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Game over

Featured Replies

Posté(e)

 

 

L' immense porte s'ouvre en grinçant et une chauve-souris s'envole au-dessus de la tête d'Hector qui délivre une enveloppe bien cachée sous un caméléon

squattant  un mur couleur mal de mer étranglé par un lierre. 

Une forte odeur d'humidité me prend à la gorge et je dois me baisser pour entrer dans le cachot.

De vieilles chaînes rouillées bien rivées aux murs attirent mon attention, alors qu'il eût fallu qu'elle se concentre au centre où brillait une récompense.

Un gros rat passe en couinant.

Je pense qu'il a tort.

« Encore un perdant », fanfaronnai-je, en pensant à Hector, le roi de l'indice,  qui se désagrège dans un coin obscur en mangeant son pain d'épices.

 

Après un bon quart d'heure de recherches, le rayon de ma lampe de front m'indique un passage secret et je passai dans une autre salle, tout aussi lugubre,

où des squelettes agités de soubresauts essayent de m'attraper les pieds.

J'y laissai mes chaussures, ma ceinture et une épée que j'avais pourtant durement gagnée.

 

Le cœur battant, je trouvai la seconde porte et pus enfin me mettre debout, pieds nus bien entendu, 

et je glissai sur les pavés mouillés en jurant qu'on ne m'y prendrait plus.

On a le droit de jurer mais doucement, mieux vaut garder des forces pour la suite.  

 

Les parois étaient recouvertes de fresques étranges et d'énormes toiles d'araignée me chatouillèrent le visage, ainsi que les pieds ;

il me fallut plus d'une demi-heure de réflexion pour comprendre que l'une d'elles m'indiquait le chemin.

J'avais encore le sourire, mais elle a vite filé, m'abandonnant sans pitié.

 

J'entrai dans une autre salle emplie d'objets hétéroclites, recouverts de poussière.

On eût dit un vide-grenier au diable vauvert ; je repérai deux jokers et ne les quittai plus. 

 

J'entendis des gémissements et, ouvrant un panier, je libérai une grenouille qui parlait une langue étrangère en écartant les cuisses à telle allure

qu'on eût dit une sorte de montgolfière, comme celle qui avait voulu se faire plus grosse que le bœuf, sauf que celle-ci n'éclata pas.

Elle avait fait plusieurs fois "game over" et ne s'attardait plus.  

 

J'avais envie de lui parler de mes ovaires qui me faisaient souffrir, des crapauds et de la pistranthrophobie , mais pour rien au monde je ne voulais perdre du temps.

D'affreux petits bonhommes couraient dans tous les sens, évitant les obstacles tandis que je trébuchai plusieurs fois sur des pièges que j'avais négligés ;

avec grande audace,  l'un d'eux me prit la main et je me retrouvai sur une plate-forme suspendue au-dessus d'un précipice énorme.

Formes plates, acérées, stalagmites et stalactites, dernier tableau.

Ralentir et ne pas faire d'erreur. 

 

Sans me pencher, je voyais bien tous ces serpents qui sifflaient sous ma tête et les crocs des crocodiles astiqués par quelque valet zélé.

 

Je m'essuyai le front de ma main libre et tâchai de retenir mes tremblements ;  mais plus facile à dire qu'à faire, j'avais dû me prendre au jeu sans même m'en apercevoir.

Il paraît que d'aucuns, trop entêtés, avaient péri ici.

La sueur coulait à présent dans mon dos, une sueur froide et, passant devant un miroir,  je vis mes cheveux si hérissés que je pensai à cet instant à René le hérisson, qui avait fait six points au dernier tournoi  d'automne, tandis que je n'en avais eu que trois.

Il avait dû s'entraîner, le gros pervers, la prochaine fois je le bats !

Dussé-je me frotter à ses désidératas. 

 

 

Là, dans un recoin invisible et contre toute attente, un coffre grand ouvert vomissait son trésor.

Je m'approchai pour embrasser l'écran, me saisir des bijoux aux reflets de verre ... 

 

Game over !

 

Une grosse envie d'emprunter quelques adjectifs au Capitaine Haddock à ce moment précis me saisit.

 

« Un petit moment de découragement qui ne va pas durer », me dis-je en remettant mes chaussures ainsi qu'une paire de chaussettes,

de l'eau, des barres de céréales à gogo, de l'élastique, un crayon, du papier, un gilet, des gouttes pour le nez ainsi qu'une demi-douzaine de fusées dans un sac à dos phosphorescent.

 

Le premier voyage s'effectue sans beaucoup de bagage, mais déjà au second j'aurai l'air moins couillon, je m'organise, je prévois, je comprends que le temps est toujours le plus fort mais je ne m'avouerai pas vaincue, je tente le sort.

« Le temps est votre allié » disait le guérisseur qui distribuait les cachets.

 

Le pire supplice s'exprime en anglais de surcroît, je fronce le front pour percer une énigme, il me vient des boutons, parfois une jaunisse ; je revois la grenouille qui écarte les cuisses ;

j'en perds mon mot de passe et même mon patronyme, mes yeux ont quitté leur orbite, pourtant j' étais sur la bonne piste, j'avais gagné des points au tableau des artistes.

J'ai encore dû m'égarer dans le souvenir,  j'entends le flipper qui fait tilt ; mais non ça c'était avant, là c'est maintenant

je me suis fait avaler par un cerf-volant aux ailes de couleur qui coloriait les nuages et perdu tant de vies au cœur des coquillages que j'ai fait naufrage 

 

Game over

 

« Ah je suis trop rêveuse pour jouer, m'écriai-je, le rouge aux joues et au front,

- je m'attarde trop sur les détails ! Attendez, attendez que je m'en déleste ! »

 

Agacée, je dirai même plus titillée à fond, j'ouvris encore l'immense porte qui grinça pareillement et une chauve-souris s'envola au-dessus de ma tête …

Je ne l'ai même pas regardée cette fois-ci,  j'étais déjà sur la plate-forme, les mains à un demi-millimètre du coffre …

 

Game over

 

J'aime bien le parc fleuri, la pelouse tendre, les arbres qui s'agitent un peu, parfois, et puis tous ces infirmiers en blouse immaculée qui parlent entre eux par énigmes

et qui s'endorment bien avant moi ; quand le tournoi en est à son paroxysme, je vais marcher, la tête sous les étoiles, les pieds sur les lucioles

et ils disent  que je suis folle

 

C'est le dernier tableau, j'ai le coffre et le trésor 

je passe à la saison deux 

ils se mettent en colère 

et me font une piqûre 

dans l'artère 

 

Game over

 

(joailes – juillet 2022)

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Fichtre, on ne plaisante pas à l'hôpital de Fort Boyard! Se méfier de la pistanthrophobie, elle peut faire flipper... Et puis aussi du danger qui guette les relations entre grenouilles et hérissons.

Il y a 14 heures, Joailes a écrit :

et me font une piqûre 

dans l'artère 

Eh bien moi je dis qu'une plume comme celle-ci vaut toutes les thérapies du monde!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Fort Boyard effectivement, mais aussi Alice in Wonderland, The Kingdom Exodus de Lars vonTrier, j’ai vu toutes ces influences @Joailes dans votre texte qui reste néanmoins profondément original.

Posté(e)
  • Auteur

Cher @Bruant je parlais, en l'occurrence, des jeux vidéos ... 

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