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Accents poétiques

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Faire entrer la lumière

Featured Replies

Posté(e)

En quelques mesures sidérées

Sur une portée vaincue

Mes symphonies succombent au plaisir

D'être silencieuses

 

J'accueille en moi le sentiment étrange

Des comptines interdites

Si faibles d'être enfantines

Qu'elles se déguisent en opéras tragiques

 

Au moment de monter sur scène

La diva me fait chanter

Refuse les présents d'un riche homme d'affaire

Puis m'accuse d'être imparfait

 

Ses mains froissées de dentelles sèches

Me retiennent contre son corps

Épuisé à force de pécher son double masculin

À l'épuisette

 

Je taris d'éloge devant mon théâtre qui s'effondre

Des voix s'élèvent et crient « remboursez ! »

Et mes ombres en déluge me sucent le sang

La diva moqueuse joue sur le parvis

 

Ses deux seins réciproques attirent les vilains

Toujours plus riches en présents simples

Ce sont des gens sans conditions (leur être est plein)

Pendant que je suis accroché aux choses crues

 

Mon malheur est conjugal

Elle et moi ne trouvons pas l'accord

Une grille majeure pleine mais

Malheureusement mes émois sont mineurs

Et nous sommes accordés à un temps éteint

 

Il y a eu un temps où je jouais sur scène

Devant un théâtre vide

Jamais je ne faisais salle comble

Mais j'étais heureux de ne jouer pour personne

 

Seul le souffleur sous les planches

Murmurait mon texte que j'oubliais toujours

Car il était trop court

Je savais pas par où commencer

 

On peut se voir arriver sur une île déserte

 

Et donc chaque soir c'était une représentation nouvelle

Des digressions sans fin sur le thème de l'enfance

Cinq vers tout au plus

Murmurés à l'orée du salon

 

Si tu veux me voir il faut te taire

 

Les mots revenaient orphelins

Il n'y avait pas de père pour mes vers

Aucune voix pour les reprendre à leurs chants

Il n'y avait que le souffleur et moi

Devant des fauteuils attentistes

 

Cours et jardin se déclaraient autonomes

 

Un jour d'hiver le théâtre allait fermer

Les rideaux cramoisis n'étaient plus aux normes

Des inspecteurs en tartan posèrent leurs apostilles

Et le souffleur effrayé pris la poudre d'escampette

 

À l'entrée des artistes gisait la diva

Cousant des tricots paternels pour les paroles orphelines

Elle s'était prise au jeu

Son centre vivant était le cœur de mille prophéties

 

Elle avait soufflé le souffleur amoureux

Qui voulait partager sa misère

Au tombeau des chuchotements

Des voix disent qu'il mourut asthmatique

 

J'avais un rôle à lui confier

Pour sauver ma vie

Elle m'ouvrit les bras car

Elle aimait les enfants

 

J'étais au pied du mur

Pas même éclot pour supporter mes angoisses

Dans ma chair agonisaient mes chants du départ

Tout une montagne de fables inédites

Un stigmate la main sur le cœur

J'avais froid

Ma peau ne couvrait plus rien

Les projecteurs me braquaient

 

Quand elle chanta le premier soir

Un air plombé pour mes dents de sagesse

J'ai cru mourir vers une partie de moi

Que je ne connaissais pas

Comme si ma clavicule avait ouvert une porte

Entre mes épaules

 

La salle se remplissait

Vénérait la diva et m'ignorait

J'essayais d'attraper au vol quelques applaudissements

Qui sentaient encore l'odeur de ses cheveux

 

Je n'ai jamais été si riche

De ce que je n'avais pas

Et je chantais dans les loges

Les accueils brumeux d'une éclipse

 

En quelques mesures sidérées

Sur une portée vaincue

J'ai laissé ma belle angoisse

Succomber au plaisir de chanter

 

Et j'ai vécu avorté

Pour essayer de me reconstruire

Modifié par Malfilatre

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une chronique d’une relation avec une diva dont l’humour détaché est nettement perceptible, cette strophe en particulier:

Il y a 6 heures, Malfilatre a écrit :

Quand elle chanta le premier soir

Un air plombé pour mes dents de sagesse

J'ai cru mourir vers une partie de moi

Que je ne connaissais pas

Comme si ma clavicule avait ouvert une porte

Entre mes épaules

 

me comble d’aise.

Posté(e)

Approcher l'étonnant monde du spectacle cela fait rêver j'y devine grandeurs et pauvreté 

Merci pour ce partage et cette poésie originale 

Posté(e)
  • Auteur

Merci pour vos gentils retours. Je pense retravailler quelques strophes

Posté(e)

Citation

Elle avait soufflé le souffleur amoureux

Qui voulait partager sa misère

Au tombeau des chuchotements

Des voix disent qu'il mourut asthmatique

ne pas toucher à celle-ci en particulier !

 

j’aime  beaucoup le ton mi-dramatique mi-humoristique de votre texte .

Posté(e)

Le long et douloureux chemin de la reconnaissance...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Etrange rhapsodie qui mêle humour et pathétique sur le double thème de la musique et du théâtre, métaphores de l'amour et de la vie. C'est bien mené, plein d'inventivité.

Posté(e)

Une poésie qui sent bon le backstage !

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