parce que tu ne voulais pas mourir

Tu as enfoncé ton couteau dans son ventre rond

Et tu t’es cachée dedans pour que les autres

Ne te voient pas. Il faisait déjà froid

Modifié par Eobb

Posté(e)

Quelle boucherie 🤔

 

la tête qui n’était plus sommait….sommait ? Sommait les matines ? 😀

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème d'une grande intensité, c'est peu de de le dire...

Cette boucle infernale qui commence avec un premier quatrain brûlant pour se terminer dans le dernier, autrement plus glacial, est saisissante.

Posté(e)

Oups ... là tu as fait fort, @Eobb nul ne peut sortir indemne d'une telle lecture. Après, on aime ... ou pas ! Bravo pour cette force d'écrire sans se soucier des retombées 😉 Et moi, j'aime cette liberté. 

Posté(e)

J'ai pensé à la retraite de la Bérézina avec les hommes qui se lovaient dans les cadavres de chevaux encore chauds pour ne pas mourir, au cauchemar d'un étudiant de deuxième année de médecine pratiquant ses premières dissections, aux guerres passées et présentes… et je vais doubler ma dose de valériane ce soir…

Posté(e)

Antonin Artaud hante ces vers d'une liberté lugubre où se promène, dans un âge d'or, un chien andalou .

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