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Pour l'automne (parodie)

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

          Madame

 

          J’ai ces temps-ci la plume cyranesque et je profite de ce que vos yeux suaves se posent sur ces lignes pour en user aux fins réjouissantes de causer avec vous, quoique figurément, puis que fictive vous êtes, , au sujet de la saison advenue, c’est à sçavoir l’automne. Sans doute, votre sourcil se sera froncé à voir tracé une graphie tombée par terre à force de désuétude. Telle la feuille d’automne, la mode l’a emportée. Nonobstant, permettez que je proteste de quoy il me plaît de la ramasser pour ce que je prise fort l’archaïsme et le juge fort de saison. Puis que nous en voilà à celle des choses caduques, pourquoy point un mot ? Possible, l’animal à qui j’ai emprunté ma plume bien malgré lui l’aura laissé choir en tel moment de l’année et c’est bien assez donner la raison pour laquelle il me démange d’en parler. J’en viens, Madame, au sujet de l’automne, à considérer que cette saison est en faveur de l’archaïsme. En voici quelques conjectures. La plus évidente est que l’ont dévolue poètes et poétesses depuis les plus antiques temps, à l’élégie. Il n’est pas de vers à elle dédiée qui ne nous distille au cœur plus prégnante mélancolie à l’évocation du passé estival perdu, à cause de quoy, lecteurs, nous sommes portés, par une larmoyante analogie, à étendre notre sentiment de nostalgie au sujet de  notre propre passagère existence. Pour mieux nous éplorer, entendez ces fils d’Eole nous chanter des psaumes à faire grelotter les morts. Pour moy, je crois bien ouïr à chacune de ses rafales un éternuement d’outre-tombe à me faire hérisser le poil aux narines (ce dont vous voudrez bien ne point vous gausser). C’est à croire que les couvercles se soulèvent sous la terre au point que les courants d’air y circulent en vue d’une fête morbide. Mais évoquer les jours heureux passés en compagnie de nos chers disparus, si ce n’est vain plaisir : le moyen de ne pas se noyer dans la tristesse comme sous une pluie d’octobre ? C’est, possible, à quoy songeait Dame Nature en commandant les vents de souffler en ventôse plutôt qu’en prairial (vous voyez que je ne suis pas en reste de néologismes) avec telle force d’en secouer les branches. Eh quoy ! qui ne voit l’intention généreuse de Vertumne qui manœuvre le tournant entre la brûlure de l’été et la gerçure de l’hiver, pour nous consoler par des bontés exquises ? Car je ne doute pas que l’ordre par lui donné aux arbres à jeter profusion de rubis, grenats et ducats d’or au long de nos allées et emmi nos jardins, ne vise d’autre but qu’enrichir notre plaisir. Carats ici, pureté de l’eau là : que de trésors pour nous enchanter ! Entre ces espèces propres à nous esjouir, le passeur de saison nous cajole d’une spécialité de fruits que l’on ne récolte qu’en automne. Potirons, châtaignes, noix, cèpes, mieux Madame : glands. N’est-il  pas allé jusqu’à prévoir le jus qui se doit d’arroser ces merveilles, à sçavoir le divin breuvage que Bacchus nous offre à l’occasion des vendanges, les tardives étant les meilleures ? L’honnêteté de Vertumne pour autant est telle qu’il a prévu la caducité de ces précieuses offrandes afin que nous n’en abusions pas jusqu’à une vaine ivresse. Et, par ma foi, songeant à ceux qui ne consoleraient point assez leur chagrin de ces babioles, il lui a plu de multiplier le genre vénéneux parmi les champignons pour compenser l’absence de ciguë dont ce n’est pas la saison. Et pour faire bonne mesure, il a choisi ces frimas que nous traversons afin qu’y fleurisse la fleur de Colchide. Vous conviendrez qu’on n’en peut agir plus charitablement. Sur quoy ma plume ayant achevé de me chatouiller sur le sujet, vous permettrez que j’en remplume mon chapeau d’un panache à vous seule dédié, ce qui me permet de me déclarer, Madame, votre très humble et obéissant admirateur.

 

                                                                                          Thy Jeanin de Gerbenvrac

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

ô ce que je plussoie ! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un texte réjouissant. J’ai aimé  notamment les anachronismes prairial et ventôse.

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