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Seulement tes mains

Featured Replies

Posté(e)

J’ai posé mes yeux

J’ai posé mes mains

Dans la coupelle aux billes de verre

Sur la coupelle aux rayures profondes

Et mes doigts s’enfoncent sans pouvoir

S’arrêter. Où vit celui qui pourra protéger

Mes frayeurs et mes peines, me rassurer un peu

Mon visage pâle ne sait plus où trouver les couleurs

Que l’enfance certaine disait qu’elle les accrocherait

Sur le bois du lit pour que chaque matin je me lève

Sans hésitation jusqu’au jour suivant qu’il soit

Pluie, vent, soleil ou ciel grand bleu

 

J’ai posé mes yeux fatigués

Qu’un maquillage devenu grossier

Ne permet pas de rendre heureux

Et j’ai cette honte de penser que je n’ai pas le droit

Car dans le pays d’à côté les enfants meurent sans raison

J’ai posé mes mains sur mon ventre resté vide et sans enfant

J’ai pleuré encore, un café, une cigarette et puisque c’est l’automne

J’ai ramassé les feuilles pour que le geste prenne le pas sur mes pensées

J’ai parlé avec les dernières fleurs des dahlias, j’ai touché les écorces

Comme si les arbres pouvaient m’expliquer, comme si je pouvais alors

Devenir un arbre et partager avec eux ce monde que j’ignore

 

J’ai posé mes yeux fatigués de moi-même

Ne voulant plus mais ne sachant pas comment

Puis la coupelle a perdu l’équilibre

Était-ce moi, oui, volontaire, non

Les billes de verre ont roulé

Et des mains reposées se sont ouvertes

Les tiennes mais je n’ai vu que tes mains

Avec dans leur creux mes yeux

Et je n’ai su si je devais les prendre

Ou les jeter aussi loin que possible

Et les arbres n’ont rien dit

Posté(e)

C’est remarquable Eobb….je n’ai rien d’autre à ajouter .

Posté(e)

Poésie de l'intime, chronique du sentiment, musique intérieure, disposées dans la grâce d'un dialogue intérieur.

Synthèse d'une vie dont le malheur est de croire au bonheur.

Les arbres ne disent jamais rien.

Posté(e)

J 'ai lu et relu ce texte que j 'ai eu du mal à apprivoiser...

introspection sans concessions...Blessure d'enfance, blessure d'amour...

Les pensées roulent comme les billes de votre poésie 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème tout en émotions, qui inspire le respect de la douleur que l’on ressent.

Posté(e)
Il y a 13 heures, Eobb a écrit :

J’ai ramassé les feuilles pour que le geste prenne le pas sur mes pensées

 

Une lecture qui emmène loin, très loin ... delà les mots. Merci @Eobb 

Posté(e)
  • Administrateur

Je suis au diapason des précédents commentaires. Ce poème est une petite merveille toute en sensibilité et pudeur.

Posté(e)

Des mots, des gestes et des émotions qui se mêlent au gré des vers d'une immense beauté. Une atmosphère d'une grande intensité @Eobb

Posté(e)

Beaucoup démotion, de douleur retenue, dans ce poème intime , je dirai intimiste... On s'en retire sur la pointe des pieds ...

Posté(e)
Il y a 20 heures, Eobb a écrit :

J’ai posé mes yeux

J’ai posé mes mains

Dans la coupelle aux billes de verre

Sur la coupelle aux rayures profondes

Et mes doigts s’enfoncent sans pouvoir

S’arrêter. Où vit celui qui pourra protéger

Mes frayeurs et mes peines, me rassurer un peu

Mon visage pâle ne sait plus où trouver les couleurs

Que l’enfance certaine disait qu’elle les accrocherait

Sur le bois du lit pour que chaque matin je me lève

Sans hésitation jusqu’au jour suivant qu’il soit

Pluie, vent, soleil ou ciel grand bleu

 

J’ai posé mes yeux fatigués

Qu’un maquillage devenu grossier

Ne permet pas de rendre heureux

Et j’ai cette honte de penser que je n’ai pas le droit

Car dans le pays d’à côté les enfants meurent sans raison

J’ai posé mes mains sur mon ventre resté vide et sans enfant

J’ai pleuré encore, un café, une cigarette et puisque c’est l’automne

J’ai ramassé les feuilles pour que le geste prenne le pas sur mes pensées

J’ai parlé avec les dernières fleurs des dahlias, j’ai touché les écorces

Comme si les arbres pouvaient m’expliquer, comme si je pouvais alors

Devenir un arbre et partager avec eux ce monde que j’ignore

 

J’ai posé mes yeux fatigués de moi-même

Ne voulant plus mais ne sachant pas comment

Puis la coupelle a perdu l’équilibre

Était-ce moi, oui, volontaire, non

Les billes de verre ont roulé

Et des mains reposées se sont ouvertes

Les tiennes mais je n’ai vu que tes mains

Avec dans leur creux mes yeux

Et je n’ai su si je devais les prendre

Ou les jeter aussi loin que possible

Et les arbres n’ont rien dit

Un état d’âme particulièrement intimiste et profond que l’on lit avec douceur et si seulement ce partage pouvait de la vie un peu vous consoler afin que s’embrase encore les couleurs de vos rêves d’enfant sans regrets sur ce qui n’a pas eu lieu. 
j’ai bien aimé être dans cet instant avec vous, c’est peut-être cela que « les arbres n’ont pas dit » mais pensés alors que vous « touchiez leurs écorces » 😉

Posté(e)

Une poésie de l'orée, comme seule la souffrance sait nous y conduire, où l'on cherche à tâtons les portes, les sphinx énigmatiques, où à tout instant des gouffres peuvent s'ouvrir sous nos pieds. L'orée entre soi et l'autre, aussi. L'arbre parlera ? Oui, dès que nous serons tronc, branches et feuilles…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une vision onirique subjuguante.

Posté(e)

 

Saurai-je les mots de la chair comme des branches à naître sous l’écorce vieille ?

Une gouge longeant les veines, l’arbre attelé au simoun, charrue des sables et cheval désert … J’ai posé les mains sur le poème ! ... Mais dire, sera-ce s’exiler de la transparence du doute ? Si cela fut absurde un jour et n’exista que poésie ? Ce fuseau à tordre et à détordre les improbables des mots ébahis, cette désinvolture, le chiffrement des éclats de la vie et la force d’écrire ! Est-ce à force de vous …

Saurai-je l'arbre, un jour !

 

Jacques Bertin / La jeune fille blonde

Posté(e)

Un texte intense, profond, sensible, intime;

Posté(e)

@Eobb

 

Un poème aux confins de l'excellence... et hop ! c'est top.

Posté(e)
  • Auteur
Le 06/11/2022 à 23:12, Volute bleue a écrit :

C’est remarquable Eobb….je n’ai rien d’autre à ajouter .

Merci Volute bleue

Le 06/11/2022 à 23:14, Daniel Muller-Ferguson a écrit :

Poésie de l'intime, chronique du sentiment, musique intérieure, disposées dans la grâce d'un dialogue intérieur.

Synthèse d'une vie dont le malheur est de croire au bonheur.

Les arbres ne disent jamais rien.

Il suffit pourtant de les écouter mais pour cela il faut oublier le monde humain

Le 06/11/2022 à 23:44, Marie-Paule a écrit :

J 'ai lu et relu ce texte que j 'ai eu du mal à apprivoiser...

introspection sans concessions...Blessure d'enfance, blessure d'amour...

Les pensées roulent comme les billes de votre poésie 

Je jouais aux billes gamine et puis un jour j'ai donné mon sac au gamin d'à côté

Le 07/11/2022 à 00:08, Jeep a écrit :

Un poème tout en émotions, qui inspire le respect de la douleur que l’on ressent.

Je ne sais pas si la douleur est respectable ou à respecter. J'aurais bien envie de la croquer

Le 07/11/2022 à 11:55, Joailes a écrit :

 

Une lecture qui emmène loin, très loin ... delà les mots. Merci @Eobb 

Merci Joailes

Le 07/11/2022 à 13:40, Eathanor a écrit :

Je suis au diapason des précédents commentaires. Ce poème est une petite merveille toute en sensibilité et pudeur.

Je suis une éternelle voyageuse de l'âme

Le 07/11/2022 à 18:40, Lina a écrit :

Des mots, des gestes et des émotions qui se mêlent au gré des vers d'une immense beauté. Une atmosphère d'une grande intensité @Eobb

Merci Lina

Le 07/11/2022 à 18:41, Martialis a écrit :

Beaucoup d'émotion, de douleur retenue, dans ce poème intime , je dirai intimiste... On s'en retire sur la pointe des pieds ...

Etoile sur la pointe des pieds

Le 07/11/2022 à 18:48, Nâau a écrit :

Un état d’âme particulièrement intimiste et profond que l’on lit avec douceur et si seulement ce partage pouvait de la vie un peu vous consoler afin que s’embrase encore les couleurs de vos rêves d’enfant sans regrets sur ce qui n’a pas eu lieu. 
j’ai bien aimé être dans cet instant avec vous, c’est peut-être cela que « les arbres n’ont pas dit » mais pensés alors que vous « touchiez leurs écorces » 😉

Cette peau qui protège

Le 07/11/2022 à 22:40, Panicaut a écrit :

Une poésie de l'orée, comme seule la souffrance sait nous y conduire, où l'on cherche à tâtons les portes, les sphinx énigmatiques, où à tout instant des gouffres peuvent s'ouvrir sous nos pieds. L'orée entre soi et l'autre, aussi. L'arbre parlera ? Oui, dès que nous serons tronc, branches et feuilles…

Et les violettes retrouveront leur parfum d'antan

Le 08/11/2022 à 17:28, Bruant a écrit :

Intensité et profondeur sont les deux qualificatifs qui viennent à l'esprit après la lecture de ces vers d'une haute sensibilité. Ils se déroulent, à la lisière d'un symbolisme très intime, au rythme d'une mer de tourmente.

Une fleur sur la peau

Le 08/11/2022 à 19:39, Thy Jeanin a écrit :

Une vision onirique subjuguante.

J'aime ces voyages, une barque au-dessus des nuages

Le 08/11/2022 à 21:33, O Salto a écrit :

 

Saurai-je les mots de la chair comme des branches à naître sous l’écorce vieille ?

Une gouge longeant les veines, l’arbre attelé au simoun, charrue des sables et cheval désert … J’ai posé les mains sur le poème ! ... Mais dire, sera-ce s’exiler de la transparence du doute ? Si cela fut absurde un jour et n’exista que poésie ? Ce fuseau à tordre et à détordre les improbables des mots ébahis, cette désinvolture, le chiffrement des éclats de la vie et la force d’écrire ! Est-ce à force de vous …

Saurai-je l'arbre, un jour !

 

 

 

Jacques Bertin / La jeune fille blonde

Je ne sais pas d'où viennent les mots, cette jeune fille blonde, les arbres poussent parfois là où on ne les attend pas, c'est peut-être le vent ou la force du Destin

Le 11/11/2022 à 07:50, Aubussinne a écrit :

Un texte intense, profond, sensible, intime;

Merci Aubussinne

Le 12/11/2022 à 13:17, Marc Hiver a écrit :

@Eobb

 

Un poème aux confins de l'excellence... et hop ! c'est top.

Merci Marc Hiver

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