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Rubaiyat

Featured Replies

Posté(e)

De Khayyam, j’ai longtemps remâché les quatrains,
Les coupes, les liqueurs, l’ivresse qui étreint,
Puis j’ai cherché la trame et le chiffre et le code,
Entraîné par la soif d’avoir une méthode

 

Avérée pour saisir et tutoyer les Dieux.
Les arcanes s’ouvraient, je serais victorieux !
Je voulais posséder la sagesse totale.
Imbu de mon savoir, je faisais la morale

 

À tous les ignorants qui osaient m’affronter.
Ainsi je t’ai connue, ton âme en ta beauté :
Tu vins me consulter après la conférence.
Au fond de tes yeux gris, le feu de l’exigence…

 

Au fil des jours, des mois, nous nous apprivoisions
Nos esprits et nos corps distillaient la passion.
Le poète persan retournait dans les brumes,
Au feu de notre amour… hors du temps nous vécûmes.

 

Ainsi je crus tenir le plus beau des trésors.
Ta présence écartait le monde du dehors.
Un jour, le temps revint à grands coups d’ailes noires
Et fissura, méchant, notre mur illusoire.

 

Un jour de blanc linceul, je quittai notre nid,
Quelques malles de livres en guise de déni.
Ton regard parcourait, froid, mes tristes bagages.
Errant, j’allais vers l’ouest et finis au rivage.

 

Irascible, la mer s’en prenait aux rochers.
J’enlevai mes chaussures et me mis à marcher.
Le sable noir crissait et conservait mes traces.
Alors le flot montait, de ses vagues voraces,

 

Effaçant toute empreinte. Ainsi, rien ne restait.
Je me souvins alors du maître qui notait :
« Tu es allé partout dans l’univers immense,
Et ce que tu as vu n’est rien, qu’une apparence. »

 

Il me sembla que l’air lui-même me manquait,
Bien que le vent d’hiver autour de moi claquait.
Le ciel se déchirait sur des teintes sanguines
Et l’air me revint comme une bolée marine.

 

Rien, rien de tout cela, cet amour placardé,
Cette quête érudite à vouloir posséder,
N’était. Je fus léger, leste comme une paille
Emportée par le vent, nu, d’une joie sans faille…

Posté(e)

Les quatrains se suivent, comme il sied, dans ce type de poème.

Propre à l'expression de la vie spirituelle avec laquelle vous concluez 

 

il y a une heure, Panicaut a écrit :

Rien, rien de tout cela, cet amour placardé,
Cette quête érudite à vouloir posséder,
N’était. Je fus léger, leste comme une paille
Emportée par le vent, nu, d’une joie sans faille…

 

Posté(e)

La même argile façonne l'âme des poètes...Ils boivent de la même source... Point étrange alors qu'ils se rencontrent dans une sphère à nulle autre pareille.

Merci...

Posté(e)

Nous poètes, nous sommes nés poussière et finirons poussière et dans l'espace si court, à peine un souffle ...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

De beaux quatrains dans les pas du prince des poètes.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 13 heures, Panicaut a écrit :

Un jour de blanc linceul, je quittai notre nid,
Quelques malles de livres en guise de déni.
Ton regard parcourait, froid, mes tristes bagages.
Errant, j’allais vers l’ouest et finis au rivage.

 

Ce quatrain me parle tout particulièrement @Panicaut 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Initiation par l'exemple à la sagesse, cette insaisissable, en impeccables vers.

Posté(e)

@Panicaut

 

Heureusement je ne suis pas poète, mais un simple barde qui raconte des histoires plus ou moins bien versifiées ! Et hop ! c'est top.

Posté(e)

Si les poèmes persans sont de toute beauté, le vôtre ne l'est pas moins. 

Posté(e)

Que le chemin est long ! est-ce cela ?

Posté(e)

Votre magnifique et inspirant poème me remet en mémoire ce quatrain du Maitre :

"Les savants et les sages les plus illustres ont cheminé dans les ténèbres de l'ignorance. Pourtant ils étaient

les flambeaux de leur époque. Ce qu'il ont fait ?  Ils ont prononcé quelques phrases  confuses, et il se sont endormis ".

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème qui confine au mystique.

Une grande réussite.

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous pour vos retours sur la forme, le fond, le ressenti.

J'espère juste que le personnage et narrateur de ce texte ne sait pas qu'il a fini dans un poème, sous le projecteur des internautes…sa quête mystique de la dépossession et sa joie en seraient quelque peu refroidies !

Tout est paradoxe…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le narrateur semble avoir atteint le nirvana. Cheminement intéressant en vos vers, Panicaut !

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)
Le 14/09/2022 à 20:41, Panicaut a écrit :

Ainsi je crus tenir le plus beau des trésors.
Ta présence écartait le monde du dehors.
Un jour, le temps revint à grands coups d’ailes noires
Et fissura, méchant, notre mur illusoire.

Très belle strophe et bel hommage au poète qui évoque l'illusoire dans le regret du passé et l'angoisse du futur. 

Bravo pour ce poème @Panicaut

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