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cendre et tentation

Featured Replies

Posté(e)

Cendres et tentation du néant

                               I

Le cimetière dort à l'ombre des cyprés

Au pâle petit jour d'un matin de décembre

Le mauve du levant s'est coloré de cendres

Et la neige a blanchi les vallons et les prés

Sous l'oeil froid de statues à la tête penchée

Volètent sous le vent le merle et la mésange

Que l'on dit volontiers messagère des anges

Le jour a révélé ce que la nuit cachait:

La cinéraire amphore où tes cendres s'ennuient

Captives je le sais d'une éternelle nuit 

Dont l'eau de l'au-delà les jours de longue pluie

Glace le marbre l'ombre et la dalle polie

L'oeil se trouble et s'émeut de l'affligeant granit

Cependant que se penche un ange au doux regard

Ovale d'un visage à la beauté sans fards

L'eau serpente s'enroule et tourne autour de lui

Las! dans cet outretombe où il me faut descendre 

Tandis que le ciel bruit d'étincelants adieux

Le souvenir toujours brûle au fond de mes yeux

d'un effarant brasier où la chair se fait cendres

                                        II

Jésus, vois comme j'ose. (à cet instant je tombe)

Cet outre-tombe plait et le néant me tente 

Neige et cendre mêlées: Plus qu'un rêve une attente!..

Solitaire et pensif je marche entre les tombes

Les morts ne meurent pas. L'âme libre s'absente

Sublime et ténébreuse emportant son mystère

Tohus-bohus, chaos perfectible matière...  

L'astre du jour amorce une lente descente

L'absurdité des jours pèse de tout son ciel 

Quand tout autour de nous lentement se consume

Et voir à quoi nos vies ici-bas se résument

Que m'importent les lois d'un ordre universel? 

                                          III

Cependant que le ciel pèse comme un désastre

Mon regard suit le vol d'une colombe ailée:

Pour d'autres firmaments l'âme s'en est allée  

Là où sombre et s'endort le plus calme des astres

L'hymne et le chant du monde en cascades ruissellent

L'animal et la fleur, le fruit et la prière

Dieu invite à choisir l'épaisseur des mystères

Et l'âme en vain s'épuise à la source du ciel

Ô, cycle des saisons des jours et des années

Vois regarde contemple il nous reste à apprendre

Qu'ici simples mortels rien ne sert de comprendre

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

 

 

(GB_02112022)

     

 

 

 

 

 

 

 

Modifié par Filae77

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 1 heure, Filae77 a écrit :

 

                             

 

 

 

     

Il y a 1 heure, Filae77 a écrit :

La cinéraire amphore où tes cendres s'ennuient

Captives je le sais d'une éternelle nuit 

Dont l'eau de l'au-delà les jours de longue pluie

 

Des vers étincelants, d’un classicisme parfait!

 

 

 

Sur la forme la prosodie est d’une grande qualité, digne des plus grands poètes. J’ai seulement noté deux vers de treize syllabes qui seraient à revoir (8ème vers de la strophe II et 2ème vers de la strophe III).

Sur le fond l’inspiration est de haute volée sur le thème de la mort et de l’amour rédempteur.

Posté(e)

Très profonde prosodie sans plus de commentaire tant il est émouvant

Il y a 2 heures, Filae77 a écrit :

Qu'ici simples mortels rien ne sert de comprendre

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

 

Posté(e)
  • Auteur

Merci Jean-Paul @Jeep (j'ai essayé de corriger en tenant compte des observations) et @Aubussinne

pour votre lecture attentive.

Gérard_Filae77

Posté(e)
Il y a 2 heures, Filae77 a écrit :

Dont l'eau de l'au-delà les jours de longue pluie

Glace le marbre l'ombre et la dalle polie

Des vers magnifiques qui fissurent nos routines de vivants à œillères. En ce moment de l'année que l'on choisit de passer près de nos défunts (proximité symbolique), l'abîme s'ouvre à nos pieds si seule la rationalité nous guide. La foi n'enlève nulle souffrance…

Il y a 2 heures, Filae77 a écrit :

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

Tout est dit.

Posté(e)
Il y a 3 heures, Filae77 a écrit :

Le souvenir toujours brûle au fond de mes yeux

d'un effarant brasier où la chair se fait cendres

Toujours insupportable cet instant...pour bien des raisons 

 

Sinon

 

Il y a 3 heures, Filae77 a écrit :

Vois regarde contemple il nous reste à apprendre

Qu'ici simples mortels rien ne sert de comprendre

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

 

...et voila le passage qui fait empathie et baume au coeur 

merci Gérard @Filae77 

 

Magnifique texte.

Posté(e)

C'est un poème magnifique qui demande à être relu et médité. Merci @Filae77

Posté(e)
  • Administrateur

Cher  @Filae77, vos écrits sont rares mais l'attente n'est jamais déçue. Ce poème est une petite merveille. Sur la forme tout d'abord, car je suis bien incapable de m'y conformer avec cette aisance. Sur le fond ensuite tant ces vers sont émouvants et profonds.

Posté(e)
Il y a 8 heures, Filae77 a écrit :

Vois regarde contemple il nous reste à apprendre

Qu'ici simples mortels n'ayant rien à comprendre

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

 

 

C 'est un texte magnifique. je suis très émue à vous lire 

    

Posté(e)
Il y a 9 heures, Filae77 a écrit :

Vois regarde contemple il nous reste à apprendre

Qu'ici simples mortels n'ayant rien à comprendre

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

 

Comme tout votre  superbe poème, ces vers inspirés et puissants font jaillir en nous  beaucoup d'émotions intimes et universelles à la fois. Un grand bravo ! 👏

Posté(e)
Il y a 10 heures, Filae77 a écrit :

Cendres et tentation du néant

                               I

Le cimetière dort à l'ombre des cyprés

Au pâle petit jour d'un matin de décembre

Le mauve du levant s'est coloré de cendres

Et la neige a blanchi les vallons et les prés

Sous l'oeil froid de statues à la tête penchée

Volètent sous le vent le merle et la mésange

Que l'on dit volontiers messagère des anges

Le jour a révélé ce que la nuit cachait:

La cinéraire amphore où tes cendres s'ennuient

Captives je le sais d'une éternelle nuit 

Dont l'eau de l'au-delà les jours de longue pluie

Glace le marbre l'ombre et la dalle polie

L'oeil se trouble et s'émeut de l'affligeant granit

Cependant que se penche un ange au doux regard

Ovale d'un visage à la beauté sans fards

L'eau serpente s'enroule et tourne autour de lui

Las! dans cet outretombe où il me faut descendre 

Tandis que le ciel bruit d'étincelants adieux

Le souvenir toujours brûle au fond de mes yeux

d'un effarant brasier où la chair se fait cendres

                                        II

Jésus, vois comme j'ose. (à cet instant je tombe)

Cet outre-tombe plait et le néant me tente 

Neige et cendre mêlées: Plus qu'un rêve une attente!..

Solitaire et pensif je marche entre les tombes

Les morts ne meurent pas. L'âme libre s'absente

Sublime et ténébreuse emportant son mystère

Tohus-bohus, chaos perfectible matière...  

L'astre du jour amorce une lente descente

L'absurdité des jours pèse de tout son ciel 

Quand tout autour de nous lentement se consume

Et voir à quoi nos vies ici-bas se résument

Que m'importent les lois d'un ordre universel? 

                                          III

Cependant que le ciel pèse comme un désastre

Mon regard suit le vol d'une colombe ailée:

Pour d'autres firmaments l'âme s'en est allée  

Là où sombre et s'endort le plus calme des astres

L'hymne et le chant du monde en cascades ruissellent

L'animal et la fleur, le fruit et la prière

Dieu invite à choisir l'épaisseur des mystères

En vain l'âme s'épuise à la source du ciel

O cycle des saisons des jours et des années

Vois regarde contemple il nous reste à apprendre

Qu'ici simples mortels n'ayant rien à comprendre

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

 

 

(GB_02112022)

     

 

 

 

 

 

 

 

Ce poème est un concentré habile et subtile sur le sens de la vie, vos pensées nous emmènent au gré des allées du cimetière vers ce questionnement infini posé à un moment de sa vie (ou pas😉) à travers la souffrance de l’absence et l’espoir que l’âme lui survit « les hommes ne meurent pas » vos mots témoignent de cette étrange atmosphère « de neige et de cendres » et le contraste s’invite avec votre regard suivant « le vol d’une colombe ailée » vers un ailleurs peut-être ou sûrement selon nos croyances, vers une profonde réflexion sur soi par l’observation fine sur ces choses douces ou ténébreuses de la vie « qu’ici simples mortels n’ayant rien à comprendre » trouveraient une issue à cet absurde non sens qu’il « ne reste que l’amour par l’amour expliqué »

alors oui ! « Voyons et contemplons » ce que nous sommes venus expérimenter et exprimons avec sagesse  par la poésie ,ce drame qui depuis la nuit des temps oppresse et effraie l’âme humaine , notre mort du monde …d’ici 😉

merci Fillae 😇

Posté(e)

Votre texte, @Filae77, est une épiphanie.  Merci pour cette lumineuse lecture !

Posté(e)

Un long poème à savourer dans toute son intensité et dont on ne sort pas indemne. Merci @Filae77 

Posté(e)

Vous qui entrez, vous deviendrez ce que nous sommes et nous avons été ce que vous êtes.

Sans savoir ce que vous êtes, sans qu'ils sachent ce que nous sommes.

Les cimetières en disent peut-être beaucoup et chacun de se demander ce qu'il entend.

Merci pour ce poème de la vie et de la mort.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Trois mouvements de vers somptueux: un monologue au bord des ténèbres digne de nos plus grandes plumes.

Posté(e)

Pour une fois je reste sans voix tant le texte formidable ne se peut laisser enfermer dans un commentaire.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 02/11/2022 à 20:06, Filae77 a écrit :

Ne reste que l'amour par l'amour expliqué.

Et la Lumière fut ! Merci @Filae77

Posté(e)

@Filae77

 

MaGniFiQue ! Et hop ! c'est top.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Que d'intensité en vos mots, Filae77 ! Forme et fond sont superbes. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci Ami(e)s Poète(sse) qui m'avez lu et commenté, adressé des  éloges que j'aimerais mériter tout-à-fait.

Vous qui enchantez le forum de vos propres publications.

@Isabelle64, @Marie-Paule@Sophie@Mohè, @Eobb, @Lina, @Nâau, @Volute bleue, @Aubussinne, @Joailes, @Panicaut@Bruant, @Eathanor, @Marc Hiver, @Tarentaise, @Daniel Muller-Ferguson,

@Thy Jeanin, @Epsiløn, @Jeep @Pierre, @Illiz, @Jerem, @Bruant, @Danivan

 

l'idée de la colombe vient de 'colombarium' niche à pigeons / colombes qui renferme l'urne cinéraire -> cendres

le dernier vers référence André Malraux qui fait dire à un de ses personnages:

Allez expliquer l'amour à quelqu'un qui n'a jamais été amoureux, l'amour ne s'apprend pas dans les livres!...  

 

Modifié par Filae77

Posté(e)
il y a 30 minutes, Filae77 a écrit :

Merci Ami(e)s Poète(sse) qui m'avez lu et commenté, adressé des  éloges que j'aimerais mériter tout-à-fait.

Vous qui enchantez le forum de vos propres publications.

@Isabelle64, @Marie-Paule@Sophie@Mohè, @Eobb, @Lina, @Nâau, @Volute bleue, @Aubussinne, @Joailes, @Panicaut@Bruant, @Eathanor, @Marc Hiver, @Tarentaise, @Daniel Muller-Ferguson,

@Thy Jeanin, @Epsiløn, @Jeep @Pierre, @Illiz, @Jerem, @Bruant, @Danivan

 

l'idée de la colombe vient de 'colombarium' niche à pigeons / colombes qui renferme l'urne cinéraire -> cendres

le dernier vers référence André Malraux qui fait dire à un de ses personnages:

Allez expliquer l'amour à quelqu'un qui n'a jamais été amoureux, l'amour ne s'apprend pas dans les livres!...  

 

Oui , l’amour n’est qu’expérience !

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)

Quel souffle et quelle puissance dans vos vers ! Difficile de mettre en avant tel ou tel passage tant l'ensemble est unique et ne baisse jamais en intensité. La période d'écriture (ou de soumission à AP) renvoie à la période des morts et la concomitance et du texte et du moment rend votre écrit encore plus prégnant. 

Il semble même que vos fins de strophes prennent un degré de souffle supérieur comme un éclat de lumière au sortir d'un diamant. 

 

Le 02/11/2022 à 12:06, Filae77 a écrit :

L'absurdité des jours pèse de tout son ciel 

Quand tout autour de nous lentement se consume

Et voir à quoi nos vies ici-bas se résument

Que m'importent les lois d'un ordre universel? 

Bravo à vous @Filae77

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